Près de 69 000 logements sociaux, neufs ou rénovés, ont déjà été livrés dans le cadre du Nouveau programme de rénovation urbaine (NPNRU), a annoncé ce mercredi 20 mai 2026 la directrice générale de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Selon BFM Immo, cette avancée s’accompagne d’une performance énergétique notable, avec 80 % des logements rénovés atteignant l’étiquette B.

Ce qu'il faut retenir

  • 69 000 logements sociaux neufs ou rénovés livrés à ce jour dans le cadre du NPNRU
  • 80 % des rénovations atteignent l’étiquette B de performance énergétique
  • 46 000 logements sociaux ont été démolis, avec reconstitution obligatoire de l’offre dans les grandes villes
  • 341 équipements et locaux d’activité livrés, dont de nombreuses écoles
  • L’État a augmenté sa contribution à 116 millions d’euros en 2026, contre 50 millions en 2025
  • Un troisième programme Anru est annoncé, ciblant 150 quartiers prioritaires pour un budget de 5 à 7 milliards d’euros sur dix ans

Anne-Claire Mialot, directrice générale de l’Anru, s’est exprimée devant la commission des Affaires économiques du Sénat pour dresser un bilan intermédiaire du programme. Elle a souligné que 81 % du programme est financièrement engagé depuis fin 2025, avec des résultats concrets en termes de logements livrés et de performance énergétique.

« Le NPNRU est dans une phase vraiment active de son déploiement, a-t-elle déclaré. Cela veut dire qu’à date, on a livré 69 000 logements sociaux neufs ou rénovés. » Elle a également précisé que 80 % des rénovations atteignent l’étiquette B, un niveau de performance énergétique significatif pour des logements sociaux.

Parmi les autres réalisations, 46 000 logements sociaux ont été démolis, une obligation légale dans les grandes villes pour reconstituer l’offre de logements. Par ailleurs, 341 équipements et locaux d’activité ont été livrés, dont un grand nombre d’écoles, renforçant ainsi les infrastructures locales.

Une situation financière désormais « beaucoup plus positive »

La directrice générale de l’Anru a rassuré sur la santé financière de l’agence, après des inquiétudes liées à l’annulation de l’engagement de l’État en 2024 et à une enveloppe limitée à 50 millions d’euros en 2025. « Nous devrions être en capacité de terminer l’année 2026 sans difficultés et probablement de passer également l’année 2027 en trésorerie », a-t-elle indiqué.

Elle a salué l’annonce d’un troisième programme Anru, dont les contours commencent à se préciser. Selon la sénatrice LR Dominique Estrosi-Sassone, ce programme pourrait concerner 150 quartiers prioritaires, contre 447 actuellement, avec un budget de 5 à 7 milliards d’euros sur la période 2030-2040. Le cabinet du ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, a confirmé un montant de 5 milliards d’euros et un nombre minimal de 150 quartiers.

Cette annonce intervient alors que des sénateurs LR ont déposé fin avril 2026 une proposition de loi visant à supprimer l’Anru, critiquant le « foisonnement » des agences de l’État. Interrogée sur ce point, Anne-Claire Mialot a rappelé que l’Anru est une agence à durée déterminée, créée pour gérer un programme spécifique. « S’il n’y a pas de troisième programme de renouvellement urbain, l’agence fermera », a-t-elle reconnu.

Vers une simplification des procédures et une délégation aux territoires

La directrice générale a évoqué des marges de simplification pour optimiser le fonctionnement de l’agence. Elle a notamment mentionné la possibilité de déléguer aux métropoles et départements les agréments sur la reconstitution de l’offre de logements sociaux, une piste pour fluidifier les processus administratifs.

Anne-Claire Mialot a défendu l’importance de cette politique publique, tant pour les habitants des quartiers prioritaires que pour la cohésion sociale du pays. « C’est une politique publique essentielle et importante pour les habitants des quartiers, mais aussi plus globalement pour la cohésion sociale de notre pays », a-t-elle souligné.

Un programme sous haute surveillance politique

L’audition de la directrice générale de l’Anru s’inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par des débats sur l’efficacité des dispositifs publics et la gestion des budgets de l’État. La proposition de loi déposée par les sénateurs LR reflète une volonté de rationalisation administrative, tandis que le gouvernement maintient son soutien au NPNRU.

Les prochaines étapes du programme dépendront des arbitrages budgétaires et des orientations politiques. Si le troisième volet du NPNRU est confirmé, il pourrait redéfinir la carte des quartiers prioritaires et les modalités de financement des projets.

Et maintenant ?

Le gouvernement doit finaliser les détails du troisième programme Anru d’ici fin 2026, avec une possible entrée en vigueur en 2027. Les collectivités locales seront associées à la reconstitution de l’offre de logements, tandis que les critères de performance énergétique pourraient devenir encore plus exigeants. Reste à voir si le budget annoncé suffira à couvrir l’ensemble des besoins, alors que les démolitions se poursuivent.

Ce bilan intermédiaire du NPNRU illustre à la fois les avancées concrètes du programme et les défis persistants en matière de financement et de coordination entre l’État et les territoires. La question de la pérennité de l’Anru elle-même pourrait revenir sur le devant de la scène si le troisième programme n’est pas adopté.

L’étiquette B correspond à une consommation énergétique annuelle comprise entre 70 et 100 kWh/m² pour les logements. Elle est considérée comme un bon niveau de performance, permettant de réduire significativement les factures d’énergie pour les ménages et d’améliorer le confort thermique des logements.

La démolition de logements sociaux s’inscrit dans une logique de renouvellement urbain. Elle permet de résorber des copropriétés dégradées ou des ensembles immobiliers vétustes, souvent situés dans des quartiers prioritaires. Leur reconstruction doit obligatoirement compenser la perte de logements sociaux, conformément à la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbains).