À quelques heures de la journée mondiale des donneurs de sang, prévue ce dimanche 14 juin, l'Établissement français du sang (EFS) tire la sonnette d'alarme. Selon Franceinfo - Santé, le pays accuse un retard de 20 000 dons par rapport aux besoins habituels, une situation préoccupante alors que les stocks doivent être reconstitués avant l'été.

Ce qu'il faut retenir

  • Un retard de 20 000 dons est constaté en France, selon l'EFS
  • 10 000 dons par jour sont nécessaires pour assurer la sécurité transfusionnelle des patients
  • Les fortes chaleurs et les ponts du mois de mai ont perturbé les collectes de sang
  • Les produits sanguins ont une durée de vie limitée : 42 jours pour les globules rouges, 3 ans pour le plasma
  • Seulement 3,5 % des Français en âge de donner participent chaque année à un don

L'EFS a besoin de 10 000 dons quotidiens pour couvrir les besoins transfusionnels de 1 million de patients par an. Or, les chiffres actuels sont en dessous de ce seuil, avec un déficit de 20 000 dons enregistré à la date du 12 juin. « Nous sommes à peu près à 20 000 dons en retard », a déclaré Chrystelle Cordon, responsable prélèvements du Finistère pour l'EFS, à Franceinfo - Santé.

Plusieurs facteurs expliquent cette baisse d'activité. Les fortes chaleurs de mai ont réduit la fréquentation des centres de collecte, tandis que les nombreux ponts du mois ont entraîné l'annulation de nombreuses sessions. Ces perturbations surviennent à un moment critique, alors que les besoins en produits sanguins restent constants tout au long de l'année. Comme le rappelle l'EFS, « qu'il s'agisse d'accidents de la route, d'hémorragies lors d'accouchements ou du traitement de maladies graves comme les cancers, les patients ont besoin de produits sanguins chaque jour ».

La durée de conservation limitée des produits sanguins aggrave encore la situation. Les globules rouges se conservent 42 jours, contre 3 ans pour le plasma. Une fois cette période écoulée, les dons deviennent inutilisables. Pour l'EFS, cette contrainte impose une vigilance constante afin d'éviter les ruptures de stock. « Il est essentiel de maintenir un flux régulier de dons pour répondre aux besoins immédiats », souligne l'établissement dans son rapport.

Des besoins permanents, une participation insuffisante

Selon le dernier rapport d'activité de l'EFS pour l'année 2025, seuls 3,5 % des Français en âge de donner participent chaque année à un don de sang. Une proportion jugée insuffisante au regard des besoins nationaux. Par ailleurs, la réglementation encadre strictement les intervalles entre les dons : huit semaines pour un don de sang total, quatre semaines pour les plaquettes, et deux semaines pour le plasma. Ces délais visent à préserver la santé des donneurs tout en garantissant un approvisionnement régulier.

Face à ce constat, l'EFS en appelle à la mobilisation citoyenne. L'organisation compte sur cette journée mondiale des donneurs, dimanche 14 juin, pour sensibiliser la population et encourager de nouvelles inscriptions. « C'est l'occasion de convaincre un ami, un collègue ou un membre de votre famille qui n'a jamais donné », insiste l'établissement. Les centres de collecte organisent des sessions exceptionnelles pour l'occasion, avec l'objectif d'inciter un maximum de personnes à franchir le pas.

Des appels répétés, mais des résultats encore limités

L'appel aux dons n'est pas nouveau. Depuis plusieurs années, l'EFS multiplie les campagnes de sensibilisation, en ciblant notamment les jeunes et les populations peu représentées parmi les donneurs. Pourtant, les chiffres peinent à progresser significativement. « Le défi reste de taille », reconnaît Chrystelle Cordon. « Chaque don compte, et même une légère augmentation pourrait faire la différence en période de tension ».

Les prochains mois s'annoncent critiques, avec l'arrivée de l'été et ses contraintes logistiques. Les vacances scolaires et les déplacements professionnels pourraient encore réduire la disponibilité des bénévoles et des équipes médicales dans les centres de collecte. Pour l'EFS, l'enjeu est double : non seulement il faut maintenir les stocks actuels, mais aussi anticiper les besoins accrus liés aux accidents et aux interventions chirurgicales estivales.

Et maintenant ?

D'ici la fin du mois de juin, l'EFS pourrait publier un bilan actualisé de la situation transfusionnelle en France. Une réunion exceptionnelle est prévue avec les acteurs locaux des régions les plus touchées par le manque de dons, afin d'ajuster les collectes en fonction des besoins. Par ailleurs, l'établissement devrait renforcer ses campagnes de communication dans les médias et sur les réseaux sociaux pour toucher de nouveaux publics. Enfin, la période post-estivale sera cruciale : les stocks devront être reconstitués avant la rentrée, sous peine de voir les tensions persister.

La journée mondiale des donneurs de sang, dimanche 14 juin, pourrait-elle inverser la tendance ? Trop tôt pour le dire. Une chose est sûre : sans une mobilisation massive dans les prochains jours, les risques de pénurie ne pourront être écartés.