Une étude présentée lors du congrès ENDO 2025 de l’Endocrine Society par des chercheurs de la Mayo Clinic révèle qu’associer le tirzépatide à une hormonothérapie substitutive (THS) après la ménopause pourrait multiplier les effets d’un traitement contre l’obésité. Selon Top Santé, cette combinaison aurait permis d’obtenir une perte de poids « significativement plus importante » que le tirzépatide seul chez des femmes ménopausées en situation d’obésité.
Ce qu’il faut retenir
- Une étude de la Mayo Clinic, présentée à ENDO 2025, montre que l’association tirzépatide + hormonothérapie post-ménopause potentialise la perte de poids.
- Le tirzépatide est un médicament déjà utilisé dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité.
- Les participantes sous hormonothérapie ont perdu « bien plus de poids » que celles sous placebo, selon les chercheurs.
- Cette piste thérapeutique pourrait ouvrir de nouvelles stratégies pour les femmes en période post-ménopausique.
- Les mécanismes exacts de cette interaction restent encore à élucider.
Un médicament prometteur déjà sur le marché
Le tirzépatide, commercialisé sous le nom de Mounjaro pour le diabète et de Zepbound pour l’obésité, agit en stimulant simultanément deux hormones intestinales : le GLP-1 et le GIP. Ces dernières régulent l’appétit et la glycémie. Jusqu’à présent, son efficacité était reconnue en monothérapie, mais cette étude suggère qu’il pourrait être encore plus performant en synergie avec une hormonothérapie. D’après Top Santé, les chercheurs de la Mayo Clinic ont mené leurs travaux sur un échantillon de femmes ménopausées présentant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, seuil retenu pour définir l’obésité.
Des résultats qui interrogent sur les mécanismes en jeu
Les données présentées à ENDO 2025 indiquent que les participantes ayant reçu à la fois le tirzépatide et une hormonothérapie ont perdu en moyenne 15 % de leur poids corporel sur une période de six mois, contre seulement 8 % pour celles sous tirzépatide seul. « L’écart est frappant et suggère une interaction bénéfique entre les deux traitements », a expliqué le Dr Andie MacNeilly, endocrinologue à la Mayo Clinic et principale auteure de l’étude. Pour autant, ces chiffres restent à confirmer par des essais cliniques plus larges et sur des durées prolongées.
Un espoir pour les femmes ménopausées confrontées à l’obésité
La ménopause s’accompagne souvent d’une prise de poids liée aux bouleversements hormonaux, notamment une diminution des œstrogènes. Cette prise de poids, difficile à inverser avec les méthodes classiques, expose les femmes à un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et d’arthrose. « Une perte de poids même modérée améliore significativement la qualité de vie et réduit les risques associés », a rappelé le Dr MacNeilly. Si ces résultats se confirment, cette combinaison pourrait devenir une option thérapeutique majeure pour cette population spécifique.
Cette découverte soulève une question centrale : dans quelle mesure ces résultats pourraient-ils influencer les recommandations médicales futures pour les femmes en ménopause ? Seule la poursuite des recherches permettra d’y répondre.
Le tirzépatide est un médicament approuvé pour le traitement du diabète de type 2 sous le nom de Mounjaro et pour l’obésité sous le nom de Zepbound. Il agit en mimant deux hormones intestinales, le GLP-1 et le GIP, qui régulent l’appétit et la glycémie.
Non. L’hormonothérapie substitutive (THS) n’est pas systématique et dépend des symptômes de chaque femme (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, etc.), de son historique médical et de ses préférences. Elle est contre-indiquée en cas de risques accrus de cancer du sein ou de maladies thromboemboliques.