À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, le maire de Cannes David Lisnard, figure de la droite modérée, a dévoilé mardi un programme ambitieux pour réformer en profondeur le système de santé français. Selon Le Figaro - Politique, ce « plan d’action rapide » s’inspire directement des ordonnances de 1958, un cadre législatif historique ayant marqué la modernisation des institutions françaises.
Ce projet, présenté comme une réponse aux « ruptures » actuelles dans le domaine sanitaire, s’inscrit dans une volonté affichée de dépasser ce que le candidat qualifie d’« État-providence » dépassé. David Lisnard, ancien vice-président des Républicains (LR), a tenu à préciser sa position face à la concurrence des propositions venues de son camp politique : « Je ne me plains jamais du fait que les concepts que j’ai lancés soient repris. On sent bien la fin d’un cycle, que j’ai qualifié d’État-providence, et pour passer à autre chose, il faut bien de la radicalité. Mais ensuite, il faut se méfier d’une formule qui devient du prêt-à-penser. Certains disent qu’ils vont renverser la table, mais je pense qu’ils ne feront que casser la vaisselle. Et je ne suis même pas sûr qu’ils changent la nappe ! »
Ce qu'il faut retenir
- David Lisnard, candidat de la droite modérée à la présidentielle 2027, a dévoilé un « plan d’action rapide » pour réformer le système de santé français.
- Ce plan s’inspire des ordonnances de 1958, un cadre historique de modernisation institutionnelle.
- Lisnard propose une réorganisation structurelle et l’instauration d’une loi de programmation annuelle de la santé, sur le modèle des armées.
- Le candidat critique les propositions de « renversement de table » venues de son camp, qu’il juge parfois superficielles.
- Il insiste sur la nécessité d’une radicalité mesurée pour éviter de reproduire les erreurs du passé.
Un modèle inspiré de 1958 pour repenser la santé
Le « plan d’action rapide » présenté par David Lisnard repose sur deux piliers principaux. D’une part, une réorganisation en profondeur du système de santé, avec pour objectif une meilleure efficacité et une réduction des coûts. D’autre part, l’instauration d’une loi de programmation annuelle pour le secteur, calquée sur le modèle des lois de programmation militaire. Ce cadre permettrait, selon lui, d’assurer une vision stratégique à long terme et une allocation optimisée des ressources.
Cette approche n’est pas anodine. Les ordonnances de 1958, qui ont profondément transformé l’administration française, avaient justement pour but de moderniser l’État en le rendant plus réactif et mieux organisé. Lisnard mise sur ce parallèle pour justifier la nécessité d’une réforme en profondeur, alors que le système de santé français fait face à des défis majeurs : déserts médicaux, tensions sur les budgets hospitaliers, et une charge administrative croissante pour les professionnels.
Une concurrence des propositions radicales à droite
David Lisnard n’est pas le seul à promettre une refonte radicale du système de santé dans le cadre de la préparation de l’élection présidentielle. Bruno Retailleau, président des Républicains, a également multiplié les annonces sur le sujet, évoquant la nécessité de « renverser la table ». Cette compétition des idées au sein de la droite modérée reflète une volonté de se démarquer face à la montée en puissance du Rassemblement National (RN) et de La France Insoumise (LFI), dont les programmes sur la santé sont perçus comme plus radicaux.
Dans ce contexte, Lisnard se distingue en insistant sur la nécessité de ne pas confondre radicalité et superficialité. Pour lui, les propositions trop ambitieuses risquent de se heurter à la réalité des contraintes budgétaires et politiques. « Certains disent qu’ils vont renverser la table, mais je pense qu’ils ne feront que casser la vaisselle », a-t-il lancé, soulignant que les réformes structurelles nécessitent une approche pragmatique.
Un positionnement face aux critiques et aux autres candidats
Le maire de Cannes a également tenu à clarifier son positionnement face aux critiques venues de son propre camp. En déclarant qu’il ne « se plaint jamais » lorsque ses idées sont reprises, il adopte une posture de pionnier, tout en rappelant que les réformes doivent aller au-delà des slogans. Son discours s’adresse autant à l’électorat traditionnel de la droite qu’aux électeurs déçus par les politiques menées ces dernières années, qui pourraient être séduits par des propositions plus disruptives.
Pour Lisnard, la présidentielle de 2027 sera l’occasion de trancher entre deux visions : celle d’un État centralisé et protecteur, et celle d’un État recentré sur ses missions essentielles, avec une gestion plus rigoureuse des dépenses. Ce débat dépasse le cadre de la santé, mais c’est précisément sur ce terrain que les propositions les plus ambitieuses pourraient émerger.
Quoi qu’il en soit, le « plan d’action rapide » de Lisnard s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition de la droite française, qui cherche à se réinventer face aux défis de l’époque. Son succès dépendra en grande partie de sa capacité à convaincre que ses propositions vont au-delà des simples effets d’annonce.
Les ordonnances de 1958 ont marqué une refonte majeure de l’administration française, en clarifiant les rôles de l’État et en modernisant ses structures. David Lisnard propose d’appliquer ce même principe à la santé, avec une loi de programmation annuelle pour donner une vision stratégique et éviter les réformes à court terme. Autant dire que l’idée est de passer d’une gestion réactive à une gestion proactive, comme le modèle militaire le fait pour la défense.