Un mois après la mystérieuse disparition de la croix d’Aneto, symbole historique des Pyrénées, un jeune étudiant de 18 ans a décidé de lui redonner vie en installant une nouvelle structure en bois sur le plus haut sommet de la chaîne montagneuse. Selon Le Figaro, Maël Le Lagadec, originaire de Montauban dans le Tarn-et-Garonne, a relevé ce défi sportif et symbolique le week-end du 8 mai, après plus de 14 heures d’ascension et un parcours de 1 900 mètres de dénivelé positif.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 8 mai 2026, Maël Le Lagadec, 18 ans, a hissé une croix en bois de 35 kg au sommet de l’Aneto, après une ascension de 14h40.
  • La croix originale, installée en 1951, avait disparu fin avril 2026 après avoir été sectionnée à sa base par des inconnus.
  • L’enquête ouverte par la Guardia Civil espagnole n’a pas permis de retrouver la structure métallique, probablement jetée dans un ravin.
  • Le jeune homme, non croyant, a sculpté sa croix en noyer noir en 16 à 20 heures de travail dans son garage.
  • Il a laissé un kit pour fixer définitivement la croix, mais craint qu’elle ne subisse le même sort que la précédente.
  • L’évêque de Montauban a annoncé recevoir le jeune alpiniste pour échanger avec lui sur son initiative.

Un symbole historique disparu dans des circonstances troubles

La croix d’Aneto, installée en 1951 par des citoyens français et espagnols, avait traversé les décennies avant de disparaître fin avril 2026. Selon Le Figaro, elle avait été restaurée en 2025 après avoir été fragilisée par les conditions météorologiques extrêmes, avant d’être sectionnée à sa base par des inconnus. Une enquête de la Guardia Civil a été ouverte, mais les conditions météo actuelles rendent toute recherche difficile, si bien que la structure métallique, haute d’environ trois mètres et pesant plus de 100 kg, demeure introuvable.

Les circonstances de ce vandalisme restent floues. Si certains y voient une action anticatholique, rien ne permet de l’affirmer à ce stade. La disparition de ce symbole, souvent associé à la protection des alpinistes, a suscité une vive émotion dans la région, où les croix de sommets sont des repères à la fois spirituels et culturels.

Maël Le Lagadec relève le défi avec une croix en bois sculptée dans son garage

Sans être croyant, Maël Le Lagadec, apprenti paysagiste de 18 ans, a décidé d’agir. Dès avril 2026, après avoir appris la disparition de la croix, il s’est lancé dans la fabrication d’une nouvelle structure. À partir d’un tronc de noyer noir, il a sculpté, découpé et lasuré une croix de 35 kg, qu’il a ensuite transportée sur son dos jusqu’au sommet de l’Aneto, dans la province de Huesca en Espagne. Accompagné de son ami Julien, il a mis 14h40 pour gravir les 1 900 mètres de dénivelé, un parcours exigeant dans des conditions météo capricieuses.

« Je ne suis pas chrétien mais je voulais mettre en avant un symbole montagnard, il y en a sur plein de sommets et c’est magnifique », a-t-il expliqué au Sud Ouest. Son initiative, qu’il a documentée en vidéo pour ses 4 600 abonnés Instagram, illustre une volonté de perpétuer une tradition tout en marquant son engagement personnel pour la montagne.

Une aventure sportive et symbolique qui interroge

L’ascension, retransmise en direct sur les réseaux sociaux, a révélé les difficultés rencontrées par le jeune homme. En raison de la météo, il n’a pas pu fixer la croix comme prévu et a laissé sur place un kit complet pour terminer le travail ultérieurement. Une prudence qui en dit long sur les défis posés par l’altitude et les éléments.

Interrogé sur Europe 1, Maël Le Lagadec s’est dit conscient de la fragilité de son geste : « Je me doute que si quelqu’un a vraiment l’intention de l’enlever, je ne vais pas pouvoir l’empêcher de là où je suis. On ne comprend pas vraiment pourquoi on arrache des symboles. Les catholiques sont persécutés. C’est triste à voir. » Il a également évoqué la possibilité d’une dimension anticatholique, bien que rien ne le confirme à ce jour.

Et maintenant ?

L’enquête de la Guardia Civil devrait se poursuivre, mais les chances de retrouver la croix originale restent faibles en raison des conditions météo et de l’accès difficile au ravin où elle aurait été jetée. Quant à la nouvelle croix en bois, son avenir dépendra des conditions climatiques et de la volonté des autorités locales de la fixer définitivement. Dans l’attente, Maël Le Lagadec espère que son initiative inspirera d’autres montagnards à préserver ces symboles, tout en restant conscient des risques de vandalisme.

La réaction des autorités religieuses

L’évêque du diocèse de Montauban, dont dépend Maël Le Lagadec, a fait savoir qu’il recevrait prochainement le jeune alpiniste pour échanger avec lui sur son initiative. Cette rencontre pourrait permettre d’aborder la question plus large de la protection des symboles religieux dans les espaces publics, notamment en montagne. Elle pourrait également offrir l’occasion de discuter des motivations derrière de tels actes de vandalisme, qu’elles soient idéologiques, religieuses ou simplement malveillantes.

Alors que la croix en bois trône désormais sur l’Aneto, une question persiste : pour combien de temps ? L’histoire récente montre que même les symboles les plus ancrés dans l’imaginaire collectif peuvent disparaître en un instant. Reste à savoir si cette nouvelle tentative parviendra à traverser le temps.

« Je ne suis pas chrétien mais je voulais mettre en avant un symbole montagnard, il y en a sur plein de sommets et c’est magnifique. »
— Maël Le Lagadec, apprenti paysagiste de 18 ans, au Sud Ouest.

La croix en aluminium, installée en 1951, a été sectionnée à sa base par des inconnus fin avril 2026. L’enquête ouverte par la Guardia Civil espagnole n’a pas permis d’identifier les auteurs ni de retrouver la structure, probablement jetée dans un ravin proche en raison des conditions météo défavorables.

Non, Maël Le Lagadec n’est pas croyant. Dans ses déclarations, il a expliqué avoir agi par attachement au symbole montagnard et à la tradition des croix de sommets, et non pour des raisons religieuses.