Paris, le 7 juillet 2026 – Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise (LFI), a réagi ce mardi aux attaques formulées par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, notamment sur les retraites et l’antisémitisme. Dans un entretien accordé à BFM - Politique, il a réaffirmé que « la haine n’a jamais fait partie de notre vocabulaire », tout en appelant à éviter les critiques « qui masquent la vacuité des propositions de ses adversaires ».
Ce qu'il faut retenir
- Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a répondu aux attaques d’Édouard Philippe sur les retraites, l’antisémitisme et la gestion de la canicule.
- Il a souligné que LFI rejette toute forme de haine, affirmant que ce principe guide son action politique.
- Bompard a confirmé le soutien de son parti à une motion de censure déposée par les Écologistes sur la gestion de la canicule par le gouvernement.
- La question des 10 000 morts de la canicule de 2003 est au cœur du débat, les Écologistes accusant le pouvoir en place de négligence.
- Jean-François Copé, maire LR de Meaux, a récemment établi un parallèle entre le Rassemblement national et LFI, une comparaison vivement contestée par Bompard.
Retraites et polémique politique : Bompard contre-attaque
Manuel Bompard a pris la parole ce matin pour dénoncer les propos tenus par Édouard Philippe, qui avait pointé du doigt la « vacuité » des propositions de LFI en matière de retraite. « La retraite à 67 ans, ce n’est pas juste », a-t-il rétorqué, rappelant que son parti défend un système solidaire et protecteur pour les travailleurs. Selon Bompard, les attaques d’Édouard Philippe relèvent davantage d’une stratégie visant à détourner l’attention des véritables enjeux économiques et sociaux.
« La haine n’a jamais fait partie de notre vocabulaire », a-t-il martelé, en réponse aux accusations d’antisémitisme qui visent régulièrement LFI. Bompard a rappelé que son mouvement a toujours condamné sans ambiguïté toutes les formes de discrimination, y compris l’antisémitisme, et que les polémiques autour de ce sujet sont souvent instrumentalisées à des fins politiques.
La canicule et la motion de censure des Écologistes : un dossier explosif
Autre point de friction : la motion de censure déposée par les Écologistes sur la gestion de la canicule par le gouvernement. Manuel Bompard a confirmé que LFI votera cette motion, estimant que « les 10 000 morts de la canicule de 2003 doivent servir de leçon ». D’après lui, les pouvoirs publics n’ont pas tiré les enseignements nécessaires pour éviter une répétition de cette tragédie, notamment en termes de prévention et d’adaptation des infrastructures.
Cette position s’inscrit dans un contexte où les associations de victimes et les écologistes dénoncent un manque de moyens alloués à la lutte contre les effets du réchauffement climatique. Les débats portent aussi sur la responsabilité des collectivités locales, certaines villes ayant mis en place des plans canicule plus ambitieux que d’autres.
LFI dans le paysage politique : entre alliances et critiques
La gestion des villes dirigées par LFI, comme Roubaix ou Saint-Fons, est également au cœur des discussions. David Guiraud, maire LFI de Roubaix, a été invité à plusieurs reprises dans les médias ces dernières semaines pour expliquer sa politique sociale et environnementale. Ses interventions ont mis en lumière les initiatives locales, comme la gratuité des transports ou la rénovation des logements insalubres, mais ont aussi suscité des critiques de la part de l’opposition.
Jean-François Copé, maire LR de Meaux, a récemment déclaré : « Je mets un signe égal entre le Rassemblement national et LFI ». Une affirmation que Manuel Bompard a qualifiée de « simpliste et dangereuse », rappelant que son parti se revendique de la gauche républicaine et laïque, à des années-lumière de l’extrême droite. Bompard a souligné que ces amalgames visent à discréditer LFI en la associant systématiquement à des mouvements qu’elle combat.
Un débat qui dépasse les clivages traditionnels
Le coordinateur de LFI a également abordé la question des péages gratuits et de la sixième semaine de congés payés, deux mesures phares portées par son parti. Selon lui, ces propositions s’inscrivent dans une logique de justice sociale et de redistribution des richesses. « Ce n’est pas du populisme, c’est du bon sens », a-t-il affirmé, en réponse aux critiques qui qualifient ces idées de démagogiques.
Bompard a rappelé que LFI reste déterminée à peser dans le débat public, malgré les pressions et les attaques. « Nous ne céderons pas à la facilité des polémiques stériles », a-t-il conclu, en appelant à un débat apaisé mais ferme sur les enjeux qui structurent la société française.
Quant aux déclarations d’Édouard Philippe, elles devraient alimenter les échanges au sein de la majorité présidentielle, où certains commencent à s’interroger sur la stratégie à adopter face à une opposition toujours plus offensive. Bref, le climat politique reste tendu, et les prochains mois pourraient bien être marqués par des affrontements idéologiques encore plus vifs.
Manuel Bompard a expliqué que LFI considère que le gouvernement n’a pas tiré les leçons des 10 000 morts de la canicule de 2003. Selon lui, les mesures de prévention et d’adaptation restent insuffisantes face au réchauffement climatique, d’où son soutien à cette motion déposée par les Écologistes.