Quatre copropriétaires de la Tour Montparnasse, dont le PDG de Free Xavier Niel, ont assigné en justice début mai le syndicat des copropriétaires de l’immeuble pour contester plusieurs résolutions du projet de réhabilitation, selon BFM Immo.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre copropriétaires, dont Xavier Niel via sa société NJJ Maine, ont assigné le syndicat des copropriétaires en justice début mai 2026.
- Ils contestent notamment des échanges de lots et des modifications de surfaces privatives, comme la perte de 28 m² pour Xavier Niel au 55e étage.
- Le projet, estimé à 727 millions d’euros, prévoit une transformation en édifice vitré et végétalisé, avec un hôtel de luxe, une serre panoramique et un jardin-terrasse.
- Les travaux, prévus pour débuter en septembre 2026, pourraient être retardés par ce recours, examiné en septembre 2026 par le tribunal judiciaire de Paris.
- Le permis de construire, valable jusqu’au 26 novembre 2026, impose un démarrage des travaux avant cette date sous peine de devoir engager une nouvelle procédure administrative.
- Le projet doit s’inscrire dans le cadre du Plan local d’urbanisme bioclimatique de Paris, adopté fin 2024, plus strict sur les démolitions et les matériaux biosourcés.
Un recours judiciaire pour préserver des droits de propriété
Les quatre copropriétaires — NJJ Maine (filiale de la holding de Xavier Niel), SCI 41 Tour Montparnasse (dirigée par Frédéric Lemos), Biscuit Nantais (présidée par Frédéric Lemos) et Sofonep — ont déposé un recours en justice début mai 2026 contre le syndicat des copropriétaires de la Tour Montparnasse. Selon BFM Immo, ils estiment que plusieurs résolutions du projet de rénovation, d’un coût total de 727 millions d’euros, portent atteinte à leur droit de propriété.
Parmi les griefs soulevés, on retrouve la perte de surfaces privatives. Par exemple, Xavier Niel devrait perdre 28 m² au 55e étage en raison de la création d’un escalier central. La société Sofonep, quant à elle, dénonce la suppression de sa « vue sur Paris » au 14e étage, en raison de la création d’une terrasse non accessible et d’une avancée pour les jardins. Les échanges de lots, prévus entre plusieurs propriétaires, sont également pointés du doigt : ils modifieraient la substance des espaces privatifs, voire entraîneraient des expropriations sans consentement.
Un projet de rénovation ambitieux mais controversé
Le projet, confié au collectif d’architectes Nouvelle AOM, prévoit de transformer la tour en un édifice vitré et végétalisé. Il inclut un hôtel de luxe, de nouveaux services, un jardin-terrasse intermédiaire, une serre panoramique, ainsi que la conservation des bureaux et de l’observatoire existants. Cette première phase s’inscrit dans un projet urbain plus large, piloté par l’architecte Renzo Piano jusqu’en 2030, qui prévoit également la réhabilitation du centre commercial et de la dalle Montparnasse.
Adopté par 17 copropriétaires sur 34 en novembre 2025, le projet a reçu l’accord de quatre autres propriétaires, tandis que huit ont mis en vente leurs parts et quatre ont voté contre. Les travaux, initialement prévus pour septembre 2026, pourraient être perturbés par ce recours judiciaire, alors que la Tour a été vidée de ses occupants le 31 mars 2026.
Un calendrier sous pression et des risques de retard
Dans un courrier adressé début mai 2026 aux copropriétaires et consulté par BFM Immo, le conseil de syndic a souligné que « à ce stade, les conditions de réalisation du projet (...) ne sont pas réunies » et que « cette situation peut le compromettre ». Le calendrier est particulièrement serré : le permis de construire, publié en 2019 et modifié fin 2025, expire le 26 novembre 2026. Pour éviter une nouvelle procédure administrative de trois ans, coûteuse et complexe, les travaux devront avoir commencé avant cette date.
Le projet devra également respecter le nouveau Plan local d’urbanisme bioclimatique de Paris, adopté fin 2024. Ce plan, plus strict, impose notamment l’utilisation de matériaux biosourcés, de végétaux en pleine terre et limite les démolitions. Il interdit par ailleurs toute surélévation au-delà de l’extension actuelle de 11 mètres au sommet, initialement prévue pour installer une serre agricole panoramique (contre 20 mètres initialement envisagés).
Des désaccords persistants parmi les copropriétaires
Ce recours illustre les tensions persistantes entre les copropriétaires, alors que le projet de réhabilitation a mis des années à se concrétiser. Certains d’entre eux estiment que les échanges de lots, au cœur des tensions, étaient prévus dès l’origine. « La rénovation a toujours prévu des échanges de lots », a déclaré l’un des copropriétaires favorables au projet au Figaro, « aucun projet sans échange n’existe ». Pour autant, cette opposition met en lumière les divisions persistantes au sein de l’assemblée des copropriétaires.
Le syndicat des copropriétaires doit voter cet été sur le lancement des travaux et les ordres de mission, une décision qui pourrait être influencée par ce recours judiciaire. Les prochains mois seront donc décisifs pour l’avenir de la Tour Montparnasse, symbole des années 1970 longtemps décrié.
En attendant, les copropriétaires devront trancher cet été sur le vote final concernant le lancement des travaux. Une décision qui pourrait, une fois encore, retarder ou modifier le projet phare de réhabilitation de la Tour Montparnasse.
Les quatre copropriétaires contestent plusieurs aspects du projet. Ils dénoncent notamment la perte de surfaces privatives, comme les 28 m² perdus par Xavier Niel au 55e étage en raison de la création d’un escalier central. La société Sofonep reproche également la suppression de sa vue sur Paris au 14e étage, due à la création d’une terrasse non accessible et d’une avancée pour les jardins. Enfin, ils critiquent les échanges de lots entre copropriétaires, qu’ils jugent contraires à leur droit de propriété et pouvant entraîner des expropriations sans leur consentement.
Si les travaux ne débutent pas avant le 26 novembre 2026, date d’expiration du permis de construire actuel, une nouvelle procédure administrative devra être engagée. Cette procédure, estimée à trois ans, impliquerait de repasser par une phase d’instruction, avec des surcoûts importants et la nécessité de se conformer au nouveau Plan local d’urbanisme bioclimatique de Paris, adopté fin 2024. Ce plan est plus strict sur les démolitions, les matériaux biosourcés et les conditions environnementales, et interdit toute surélévation au-delà de l’extension actuelle de 11 mètres.