Le marché emblématique des Puces du Canal, installé à Villeurbanne depuis 1995, a été placé en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Lyon le 30 avril 2026. Cette décision, sollicitée par son propriétaire Stephan Blanchet, fait suite à une réévaluation de la taxe foncière qui a alourdi significativement la charge fiscale du site, selon Le Figaro.

Avec un flux annuel de 500 000 visiteurs, les Puces du Canal constituent l’un des plus grands marchés aux puces de France, derrière Saint-Ouen. Ce lieu emblématique, situé sur les bords du canal de Jonage, a vu ses difficultés financières s’aggraver après un contrôle fiscal mené par le Trésor public. Ce dernier a recalculé l’assiette imposable en révisant la répartition des espaces occupés sur le site, entraînant une hausse triplée de la taxe foncière.

Ce qu'il faut retenir

  • Procédure de sauvegarde engagée le 30 avril 2026 à la demande du propriétaire, Stephan Blanchet, pour faire face à des difficultés financières.
  • Augmentation de la taxe foncière après réévaluation fiscale, triplant la charge pour le site des Puces du Canal.
  • 500 000 visiteurs par an, faisant de ce marché le deuxième plus important de France après Saint-Ouen.
  • 900 emplois directs et indirects menacés par cette situation, selon le propriétaire.
  • Classement patrimonial demandé en 2025 auprès du ministère de la Culture pour protéger le site.

Une procédure demandée pour préserver l’activité

Stephan Blanchet, propriétaire des Puces du Canal depuis dix ans, a sollicité cette procédure pour obtenir un délai nécessaire à la contestation du nouveau calcul fiscal. « Il s’agit d’une sauvegarde simple, nous ne sommes pas en cessation de paiements, il n’y a pas de retard auprès des fournisseurs et la société d’exploitation fonctionne même plutôt bien », a-t-il déclaré au Figaro. La procédure doit permettre de « poursuivre l’activité économique et de maintenir l’emploi », une priorité pour la municipalité de Villeurbanne, dirigée par une équipe socialiste.

Selon la mairie, la révision fiscale a entraîné une « extension significative de la base imposable du site ». « Il y a eu un rattrapage pour les années précédentes et une augmentation des prochaines échéances », précise-t-elle. La cotisation foncière des entreprises (CFE), calculée sur la base de cette taxe foncière, a mécaniquement suivi la même tendance à la hausse. Une situation que Stephan Blanchet conteste, estimant que la nouvelle répartition des espaces imposée par le fisc n’est pas adaptée à la réalité du site.

Un lieu emblématique au cœur des enjeux économiques locaux

Les Puces du Canal ne sont pas seulement un marché aux puces : elles incarnent une partie de l’identité de Villeurbanne. « C’est une institution villeurbannaise, constitutive de son identité. C’est un acteur économique majeur, en termes de rayonnement et d’attractivité », souligne la mairie. La Ville mise sur cette procédure pour redresser la situation et garantir la pérennité de l’activité, tout en évitant une répercussion immédiate de la hausse des coûts sur les locataires.

Stephan Blanchet a confirmé vouloir « se battre » plutôt que de répercuter la hausse sur les quelque 900 personnes travaillant directement ou indirectement sur le site. « Les Puces du Canal sont une institution villeurbannaise, constitutive de son identité », rappelle la mairie. Depuis 1995, ce marché attire des visiteurs de toute la région, faisant de lui un pilier du tourisme local.

Un classement patrimonial pour protéger le site

En 2025, les Puces du Canal ont déposé une demande de classement patrimonial auprès du ministère de la Culture, une démarche visant à protéger ce lieu historique. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de pérenniser l’activité en bénéficiant de mesures de soutien spécifiques. Le classement pourrait, à terme, faciliter l’accès à des financements ou à des aides publiques pour moderniser les infrastructures tout en conservant l’âme du marché.

Cependant, la procédure de sauvegarde actuelle reste avant tout une réponse à une situation fiscale urgente. Le propriétaire et la mairie espèrent que les démarches de recours engagées permettront de contester le nouveau calcul et de rétablir un équilibre financier viable pour le site.

Et maintenant ?

D’ici les prochaines semaines, Stephan Blanchet et ses équipes devraient déposer un recours contre la réévaluation fiscale, tandis que la mairie de Villeurbanne pourrait apporter son soutien en plaidant pour une révision des critères de calcul. Une décision de justice est attendue d’ici la fin de l’année 2026. En attendant, le marché continue de fonctionner normalement, bien que l’incertitude plane sur son avenir à moyen terme.

Si la procédure de sauvegarde est un premier pas pour éviter une cessation d’activité, son succès dépendra largement de l’issue des recours juridiques et de la capacité des parties prenantes à trouver un compromis avec l’administration fiscale.

Le propriétaire, Stephan Blanchet, a indiqué qu’il lancerait des démarches de recours contre la réévaluation fiscale dans les prochaines semaines. La mairie de Villeurbanne soutient cette initiative et espère que les mesures d’accompagnement permettront de redresser la situation financière du site.