Une manifestation a eu lieu aujourd’hui devant le siège de l’Organisation des Nations unies (ONU) à Genève, alors que l’Assemblée mondiale de la santé se réunissait. Selon Euronews FR, des militants ont déployé d’immenses effigies gonflables représentant le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, et l’entrepreneur américain Bill Gates, pour dénoncer les négociations en cours sur un futur traité sur les pandémies.

Ce qu'il faut retenir

  • Une manifestation organisée par le groupe CitizenGo s’est tenue à Genève le 20 mai 2026 devant le siège de l’ONU, où se déroulait l’Assemblée mondiale de la santé.
  • Les militants ont utilisé des ballons géants représentant Tedros Adhanom Ghebreyesus et Bill Gates pour critiquer le traité pandémique en discussion.
  • Le groupe CitizenGo estime que ce traité représente une menace pour la souveraineté nationale des États.
  • L’OMS a rappelé que le projet de texte ne prévoit pas de lui donner le pouvoir d’imposer des confinements, des obligations vaccinales ou des restrictions aux frontières.
  • Cette opposition illustre les tensions récurrentes autour de la confiance dans les politiques de santé publique.

Une mobilisation symbolique devant le siège de l’ONU

Le rassemblement, organisé par le collectif CitizenGo, s’est tenu dans la soirée du 20 mai 2026 sur la place située devant le siège genevois de l’ONU. L’Assemblée mondiale de la santé, instance décisionnelle de l’OMS, y tenait l’une de ses sessions. Les militants ont choisi de marquer les esprits en utilisant des ballons gonflables de plusieurs mètres de haut représentant Tedros Adhanom Ghebreyesus et Bill Gates, deux figures souvent associées aux politiques sanitaires mondiales ces dernières années. « Nous voulons montrer que ce traité est une attaque contre la souveraineté des nations », a expliqué un porte-parole du groupe à la presse locale.

Le traité pandémique au cœur des débats

Les négociations sur un traité international visant à mieux préparer et gérer les futures pandémies sont en cours depuis plusieurs mois. CitizenGo, qui fédère des militants conservateurs et opposés aux mesures sanitaires strictes, craint que ce texte ne donne à l’OMS un pouvoir disproportionné. Dans un communiqué, l’organisation a dénoncé « un risque de dérive autoritaire » et appelé les gouvernements à rejeter toute clause susceptible de limiter leur autonomie en matière de santé publique. De son côté, l’OMS a tenu à préciser, dans un document publié en amont de la réunion, que le projet de traité ne lui conférerait aucun pouvoir coercitif sur les États membres.

Dans un entretien accordé à Euronews FR, une responsable de l’OMS a rappelé que « le texte en discussion est un cadre de coopération volontaire, sans caractère contraignant ». Elle a ajouté que « les décisions en matière de santé publique resteront du ressort des gouvernements nationaux ». Pourtant, pour les détracteurs du traité, ces garanties ne suffisent pas à lever leurs craintes.

Un clivage récurrent autour de la santé publique

Ce différend s’inscrit dans une opposition plus large entre, d’une part, les partisans d’une gouvernance mondiale renforcée en matière de santé et, d’autre part, les défenseurs de la souveraineté des États. Les débats sur la gestion de la pandémie de Covid-19 ont laissé des traces, et les tensions persistent entre ceux qui estiment que les leçons du passé n’ont pas été tirées et ceux qui craignent une mainmise des institutions internationales sur les choix nationaux. « Le débat n’est plus seulement technique, il est devenu idéologique », a souligné un expert en droit international contacté par nos soins.

Et maintenant ?

Les négociations sur le traité pandémique devraient se poursuivre dans les prochains mois, avec l’objectif d’aboutir à un texte final d’ici la fin de l’année 2026. Une nouvelle session de travail est prévue en juillet à Genève, où les États membres de l’OMS devraient examiner les dernières versions du projet. La question de la souveraineté nationale, déjà au cœur des discussions, pourrait bien devenir le principal point de blocage. Rien n’indique, pour l’instant, que les positions des différents camps se soient rapprochées.

Quoi qu’il en soit, cette manifestation rappelle que le traité pandémique, malgré ses ambitions techniques, cristallise des enjeux politiques et sociétaux majeurs. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les États parviendront à concilier coopération internationale et respect de leurs prérogatives nationales.

Le traité vise à établir un cadre international pour mieux prévenir, détecter et répondre aux futures pandémies. Il prévoit notamment une coopération renforcée entre les États, le partage d’informations et de ressources, ainsi que des mécanismes de coordination en cas de crise sanitaire. Contrairement à ce que craignent certains, il ne donne pas à l’OMS le pouvoir d’imposer des mesures contraignantes aux États membres.