L’île grecque de Makri, située dans l’archipel des Echinades en mer Ionienne, sera proposée aux enchères en novembre 2026 à un prix de départ de 247 000 euros, selon Capital. Cette annonce intervient après une série de revirements sur son évaluation, initialement fixée à 8 millions d’euros en juillet 2022, sur la base d’une expertise réalisée fin 2021.

Cette île de 98 hectares, dont sept kilomètres de littoral, avait attiré l’attention d’investisseurs fortunés pendant la pandémie, séduits par son cadre naturel préservé et son isolement. Pourtant, les nouvelles contraintes environnementales ont drastiquement réduit sa valeur marchande.

Ce qu'il faut retenir

  • L’île de Makri sera mise aux enchères en novembre 2026 avec un prix de départ de 247 000 euros, selon Capital.
  • En juillet 2022, son prix de départ était fixé à 8 millions d’euros sur la base d’une expertise de fin 2021.
  • Makri s’étend sur 98 hectares, dont 7 km de côtes, dans l’archipel des Echinades, en mer Ionienne.
  • Classée comme forêt privée et zone naturelle protégée, son exploitation est soumise à des restrictions majeures.
  • L’île ne dispose d’aucune infrastructure majeure : électricité, eau courante ou port sont inexistants ou rudimentaires.

Un joyau naturel aux multiples atouts géographiques

Makri se trouve au large de l’île de Céphalonie et à seulement 24 kilomètres d’Ithaque, célèbre dans la mythologie grecque comme le royaume d’Ulysse. Sa proximité avec des destinations touristiques majeures comme Corfou ou Zante en faisait un lieu prisé des investisseurs en quête de confidentialité et de nature.

Son relief boisé et ses sept kilomètres de plages offrent un cadre idyllique, mais son statut juridique a profondément transformé son attractivité économique. Autant dire que les possibilités de développement y sont aujourd’hui extrêmement limitées.

Des restrictions environnementales qui ont fait chuter la valeur de l’île

L’expertise réalisée en 2021 a révélé des contraintes majeures : Makri est classée comme forêt privée et zone naturelle protégée, relevant des réglementations européennes. Résultat, les grands projets immobiliers, comme les complexes hôteliers, y sont interdits. Les usages autorisés se limitent à l’agriculture, au pâturage ou à des infrastructures légères à faible impact écologique.

Cette classification explique la chute vertigineuse de sa valeur. Après une première vente aux enchères prévue en 2022 à 8 millions d’euros, le prix a été réévalué à 296 000 euros avant d’être finalement fixé à 247 000 euros. Les bâtiments présents sur l’île — une maison en ruine, une citerne et une chapelle — illustrent l’absence d’infrastructures viables.

Un marché immobilier insulaire en mutation face au surtourisme

En Grèce comme dans l’ensemble du bassin méditerranéen, les zones naturelles protégées se multiplient, réduisant les marges de développement pour les investisseurs. Les autorités grecques renforcent désormais l’encadrement des projets immobiliers sur les îles, en réponse au surtourisme, à l’artificialisation des côtes et à une urbanisation parfois incontrôlée.

Pour les acheteurs potentiels, cette évolution impose une vérification juridique rigoureuse avant toute acquisition. Une île privée peut offrir un cadre spectaculaire, mais son exploitation économique s’avère, en pratique, quasi impossible. Les enchères de Makri illustrent ainsi les défis auxquels sont confrontés les investisseurs dans un contexte réglementaire de plus en plus strict.

Et maintenant ?

Les enchères prévues en novembre 2026 devraient attirer l’attention d’acheteurs potentiels, bien que le cadre juridique restreigne fortement les possibilités d’exploitation. Il reste à voir si des investisseurs seront prêts à prendre le risque, malgré les contraintes environnementales. La Grèce, comme d’autres pays méditerranéens, continue de durcir ses règles pour préserver ses espaces naturels, ce qui pourrait influencer les stratégies d’acquisition à l’avenir.

Cette vente aux enchères pose également la question de l’avenir des îles privées en Méditerranée : entre attrait touristique et préservation environnementale, le compromis semble de plus en plus difficile à trouver.

Après l’achat, l’acquéreur devra se conformer aux réglementations grecques en matière de zones protégées. Les possibilités de construction ou de développement touristique restent très limitées, et toute infrastructure nécessitera des autorisations spécifiques.