Les températures à la surface des océans mondiaux pourraient battre un nouveau record en mai 2026, alors que le retour du phénomène climatique El Niño se précise, alerte l’observatoire européen Copernicus dans un bilan publié ce vendredi 8 mai. Selon Le Figaro, qui reprend les données de l’institution, les eaux océaniques hors régions polaires ont déjà frôlé en avril les niveaux records enregistrés en 2024. « Ce n’est qu’une question de jours avant que nous ne retrouvions des températures record à la surface des mers pour un mois de mai », a déclaré à l’AFP Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, qui héberge Copernicus.
Ce qu'il faut retenir
- Les océans mondiaux pourraient battre un record de chaleur en mai 2026, après avoir frôlé en avril les niveaux de 2024 selon Copernicus.
- Le retour du phénomène El Niño, dont le dernier épisode remonte à 2023-2024, est de plus en plus probable entre mai et juillet 2026, selon l’Organisation météorologique mondiale.
- El Niño, combiné au réchauffement climatique d’origine humaine, pourrait rendre 2027 l’année la plus chaude jamais enregistrée, selon les projections de climatologues.
- Avril 2026 a été marqué par des phénomènes météorologiques extrêmes (cyclones, inondations, sécheresses) dans plusieurs régions du monde.
Des vagues de chaleur marines record dans le Pacifique
Les relevés de Copernicus révèlent que des vagues de chaleur marines d’une intensité inédite traversent une vaste zone s’étendant du centre du Pacifique équatorial jusqu’aux côtes ouest des États-Unis et du Mexique. Ce phénomène s’accompagne d’un retour annoncé d’El Niño, un cycle naturel dans l’océan Pacifique qui influence les températures, les vents et le climat à l’échelle mondiale. Selon Le Figaro, les dernières prévisions de l’Organisation météorologique mondiale indiquent que ce phénomène a « de plus en plus de chances » de se manifester entre mai et juillet, alors que le phénomène inverse, La Niña, s’estompe progressivement.
El Niño provoque des effets contrastés selon les régions : sécheresses en Indonésie, pluies diluviennes au Pérou, ou encore canicules en Amérique du Sud. Ces perturbations climatiques, bien que naturelles, s’ajoutent aujourd’hui au réchauffement global causé par les émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergies fossiles.
Un El Niño potentiellement plus puissant qu’en 2023-2024
Plusieurs agences météorologiques estiment que le prochain épisode d’El Niño pourrait être plus intense que celui de 2023-2024, voire rivaliser avec le « super El Niño » de 1997-1998. Les conséquences sur les températures mondiales se feraient sentir avec un an de décalage, ce qui laisse craindre une année 2027 exceptionnellement chaude. Zeke Hausfather, climatologue à l’institut Berkeley Earth, anticipe ainsi que 2027 pourrait dépasser le record annuel établi en 2024. Samantha Burgess, de Copernicus, tempère cependant ces projections : « Il est encore trop tôt pour prédire avec certitude l’intensité de l’événement, car les prévisions établies au printemps manquent encore de fiabilité. » Elle ajoute néanmoins que, quelle que soit son ampleur, El Niño ne restera pas sans impact, jugeant « probable que 2027 dépasse 2024 et devienne l’année la plus chaude jamais enregistrée ».
Avril 2026 déjà marqué par des extrêmes climatiques
Avril 2026 figure au troisième rang des mois d’avril les plus chauds jamais mesurés à l’échelle mondiale, selon Copernicus. Le mois a été marqué par une série de phénomènes météorologiques violents : cyclones tropicaux dans le Pacifique, inondations dévastatrices au Moyen-Orient et en Asie centrale et du Sud, ainsi que des sécheresses persistantes en Afrique australe. D’autres régions, comme la péninsule arabique, ont subi des crues soudaines, tandis que des pays comme l’Iran, l’Afghanistan, l’Arabie saoudite et la Syrie ont été frappés par des inondations et des glissements de terrain ayant causé de nombreux décès.
« Nous constatons des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents. Chaque mois, nous disposons de davantage de données confirmant que l’impact du changement climatique est à l’origine de ces événements extrêmes », a souligné Samantha Burgess.
En Europe, les conditions météorologiques d’avril ont été très contrastées. Les prévisions pour l’été 2026 annoncent des températures supérieures aux normales saisonnières et des précipitations inférieures à la moyenne, ce qui pourrait favoriser une aggravation des sécheresses et accroître les risques d’incendies, selon les projections de Copernicus.
La banquise arctique toujours en souffrance
Dans son bulletin mensuel, Copernicus confirme également que la banquise arctique n’a que très partiellement reconstitué ses surfaces cet hiver. Les étendues de glace restent proches des plus bas niveaux historiques, un signe supplémentaire des bouleversements en cours dans les régions polaires. Ce recul de la banquise, combiné aux températures océaniques élevées, contribue à perturber les écosystèmes marins et à accentuer le réchauffement climatique.
Les experts appellent à une vigilance accrue face aux phénomènes extrêmes attendus dans les mois à venir, tout en soulignant l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter l’amplification des cycles naturels comme El Niño par le réchauffement climatique.
El Niño entraîne généralement une hausse des températures moyennes à l’échelle mondiale l’année suivant son apparition. Selon les projections, 2027 pourrait ainsi devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée, dépassant le record de 2024.
Un épisode intense d’El Niño peut provoquer des sécheresses en Asie du Sud-Est, des pluies diluviennes en Amérique du Sud, des canicules en Afrique et des perturbations majeures dans les écosystèmes marins, notamment la blanchiment des coraux.