Lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, le PDG de Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire, a appelé l'Europe à adopter une stratégie d'innovation agressive dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA), comparable à celle des pays émergents. Selon BFM Business, cette déclaration s'inscrit dans un débat plus large sur la compétitivité industrielle du continent face à la Chine et aux États-Unis.

Ce qu'il faut retenir

  • Une stratégie à la hauteur des enjeux : Jean-Pascal Tricoire a insisté sur la nécessité pour l'Europe de se comporter comme un pays émergent en matière d'IA, afin de rattraper son retard face à la Chine et aux États-Unis.
  • La Chine en position de force : Le dirigeant a évoqué une « gifle » devenue un « K.O. » pour l'Europe, soulignant l'avance technologique chinoise dans ce secteur.
  • L'échelle européenne comme solution : Pour Tricoire, l'Union européenne doit être le cadre idéal pour cette stratégie, car elle offre une taille critique suffisante pour rivaliser.

L'Europe face à la concurrence internationale en matière d'IA

Lors de son intervention sur BFM Business, Jean-Pascal Tricoire a comparé la situation de l'Europe à celle d'un pays émergent en quête de souveraineté technologique. Selon lui, l'IA est au cœur des enjeux géopolitiques actuels, et l'Europe ne peut plus se permettre de rester à la traîne. « On doit être pour l'Europe, c'est la bonne échelle », a-t-il déclaré, rappelant que l'Union européenne dispose d'un marché unique capable de soutenir une industrie compétitive.

Cette position s'appuie sur les données disponibles : la Chine et les États-Unis dominent largement le secteur de l'IA, avec des investissements massifs et des écosystèmes technologiques très avancés. Pour Tricoire, l'Europe doit accélérer ses efforts pour ne pas subir une domination durable de ces acteurs.

Les défis industriels et économiques de l'Europe

Les Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, qui se sont tenues du 3 au 5 juillet 2026, ont été marquées par des débats sur la compétitivité industrielle européenne. Bruno Retailleau, président de la région Pays de la Loire, a quant à lui mis en garde contre une « catastrophe financière » si l'Europe ne parvient pas à redresser sa situation économique. Ces propos rejoignent les craintes exprimées par d'autres acteurs industriels sur la capacité du continent à financer ses transitions technologiques.

Dans ce contexte, l'IA représente à la fois une opportunité et un défi. D'un côté, elle pourrait booster la productivité et l'innovation dans des secteurs clés comme l'énergie, l'industrie ou les services. De l'autre, son développement rapide nécessite des investissements colossaux et une régulation adaptée, deux conditions que l'Europe peine encore à réunir pleinement.

« La Chine nous met une gifle qui va devenir un K.O. » — Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric

L'IA au cœur des enjeux géopolitiques

Selon BFM Business, l'intelligence artificielle est devenue un sujet central des discussions économiques et politiques en Europe. Les États-Unis et la Chine investissent des milliards dans ce domaine, tandis que l'Europe cherche encore à trouver sa place. Les craintes d'une dépendance technologique vis-à-vis de ces deux puissances ont alimenté les débats lors des Rencontres d'Aix-en-Provence.

Pour Jean-Pascal Tricoire, la solution passe par une stratégie européenne coordonnée, combinant investissements publics et privés, formation des talents et simplification des réglementations. « On doit être pour l'Europe, c'est la bonne échelle », a-t-il répété, soulignant que les États membres seuls ne pourraient rivaliser avec les géants chinois ou américains.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie des décisions prises par les institutions européennes dans les mois à venir. Un sommet sur l'IA est prévu à Bruxelles d'ici la fin de l'année 2026, où les États membres devraient présenter des propositions concrètes pour accélérer le développement de l'intelligence artificielle sur le continent. La Commission européenne pourrait également dévoiler un nouveau plan d'investissement ciblé d'ici la fin du premier trimestre 2027.

Reste à voir si ces initiatives suffiront à combler le retard européen ou si le continent restera durablement en position de suiveur face à ses concurrents directs.

Cette question laisse planer une incertitude sur l'avenir industriel de l'Europe, dont les choix stratégiques dans les prochains mois seront déterminants pour son positionnement dans l'économie mondiale de l'IA.

D'après les experts cités par BFM Business, les secteurs les plus exposés sont l'industrie manufacturière, l'énergie, la santé et les services financiers. Ces domaines pourraient subir une perte de compétitivité face à des acteurs chinois ou américains mieux équipés en solutions d'IA.