Alors que le gouvernement français vient de se pencher sur la situation des compagnies aériennes, mercredi 6 mai 2026, celles-ci font face à une hausse sans précédent de leurs coûts. D’après Reporterre, la guerre au Moyen-Orient a provoqué un doublement du prix du kérosène, aggravant une crise déjà structurelle pour le secteur.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement a examiné la situation des compagnies aériennes le 6 mai 2026.
- Le prix du kérosène a doublé en raison du conflit au Moyen-Orient.
- Jérôme du Boucher, de Transport & Environment (T&E) France, propose de plafonner le nombre de vols.
- Le secteur aérien bénéficie déjà d’une sous-fiscalisation massive selon l’expert.
- La réglementation des vols ultrapolluants est au cœur des débats.
Une crise aggravée par la flambée des coûts énergétiques
Avec l’arrivée des beaux jours, les compagnies aériennes anticipaient une reprise des réservations. Pourtant, la guerre au Moyen-Orient a bouleversé cette dynamique en faisant exploser le prix du kérosène. Ce carburant représente jusqu’à 30 % des coûts opérationnels d’une compagnie aérienne, selon les estimations du secteur. Reporterre souligne que cette situation met en lumière les vulnérabilités d’un modèle économique déjà fragilisé par des années de sous-fiscalisation et de subventions indirectes.
Le gouvernement, qui s’est réuni mercredi pour discuter de mesures d’urgence, pourrait être tenté d’apporter un soutien financier aux compagnies. Mais pour Jérôme du Boucher, directeur de T&E France, cette approche reviendrait à ignorer la véritable source du problème : l’impact environnemental du transport aérien.
Plafonner les vols, une solution radicale mais nécessaire ?
Dans une tribune relayée par Reporterre, Jérôme du Boucher estime que
« il faut plafonner le nombre de vols plutôt que d’aider un secteur qui bénéficie déjà d’une sous-fiscalisation massive ». Selon lui, cette mesure permettrait de réduire les émissions de CO₂ du secteur, responsables de plus de 2 % des émissions mondiales. « Autant dire que cette crise devrait être l’occasion de repenser en profondeur le modèle du transport aérien », a-t-il ajouté.
L’expert rappelle que le kérosène est aujourd’hui exempté de taxes dans la plupart des pays, y compris en France. Une situation qui contraste avec d’autres modes de transport, comme le train, soumis à une fiscalité plus stricte. Pour T&E France, cette différence de traitement favorise artificiellement l’avion au détriment d’alternatives moins polluantes.
Un débat qui dépasse les frontières françaises
La question d’une régulation plus stricte du transport aérien n’est pas nouvelle, mais la crise actuelle lui donne une urgence particulière. Plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas ou la Suède, ont déjà expérimenté des taxes sur les billets d’avion. En France, la taxe sur les billets d’avion, introduite en 2020, reste cependant jugée insuffisante par les associations écologistes.
Selon Reporterre, une partie de la classe politique commence à prendre conscience de la nécessité d’agir. « La balle est désormais dans le camp du gouvernement », a indiqué un député écologiste sous couvert d’anonymat. « Soit on continue à subventionner un secteur en crise, soit on profite de cette fenêtre pour le réformer en profondeur. »
En attendant, les associations de défense de l’environnement appellent à une mobilisation citoyenne. « Il est temps que les voyageurs prennent conscience de l’impact de leurs choix », a souligné un représentant de Greenpeace France. Une pétition pour un moratoire sur les nouveaux projets d’aéroports a déjà recueilli plus de 150 000 signatures.
Le doublement du prix du kérosène s’explique principalement par la guerre au Moyen-Orient, qui perturbe les approvisionnements en pétrole et en gaz. Cette région représente une part majeure des exportations mondiales de brut, et les tensions géopolitiques ont entraîné une flambée des cours.