Les lunettes connectées Oakley Meta HSTN, premier modèle de Meta conçu pour un usage à la fois urbain et sportif, ont été testées pendant près de trois mois par l’équipe de Frandroid. Ces verres intelligents, annoncés à l’été 2025 en France, promettent de concilier design, fonctionnalités technologiques et performance optique. Après une utilisation intensive, voici le bilan détaillé de ce produit qui s’adresse aussi bien aux sportifs occasionnels qu’aux citadins en quête de praticité.

Ce qu'il faut retenir

  • Design imposant : les HSTN affichent une monture épaisse, adaptée aux visages larges mais peu discrète sur des morphologies fines, avec un poids de 53 grammes contre 25-30 grammes pour une version non connectée.
  • Autonomie limitée : jusqu’à 8 heures d’utilisation continue, mais seulement 1h30 pour un appel vidéo FaceTime à 100 % du volume.
  • Qualité vidéo correcte en journée : capteur 12 MP, stabilisation logicielle, mais une netteté artificielle et une dynamique limitée en basse lumière.
  • Prix élevé : entre 439 € et 519 € selon les finitions, soit près du triple d’une paire de lunettes Oakley classiques.
  • Fonctionnalités sportives : intégration avec Strava et compatibilité avec les montres Garmin pour afficher des données en direct.

Une entrée sur le marché sportif après une première génération urbaine

Selon Frandroid, Meta a d’abord conquis le marché des lunettes connectées avec les Ray-Ban Stories en 2022, puis les Ray-Ban Meta fin 2023. Ces derniers, à l’origine conçus pour un usage urbain, ont prouvé la viabilité du concept avec une qualité audio open-ear et un capteur de 12 MP. En 2025, Meta a élargi son offre en collaborant avec Oakley, une marque spécialisée dans les équipements sportifs détenue comme Ray-Ban par EssilorLuxottica.

Deux modèles ont été lancés : les Oakley Meta HSTN, hybrides entre ville et sport, et les Oakley Meta Vanguard, plus orientés performance avec un verre panoramique. C’est sur les HSTN, prêtées par Meta, que s’est concentré le test de Frandroid pendant près de trois mois.

Un design qui divise, entre innovation et encombrement

Les Oakley Meta HSTN reprennent la monture emblématique HSTN d’Oakley, mais avec des branches droites et un châssis élargi pour intégrer la batterie et l’électronique. Résultat : un produit plus épais que les versions classiques, avec un poids de 53 grammes. « Je les trouve grosses », admet le testeur, soulignant que l’effet « gros sourcils » est inévitable pour les visages fins. Leur certification IPX4 les rend résistantes à la transpiration et à une légère pluie, mais insuffisante pour un rinçage sous l’eau.

Le boîtier de recharge, rigide et magnétique, ajoute un volume supplémentaire. Il faut bien enfoncer les lunettes pour les charger, une manipulation qui surprend au début. En revanche, l’absence de port USB-C direct sur les lunettes les oblige à passer par ce boîtier, lui-même rechargeable en 3h30 via USB-C.

Des fonctionnalités qui surprennent, mais avec des limites

Les HSTN embarquent un capteur 12 MP, deux haut-parleurs et cinq microphones, le tout commandé par un bouton physique et une zone tactile sur la branche droite. « Peu de gens remarquent les lunettes connectées en groupe », note Frandroid, précisant que seule une personne a repéré la caméra intégrée lors d’un weekend en terrasse. L’assistant vocal Meta AI, bien que réactif, reste limité en français par rapport à l’anglais.

Côté audio, le son est clair mais manque de profondeur, adapté à la musique pendant une sortie sportive mais peu convaincant dans un environnement bruyant comme le métro. Les appels sont d’excellente qualité, même en extérieur, mais le volume doit être monté à fond dans un bus bondé. La zone tactile, bien que pratique, devient capricieuse avec des mains moites ou transpirantes, un défaut récurrent lors des séances de sport.

Une qualité vidéo correcte en plein jour, mais perfectible

Le capteur 12 MP enregistre en 3K (30 ips) ou 1080p (60 ips), avec un HDR amélioré par rapport aux premiers modèles. « La qualité est surprenante en plein jour, mais on distingue vite un effet de netteté artificielle », indique Frandroid. La dynamique est limitée, avec des ciels souvent surexposés et des vidéos de nuit peu exploitables. La caméra, située sur le côté gauche, ne filme pas exactement dans l’axe de vision de l’utilisateur, un détail qui peut surprendre.

L’autonomie est le point faible : 8 heures annoncées, mais seulement 1h30 pour un appel vidéo intensif. Le boîtier offre une recharge supplémentaire, mais l’application Meta AI, qui sert à récupérer les médias, est critiquée pour son interface surchargée de fonctionnalités sociales peu utiles aux lunettes.

Un prix élevé pour un gadget haut de gamme

Les Oakley Meta HSTN sont disponibles en huit coloris à partir de 439 €, avec des verres transition ou Prizm (censés accentuer les couleurs). Pour comparaison, une paire de lunettes Oakley HSTN classique coûte entre 150 € et 200 €, et les Ray-Ban Meta (Gen 2) démarrent à 419 € avec des composants identiques. Les Oakley Meta Vanguard, plus robustes et étanches (IP67), s’affichent entre 549 € et 629 €.

« À ce prix, on paie autant le look que la technicité », estime Frandroid, qui souligne que les fonctionnalités sportives (intégration Strava, compatibilité Garmin) sont un vrai plus pour les coureurs ou les cyclistes. Cependant, l’expérience reste perfectible, notamment en raison des commandes tactiles peu adaptées aux conditions humides.

Et maintenant ?

Meta semble déterminé à imposer ses lunettes connectées, avec une gamme qui s’étend désormais du lifestyle au sport. Les prochains mois pourraient voir l’arrivée de nouveaux modèles ou de mises à jour logicielles pour améliorer l’autonomie et la robustesse. Le marché, encore émergent, devrait se structurer avec l’arrivée de concurrents et une possible baisse des prix à moyen terme.

Si les Oakley Meta HSTN ne révolutionnent pas le secteur, elles offrent une alternative crédible pour ceux qui cherchent à filmer, écouter de la musique ou passer des appels sans sortir leur téléphone. Leur prix élevé et leurs limites techniques rappellent cependant qu’elles restent avant tout un gadget haut de gamme, plus qu’un outil indispensable.

Non. Elles sont certifiées IPX4, ce qui signifie qu’elles résistent à la transpiration et à une légère pluie, mais ne peuvent pas être rincées sous l’eau. Pour une étanchéité complète (IP67), il faut se tourner vers les Oakley Meta Vanguard.

Oui. Selon les spécifications techniques, elles sont compatibles avec des verres correcteurs dont la sphère est comprise entre -6.00 et +6.00.