Une hôtesse de caisse de Leroy Merlin, en Espagne, a obtenu gain de cause devant la justice après avoir été licenciée pour la disparition de 550 euros dans sa tiroir-caisse. Selon nos confrères du Figaro, la salariée, en poste depuis plus de vingt ans, a été réintégrée dans l’entreprise après que les tribunaux ont jugé son licenciement abusif. Deux instances judiciaires, dont la Haute Cour de justice du Pays basque, ont confirmé cette décision en juillet 2026, tout en soulignant l’absence de preuves de sa complicité dans le vol.
Ce qu'il faut retenir
- Une employée de Leroy Merlin en Espagne, licenciée après la disparition de 550 euros dans sa caisse en septembre 2025, a été réintégrée par la justice.
- Deux tribunaux espagnols, dont la Haute Cour du Pays basque, ont confirmé l’abus de licenciement et rejeté le recours de l’enseigne.
- Les juges ont estimé que l’employée avait été victime d’une tromperie et que son licenciement reposait sur des motifs discriminatoires liés à son temps de travail partiel.
- Leroy Merlin a été condamné à verser des arriérés de salaire et 10 001 euros de dommages et intérêts.
- La décision, rendue le 16 juillet 2026, n’est pas encore définitive et pourrait faire l’objet d’un pourvoi devant la Cour suprême espagnole.
Un vol spectaculaire et un licenciement immédiat
L’affaire remonte à septembre 2025, lorsque deux hommes se présentent dans un magasin Leroy Merlin situé à Vitoria-Gasteiz, dans le Pays basque espagnol. Leur achat ? Des pinces à linge pour 1,09 euro, réalisé à une caisse voisine de celle de l’employée. Pour détourner l’attention, l’un d’eux s’appuie contre le comptoir en exhibant une liasse de billets, tandis que son complice profite de la confusion pour subtiliser plusieurs billets de 50 euros dans le tiroir-caisse de la salariée. Celle-ci, en poste depuis 2004, ne remarque rien sur le moment et ne découvre l’écart de caisse qu’à la fin de sa journée : 550 euros manquent à l’appel.
Face à cette situation, Leroy Merlin décide de licencier l’employée à l’automne 2025. L’entreprise l’accuse de complicité présumée et lui reproche d’avoir manqué à ses obligations de surveillance. La salariée conteste cette décision et engage des poursuites judiciaires pour faire annuler son licenciement.
Deux tribunaux espagnols confirment l’abus de licenciement
En première instance, le tribunal de Vitoria-Gasteiz donne raison à la caissière et déclare son licenciement nul. Leroy Merlin est condamné à la réintégrer, à lui verser ses arriérés de salaire ainsi qu’à lui allouer 10 001 euros de dommages et intérêts. L’enseigne conteste cette décision et porte l’affaire devant la Haute Cour de justice du Pays basque, qui confirme à son tour la nullité du licenciement. Dans son jugement rendu le 16 juillet 2026, la Haute Cour s’appuie notamment sur les images de vidéosurveillance, lesquelles démontrent selon elle que l’employée a été victime d’une tromperie et n’a joué aucun rôle dans le vol.
Les magistrats se sont également penchés sur la situation professionnelle de la salariée. Depuis 2011, celle-ci travaillait à temps partiel, une organisation qu’elle avait encore réduite récemment. Les juges ont estimé que Leroy Merlin n’avait pas apporté de preuves suffisantes pour justifier un licenciement fondé sur des motifs objectifs et étrangers à sa situation personnelle. La justice a en effet considéré qu’elle avait été victime d’une discrimination indirecte, liée à son aménagement du temps de travail et à l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle.
Un licenciement jugé discriminatoire par la justice
Le tribunal a souligné que l’entreprise n’avait pas démontré que la salariée avait failli à ses obligations professionnelles de manière isolée. En l’absence de preuves tangibles de complicité ou de négligence avérée, les juges ont conclu que le licenciement reposait sur des préjugés liés à son statut de salariée à temps partiel. Cette discrimination indirecte, fondée sur le sexe selon la justice, a été un élément clé de la décision. Les magistrats ont rappelé que l’employeur avait l’obligation de prouver que les motifs du licenciement étaient étrangers à toute considération personnelle, ce qu’il n’a pas réussi à faire.
Dans leur arrêt, les juges ont également rappelé que la réduction du temps de travail de la salariée en 2011 avait été acceptée par l’entreprise, qui ne pouvait donc se prévaloir de cette organisation pour justifier une sanction disciplinaire. « Les motifs invoqués par l’employeur ne sont pas objectifs et reposent sur une discrimination liée au genre et à l’aménagement du temps de travail », a-t-on pu lire dans le jugement.
Leroy Merlin devra indemniser la salariée et respecter la décision
Leroy Merlin est désormais tenu de réintégrer l’employée dans ses fonctions et de lui verser les salaires qu’elle aurait perçus depuis son licenciement. En plus de cette réintégration, l’entreprise a été condamnée à lui verser 10 001 euros au titre des dommages et intérêts. Cette somme, fixée en première instance, a été maintenue par la Haute Cour de justice du Pays basque, qui a confirmé la nullité du licenciement.
Pour autant, la procédure n’est pas encore totalement close. Bien que la décision ait été rendue le 16 juillet 2026, elle n’est pas définitive. Leroy Merlin dispose d’un délai pour se pourvoir en cassation devant la Cour suprême espagnole. Si l’enseigne décide de ne pas utiliser cette voie de recours, la réintégration de la salariée deviendra effective dans les semaines à venir.
Pour suivre l’évolution de cette affaire, il faudra surveiller la position de la direction de Leroy Merlin dans les semaines à venir. La décision finale pourrait avoir des répercussions sur la gestion des ressources humaines dans les grandes enseignes de distribution en Espagne.
La justice a estimé que le licenciement reposait sur des motifs liés à l’aménagement du temps de travail de la salariée, lequel avait été accepté par l’employeur en 2011. Les juges ont conclu à une discrimination indirecte, notamment fondée sur le genre, en l’absence de preuves de complicité ou de négligence avérée de la part de l’employée.