Le géant du luxe LVMH, présidé par Bernard Arnault, marque un tournant dans sa stratégie historique d’expansion tous azimuts. Selon Courrier International, le groupe procède depuis près de deux ans à une série de cessions d’actifs, abandonnant progressivement son rôle d’acquéreur insatiable pour celui de vendeur. Cette inflexion intervient dans un contexte de ralentissement marqué des ventes sur le marché du luxe, touchant même les fleurons du groupe comme Louis Vuitton ou Dior.
Cette réorientation stratégique, inédite dans l’histoire du groupe fondé il y a quarante ans, intervient alors que LVMH détient un portefeuille de 75 « maisons » couvrant des secteurs aussi variés que la haute couture, le cognac, l’hôtellerie ou encore la presse. Selon Courrier International, le groupe s’est déjà séparé de plusieurs actifs ces dix-huit derniers mois, dont la marque de streetwear Off-White, créée par Virgil Abloh, ainsi que sa participation de 49 % dans la maison de mode Stella McCartney. En janvier 2026, LVMH a également cédé les magasins hors taxes de Hong Kong et Macao de sa filiale DFS, spécialisée dans le « travel retail », au groupe chinois CTG Duty Free.
Ce qu'il faut retenir
- LVMH change de cap stratégique : le groupe passe d’une politique d’acquisitions tous azimuts à une logique de cessions d’actifs, une première dans son histoire de quarante ans.
- Parmi les marques concernées par ces cessions figurent Marc Jacobs, Joseph Phelps Vineyards et une participation de 50 % dans Fenty Beauty, évaluée entre 1,5 et 2,5 milliards d’euros.
- Le groupe a déjà cédé Off-White, Stella McCartney (49 %) et les magasins DFS de Hong Kong et Macao à CTG Duty Free.
- Le ralentissement des ventes dans le luxe, notamment chez Louis Vuitton et Dior, pousse LVMH à réévaluer son portefeuille d’actifs.
- La cession du quotidien Le Parisien à Vincent Bolloré, évoquée un temps, a été provisoirement écartée pour des raisons politiques.
Un portefeuille en pleine réévaluation face au ralentissement du marché
Cette vague de cessions s’inscrit dans un contexte de ralentissement significatif des ventes dans le secteur du luxe, une tendance observée depuis près de trois ans. Selon des analystes cités par Courrier International, LVMH cherche désormais à identifier les actifs non performants ou ceux qui pèsent sur ses marges. « Il est clair que LVMH examine son portefeuille pour identifier les éléments non performants et ceux qui pèsent sur ses marges, car l’entreprise traverse une période de fortes pressions sur ses activités », explique un spécialiste du secteur sous couvert d’anonymat.
Parmi les marques dont le devenir est incertain figurent Marc Jacobs, dont les négociations de vente à Authentic Brands Group pour environ 1 milliard de dollars ont échoué en début d’année. Le groupe envisagerait également de se séparer de Joseph Phelps Vineyards, un producteur de vin californien, ainsi que de sa participation de 50 % dans Fenty Beauty, la marque de cosmétiques lancée par Rihanna et valorisée entre 1,5 et 2,5 milliards d’euros.
Des cessions ciblées dans les secteurs beauté et presse
Le portefeuille beauté de LVMH, l’un des plus diversifiés du marché, pourrait également être concerné par des cessions. Selon Courrier International, les marques jugées « vieillissantes », comme Make Up For Ever et Fresh, seraient en ligne de mire. Ces cessions reflètent une volonté de recentrage sur des actifs plus rentables ou alignés avec les tendances actuelles du marché.
Côté presse, la cession du quotidien Le Parisien à Vincent Bolloré, actionnaire historique du groupe, avait été évoquée à plusieurs reprises. Cependant, cette opération, susceptible d’être « politiquement problématique à l’approche d’une élection présidentielle tendue », a été provisoirement écartée par Bernard Arnault. Aucune date n’a été avancée pour une éventuelle reprise des discussions.
« C’est la première fois dans l’histoire de LVMH que la réduction de ses activités est préférée à l’expansion de son portefeuille. »
Un spécialiste du secteur cité par Courrier International
Un tournant historique pour le géant du luxe
Cette stratégie de cessions marque un revirement spectaculaire pour LVMH, qui s’est bâti depuis quatre décennies grâce à une politique d’acquisitions agressives. Depuis sa création, le groupe a accumulé un portefeuille de 75 marques, allant de la haute joaillerie avec Tiffany & Co à l’hôtellerie avec Cheval Blanc, en passant par les vins et spiritueux avec Moët & Chandon ou Hennessy.
Selon Courrier International, cette réorientation pourrait s’étendre à d’autres actifs, notamment dans le secteur de la beauté, où des marques comme Make Up For Ever ou Fresh pourraient être concernées. Cette décision intervient alors que le marché du luxe traverse une période de turbulences, avec des signes de ralentissement même chez les géants du secteur. « Le groupe traverse une période de fortes pressions sur ses activités », souligne un analyste interrogé par Courrier International.
La stratégie de LVMH pourrait également avoir des répercussions sur l’emploi et les filiales concernées par ces cessions. Les syndicats et les parties prenantes devraient être tenus informés dans les semaines à venir, alors que le groupe prépare probablement une communication plus détaillée lors de sa prochaine assemblée générale annuelle prévue en avril 2027.
Le groupe procède à ces cessions en raison d’un ralentissement marqué des ventes dans le secteur du luxe, qui pèse désormais sur les marges et la rentabilité de certaines marques. Selon des analystes cités par Courrier International, LVMH cherche à recentrer son portefeuille sur des actifs plus performants et à réduire la pression financière sur ses activités.
D’après les informations rapportées par Courrier International, les marques Make Up For Ever et Fresh, jugées « vieillissantes » dans le portefeuille beauté de LVMH, pourraient être les prochaines concernées. Aucune confirmation officielle n’a cependant été donnée par le groupe.