Les Rolling Stones s'apprêtent à sortir leur 25e album studio, « Foreign Tongues », prévu pour ce vendredi 10 juillet 2026, selon Euronews FR. Dans un entretien accordé au Sunday Times, le guitariste Keith Richards a partagé son regard critique sur l'état actuel des États-Unis, décrivant le pays comme « un peu une déception » face au contexte politique et économique récent. L'album, dont l'un des titres pourrait être une chanson aux accents anti-Trump, marque une nouvelle étape pour le groupe légendaire.
Ce qu'il faut retenir
- Les Rolling Stones publient leur 25e album studio, « Foreign Tongues », le 10 juillet 2026.
- Un titre de l'album, « Ringing Hollow », est présenté comme une réflexion nostalgique et critique sur l'Amérique contemporaine.
- Keith Richards estime que les États-Unis traversent une période « un peu décevante », notamment en raison des difficultés économiques et politiques.
- Mick Jagger a évoqué l'influence de l'administration Trump sur la perception actuelle du « rêve américain ».
- Le groupe a déjà eu plusieurs démêlés judiciaires avec Donald Trump pour l'utilisation non autorisée de leurs titres lors de meetings.
Un album né d'un regard désenchanté sur l'Amérique
« Foreign Tongues », dont la sortie est prévue ce vendredi, marque le retour des Rolling Stones après plusieurs années d'absence en studio. Le groupe, qui n'a jamais caché son attachement à l'Amérique malgré les tensions récentes, aborde dans cet opus des thèmes chers à leur histoire tout en intégrant une dimension critique. Selon les rumeurs relayées par la presse, l'un des morceaux phares, « Ringing Hollow », pourrait bien s'inscrire dans cette veine. Le titre, dont le sens évoque une forme de vide ou de désillusion, reflète une vision à la fois nostalgique et désabusée de l'Amérique, comme en témoigne l'analyse de Keith Richards.
Dans un entretien accordé au Sunday Times, le guitariste de 82 ans, installé dans le Connecticut depuis plus de 40 ans, a livré une analyse sans fard de la situation actuelle aux États-Unis. « Ringing Hollow, c'est une histoire d'amour nostalgique avec l'Amérique, qui est en même temps un peu décevante en ce moment », a-t-il déclaré. Richards, figure emblématique de la contre-culture des années 1960, a également pointé du doigt les difficultés économiques qui touchent une partie de la population, notamment à travers l'augmentation du prix de l'essence, un sujet récurrent dans les plaintes de ses proches.
Mick Jagger nuance la portée politique du titre, mais évoque un déclin américain
Dans un autre entretien, cette fois accordé au magazine MOJO, Mick Jagger a précisé que si « Ringing Hollow » ne vise pas uniquement l'Amérique de Donald Trump, elle s'inscrit dans une réflexion plus large sur le pays et sa perception. « Le rêve américain reste intact pour certains, et je suis sûr qu'on peut trouver de magnifiques histoires d'immigrés survenues au cours des douze derniers mois, mais on lit aussi des choses sur le déclin de l'empire américain », a-t-il expliqué. Le chanteur de 83 ans a ajouté que la chanson aborde « l'Amérique en général et la manière dont on la vit », entre espoirs et désillusions.
Jagger a également souligné les transformations profondes que traverse le pays, évoquant la « surexpansion impériale » et le « système de lobbying » qui, selon lui, minent les valeurs traditionnelles américaines. « Ce n'est plus du tout la même chose, et il y a beaucoup de questions sur la surexpansion impériale et le système de lobbying », a-t-il analysé. Une vision partagée par Richards, qui vit depuis des décennies aux États-Unis et observe au quotidien les changements sociétaux et économiques qui affectent le pays.
Les Rolling Stones et Donald Trump : une relation conflictuelle
Si « Foreign Tongues » ne constitue pas une attaque frontale contre Donald Trump, les tensions entre le groupe et l'ancien président américain sont bien réelles. En 2016, les Rolling Stones avaient déjà adressé une mise en demeure à Trump après qu'il avait utilisé leur titre « You Can’t Always Get What You Want » lors de ses meetings, sans autorisation. Le groupe avait alors rappelé au candidat républicain que l'utilisation de leurs morceaux devait faire l'objet d'une licence appropriée. En 2020, Trump avait de nouveau recouru à la même chanson, poussant les Stones à s'associer à la société Broadcast Music, Inc. pour menacer de poursuites judiciaires.
Les relations entre le groupe et l'ancien président se sont encore dégradées en 2019, lorsque Mick Jagger, lors du Festival du film de Venise, avait publiquement critiqué Trump. Le chanteur avait alors dénoncé « la grossièreté et les mensonges » du président, tout en pointant du doigt sa politique environnementale. « Nous traversons une situation très difficile en ce moment, surtout aux États-Unis, où toutes les réglementations environnementales qui avaient été mises en place - à peine suffisantes - ont été tellement démantelées par l'administration actuelle qu'elles sont en train de disparaître », avait-il alerté. Jagger avait alors rappelé que « les États-Unis devraient être le leader mondial en matière de protection de l'environnement, mais ils ont désormais décidé de prendre le chemin inverse ».
Un album riche en collaborations et en hommages
Au-delà des tensions politiques, « Foreign Tongues » se distingue par sa diversité musicale et ses collaborations prestigieuses. L'album accueillera notamment des contributions de Paul McCartney et de Robert Smith, chanteur de The Cure. Les fans pourront également découvrir une reprise du titre « You Know I’m No Good » d'Amy Winehouse, ajoutant une touche nostalgique à l'opus. Cet hommage à l'artiste disparue s'inscrit dans la tradition des Rolling Stones de revisiter des classiques tout en intégrant des influences modernes.
La sortie de l'album coïncide avec une période charnière pour le groupe, qui continue de célébrer plus de six décennies de carrière. Après avoir marqué l'histoire du rock avec des tubes comme « (I Can't Get No) Satisfaction » ou « Paint It Black », les Stones restent une référence incontournable, malgré les années et les changements sociétaux. Leur capacité à évoluer tout en conservant leur identité musicale semble intacte, comme en témoigne la diversité des artistes invités sur cet album.
Alors que l'album sortira officiellement ce vendredi, les observateurs s'interrogent sur l'impact que pourrait avoir cette œuvre sur le débat politique américain. Les Rolling Stones, par leur statut d'icônes, ont souvent utilisé leur plateforme pour commenter l'actualité, comme en témoignent leurs prises de position passées. Il reste à voir si ce nouvel opus contribuera à alimenter les discussions sur l'avenir des États-Unis ou s'il sera avant tout perçu comme un travail musical ambitieux.
L'album comprend notamment une reprise de « You Know I’m No Good » d'Amy Winehouse, des collaborations avec Paul McCartney et Robert Smith (chanteur de The Cure), ainsi que le titre « Ringing Hollow », présenté comme une réflexion sur l'Amérique contemporaine.
Oui, le groupe a déjà adressé des mises en demeure à Donald Trump en 2016 et 2020 pour l'utilisation non autorisée de leurs titres lors de meetings. Mick Jagger a également critiqué publiquement sa politique environnementale en 2019.