Selon Courrier International, un phénomène social émergent suscite l’attention des médias internationaux : celui des « passport bros ». Ce terme, popularisé ces dernières années, désigne des hommes occidentaux — souvent issus des États-Unis ou d’Europe de l’Ouest — qui voyagent vers des pays comme la Thaïlande, la Colombie ou la Roumanie, avec pour objectif de rencontrer, voire d’épouser, une femme originaire de ces destinations. Une tendance qui, si elle n’est pas nouvelle, s’affiche désormais de manière plus assumée, notamment grâce à la visibilité offerte par les réseaux sociaux et certains médias.

L’origine de cette appellation remonte à une série de dialogues de la troisième saison de The White Lotus, diffusée en février 2025 sur la plateforme Max. Un personnage interprété par Charlotte Le Bon y évoque, avec ironie, la présence massive d’hommes blancs et chauves en Thaïlande, surnommés localement « LBH » — pour « losers back home », soit « des nazes dans leur pays d’origine ». Le média féministe américain Jezebel avait alors souligné, dans un article, que ces termes désignaient « l’archétype des hommes occidentaux qui fuient vers des régions du monde comme l’Asie, dans l’espoir que leur capital (social, sexuel et financier) puisse avoir davantage de poids là-bas, voire de s’adonner au tourisme sexuel ».

Ce qu'il faut retenir

  • Les « passport bros » sont des hommes occidentaux voyageant vers des pays comme la Thaïlande ou la Colombie pour y chercher un·e partenaire, selon Courrier International.
  • Le terme a été popularisé par la série The White Lotus (saison 3, février 2025), où un personnage évoque les « LBH » (« losers back home »).
  • Les médias internationaux, comme Jezebel et Republic World, analysent ce phénomène comme une forme de tourisme sexuel ou de recherche de statut social.
  • Cette tendance s’affiche de manière plus visible grâce aux réseaux sociaux et à la revendication en ligne de ces projets de vie.

Un phénomène ancien, mais désormais assumé

Si le tourisme sexuel existe depuis des décennies, son évolution récente réside dans la manière dont certains hommes revendiquent désormais ces démarches comme des « projets de vie » à part entière. Selon Republic World, un « passport bro » est défini comme un homme occidental qui se rend dans un autre pays « dans l’objectif de fréquenter − et souvent d’épouser − une femme originaire de ce pays ». Cette définition met en lumière une dynamique où la quête d’une relation sentimentale ou matrimoniale s’accompagne, pour certains, d’une recherche de pouvoir ou de statut, difficile à obtenir dans leur pays d’origine.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de mondialisation des rencontres, où les plateformes numériques facilitent les connexions transnationales. Cependant, elle soulève des questions éthiques et sociales, notamment autour des rapports de domination potentiels et des inégalités économiques qui peuvent sous-tendre ces relations. Des observateurs, comme ceux du média Jezebel, soulignent que ces hommes recherchent souvent des femmes perçues comme plus « dociles » ou traditionnelles, une vision qui reflète des stéréotypes genrés persistants.

Des destinations privilégiées, entre fantasmes et réalités

Parmi les pays les plus cités, la Thaïlande occupe une place centrale. Le pays, connu pour son industrie du tourisme sexuel historique, attire ces hommes en quête de partenaires, souvent influencés par des représentations romantisées ou exotisées de la femme asiatique. La Colombie et la Roumanie figurent également parmi les destinations prisées, où les hommes occidentaux peuvent, selon certains témoignages, trouver des femmes perçues comme plus accessibles ou disposées à s’engager dans des relations transnationales.

Pour autant, cette quête ne va pas sans critiques. Des associations féministes et des chercheur·e·s en sciences sociales mettent en garde contre les dérives possibles de ces dynamiques, notamment en termes d’exploitation ou de rapports de force inégaux. Certains médias, comme Jezebel, rappellent que ces pratiques s’apparentent parfois à du « tourisme sexuel déguisé en quête amoureuse », où les motivations financières ou de pouvoir ne sont jamais bien loin.

Une visibilité accrue grâce aux réseaux sociaux

L’une des particularités de ce phénomène réside dans sa médiatisation croissante. Les « passport bros » n’hésitent plus à partager leurs expériences en ligne, via des blogs, des forums ou des vidéos, où ils vantent les « avantages » de leurs choix de vie. Certains sites spécialisés, voire des agences de rencontre, proposent même des services pour faciliter ces unions transnationales, mettant en avant des « profils de femmes dociles » ou « traditionnelles » comme arguments commerciaux.

Cette visibilité pose question : dans quelle mesure ces récits en ligne participent-ils à normaliser des pratiques discutables ? Pour les détracteur·rice·s de ce phénomène, ces discours contribuent à objectifier les femmes des pays ciblés et à renforcer des stéréotypes néfastes. À l’inverse, certain·e·s y voient une forme de liberté individuelle, où chacun·e serait libre de choisir son partenaire, quel que soit son lieu de vie.

Et maintenant ?

Alors que ce phénomène continue de gagner en visibilité, plusieurs questions restent en suspens. Les autorités des pays concernés pourraient-elles renforcer leur législation pour encadrer ces pratiques, notamment en matière de mariage transnational ou de protection des droits des femmes ? De leur côté, les plateformes numériques, qui hébergent une partie de ces discours, pourraient-elles jouer un rôle dans la modération de contenus promoteurs de stéréotypes genrés ? Une chose est sûre : le débat sur les « passport bros » ne fait que commencer, et il devrait s’intensifier dans les mois à venir, à mesure que ce phénomène gagne en ampleur.

En attendant, les médias internationaux, comme Courrier International, continuent de suivre de près cette tendance, qui illustre les dérives possibles d’une mondialisation mal régulée des relations humaines.

Un « passport bro » se distingue d’un touriste sexuel traditionnel par son projet de vie à long terme, souvent affiché publiquement. Alors que le tourisme sexuel relève généralement d’une démarche ponctuelle et transactionnelle, le « passport bro » revendique une quête de partenaire pour une relation durable, voire un mariage. Cependant, les frontières entre les deux restent floues, notamment lorsque les motivations économiques ou de pouvoir sont sous-jacentes.