Selon Journal du Geek, les Pays-Bas viennent d’autoriser officiellement les véhicules équipés de systèmes de conduite autonome de niveau 3, une première en Europe. Cette décision, qui s’applique notamment au système Full Self-Driving (FSD) de Tesla, crée une fracture sur le continent, où d’autres pays comme l’Italie ou la Suède continuent de bloquer ces technologies.
Ce qu'il faut retenir
- Les Pays-Bas deviennent le premier pays européen à autoriser les voitures sans conducteur de niveau 3, notamment celles équipées du FSD de Tesla.
- L’Italie et la Suède maintiennent leur opposition à ces systèmes, refusant pour l’instant toute homologation.
- Cette divergence illustre les tensions croissantes en Europe sur la régulation des véhicules autonomes.
- Le FSD de Tesla est au cœur du débat, certains pays y voyant un risque pour la sécurité routière.
La décision néerlandaise marque un tournant dans l’adoption des véhicules autonomes en Europe. Depuis le 20 avril 2026, les Pays-Bas autorisent les conducteurs à déléguer totalement le contrôle du véhicule à son système d’intelligence artificielle, à condition que le conducteur reste en mesure de reprendre la main en cas de besoin. Cette autorisation s’appuie sur la norme européenne UN-R157, qui encadre les systèmes de conduite automatisée de niveau 3. Côté Tesla, le FSD – bien que toujours en version bêta et non homologué aux États-Unis – bénéficie désormais d’un cadre légal dans ce pays, où les autorités ont jugé que les garanties techniques et sécuritaires étaient suffisantes.
À l’inverse, l’Italie et la Suède adoptent une position plus restrictive. En Italie, le ministère des Infrastructures et des Transports a réaffirmé en mars 2026 que les systèmes comme le FSD ne répondaient pas aux exigences de sécurité nationales, en l’absence de normes nationales complémentaires. La Suède, qui avait pourtant été pionnière dans les tests de véhicules autonomes avec des projets comme Drive Sweden, a récemment durci sa position sous la pression des syndicats de transporteurs et des associations de conducteurs. « Nous ne sommes pas opposés à l’innovation, mais les risques liés à la délégation totale du contrôle ne sont pas encore maîtrisés », a déclaré un porte-parole du gouvernement suédois à Journal du Geek.
Cette fracture européenne reflète les divergences plus larges au sein de l’Union européenne sur la régulation des nouvelles technologies. La Commission européenne a lancé en 2025 un groupe de travail dédié aux véhicules autonomes, mais les avancées restent lentes. « Les États membres ne partagent pas la même vision des priorités : certains privilégient l’innovation industrielle, d’autres la prudence », explique un expert en mobilité interrogé par le média. Le FSD de Tesla, qui cumule plus de 10 milliards de kilomètres parcourus en mode bêta selon les données du constructeur, reste un cas d’école pour les régulateurs, entre promesses technologiques et inquiétudes éthiques.
Autant dire que l’autorisation néerlandaise n’est qu’un premier pas dans une bataille réglementaire bien plus large. Si les Pays-Bas ouvrent la voie, l’Europe reste profondément divisée, entre ceux qui voient dans les véhicules autonomes une révolution écologique et sécuritaire, et ceux qui y perçoivent un danger potentiel. Bref, le débat est loin d’être clos.
Un véhicule de niveau 3 permet au conducteur de déléguer totalement le contrôle dans certaines conditions (ex : autoroute, trafic fluide), mais il doit pouvoir reprendre la main en cas d’alerte. Les niveaux 4 et 5, non autorisés aujourd’hui en Europe, n’imposent aucune intervention humaine.