Le premier groupe aérien européen, Lufthansa, enregistre une baisse drastique de son bénéfice opérationnel au deuxième trimestre 2026, en grande partie imputable à la flambée des prix du kérosène liée au conflit au Moyen-Orient. Le résultat opérationnel ajusté (EBIT) du groupe allemand est tombé à 383 millions d’euros entre avril et juin, soit un recul de 56 % sur un an, selon BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Baisse de 56 % de l’EBIT : le résultat opérationnel ajusté passe de 870 millions d’euros au T2 2025 à 383 millions en 2026.
- Coûts du kérosène en hausse de 750 millions d’euros par rapport à 2025, un surcoût qui pèse lourdement sur les finances du groupe.
- Marge opérationnelle divisée par deux : elle recule à 3,4 %, contre 8,4 % un an plus tôt.
- Chiffre d’affaires en hausse de 8 %, porté par une demande « intacte », mais insuffisante pour compenser les coûts accrus.
- Prévision 2026 revue à la baisse : l’EBIT ajusté est désormais estimé entre 1,7 et 2,2 milliards d’euros, en raison de l’incertitude persistante sur les prix du carburant.
- Baisse de 88 % du bénéfice net, tombé à 123 millions d’euros, pénalisé par les effets fiscaux exceptionnels de 2025.
Une rentabilité structurellement fragilisée par les coûts énergétiques
Les performances financières de Lufthansa au deuxième trimestre 2026 illustrent l’impact direct de la volatilité des prix du kérosène sur le secteur aérien. Selon le communiqué publié mardi, les dépenses supplémentaires en carburant ont atteint 750 millions d’euros par rapport à la même période en 2025, un chiffre qui explique à lui seul la majorité de la baisse de l’EBIT. « Les prix du kérosène ont été environ 750 millions d’euros supérieurs au niveau de l’année précédente », a précisé le groupe dans son bilan.
Malgré une hausse de 8 % du chiffre d’affaires, porté par une demande toujours dynamique, Lufthansa n’a pu compenser ces surcoûts. Au total, le groupe a enregistré 11,1 milliards d’euros de revenus sur le trimestre, mais cette progression reste insuffisante face à l’envolée des dépenses. « La demande est intacte, mais les charges financières ont été alourdies par les grèves des syndicats de pilotes et du personnel de bord, générant des surcoûts d’au moins 150 millions d’euros », a indiqué BFM Business.
Des marges en chute libre et un flux de trésorerie négatif
La marge opérationnelle du groupe s’est effondrée, passant de 8,4 % au T2 2025 à 3,4 % un an plus tard. Une dégradation qui reflète la difficulté croissante à absorber la hausse des coûts, malgré une stratégie de réduction des capacités. Dès avril 2026, Lufthansa a en effet opéré une coupe drastique dans ses vols moyen et long-courriers, et a fermé sa filiale Cityline, spécialisée dans les vols court-courriers depuis Francfort et Munich.
Autre indicateur inquiétant : le flux de trésorerie disponible (free cash flow) est passé dans le rouge, affichant un solde négatif de -365 millions d’euros, contre +138 millions au T2 2025. Cette situation contraint le groupe à revoir sa gestion financière à court terme, d’autant que le bénéfice net a lui aussi chuté de 88 %, s’établissant à seulement 123 millions d’euros. « La baisse du bénéfice net s’explique en grande partie par la diminution du résultat opérationnel, mais aussi par des effets de valorisation et fiscaux exceptionnels enregistrés en 2025 », a détaillé BFM Business.
Lufthansa mise sur l’Afrique et l’Asie, tandis que le fret résiste
Face à ce contexte difficile, Lufthansa tente de tirer parti des opportunités offertes par certains marchés. Le groupe observe une forte demande sur les continents africain et asiatique, en particulier depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Par exemple, les rendements sur les routes asiatiques ont progressé de 13 % sur un an, un signe encourageant pour une partie de son activité.
La branche cargo, Lufthansa Cargo, affiche quant à elle des résultats solides. Avec un EBIT ajusté de 116 millions d’euros, elle bénéficie d’une demande soutenue dans le fret aérien, malgré la crise régionale. « Les performances de Lufthansa Cargo restent robustes, portées par une demande structurelle dans le transport de marchandises », a souligné le groupe dans son communiqué.
Reste à voir si ces ajustements permettront à Lufthansa de stabiliser sa situation financière d’ici la fin de l’année, dans un environnement marqué par des coûts énergétiques toujours élevés et des tensions géopolitiques persistantes.
La flambée des prix du kérosène en 2026 est principalement liée à l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui perturbe les chaînes d’approvisionnement en pétrole et en carburants. Les conflits régionaux ont entraîné une réduction des capacités de raffinage et une hausse des primes de risque sur les marchés, poussant les prix à la hausse. Selon les analystes du secteur, cette situation pourrait se prolonger tant que les tensions ne seront pas résolues.