Dans l’émission « Avec Judith » diffusée chaque semaine sur France 2, l’invitée Judith Grimaldi a reçu ce vendredi 20 juin 2026 Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste et actuel magistrat à la cour d’appel de Versailles. Il a livré un diagnostic sans concession de la justice française, évoquant un système « sous tension », confronté à des défis majeurs tels que la protection de l’enfance, la montée de la violence chez les mineurs, ou encore l’indépendance de la magistrature. Selon France 24, Marc Trévidic a également pointé du doigt le manque chronique de moyens alloués à la justice, ainsi que l’hésitation des choix de société à assumer pleinement.

Ce qu'il faut retenir

  • Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste et magistrat à la cour d’appel de Versailles, s’exprime ce 20 juin 2026 dans l’émission « Avec Judith » sur France 2.
  • Il dénonce un système judiciaire sous tension, notamment face à la protection de l’enfance et à la violence chez les mineurs.
  • Le magistrat souligne un manque de moyens structurel et des choix de société non assumés par les pouvoirs publics.
  • L’indépendance de la justice et la lutte contre le terrorisme figurent parmi les enjeux majeurs évoqués.

Un système judiciaire en première ligne face aux mutations sociétales

Marc Trévidic, figure médiatique de la magistrature française, n’a pas mâché ses mots lors de son passage dans l’émission « Avec Judith ». Il a décrit une justice française en difficulté, tiraillée entre des missions toujours plus larges et des moyens humains et financiers insuffisants. « On demande à la justice de tout faire, mais on ne lui donne pas les outils pour y parvenir », a-t-il expliqué, rappelant que les effectifs des tribunaux et des services sociaux peinent à suivre l’évolution des besoins. Selon lui, cette situation s’aggrave avec l’émergence de nouvelles formes de délinquance, notamment chez les mineurs, où la violence prend des proportions inédites.

Le magistrat a également évoqué la protection de l’enfance, un dossier qu’il qualifie de « priorité absolue mais constamment reléguée au second plan ». Les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et les juges des enfants sont, selon lui, submergés par la hausse des signalements, sans que les réponses institutionnelles ne suivent. « Les dossiers s’accumulent, les délais s’allongent, et c’est toujours l’enfant qui paie le prix de ces dysfonctionnements », a-t-il précisé.

L’indépendance de la justice, un principe menacé ?

Outre les moyens, Marc Trévidic a abordé la question de l’indépendance de la justice, un pilier du système républicain souvent mis à l’épreuve. « Quand on parle d’indépendance, on pense d’abord à l’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique, mais il y a aussi une pression sociale croissante », a-t-il souligné. Selon lui, les magistrats subissent une double contrainte : d’un côté, des attentes fortes de la part de l’opinion publique, de l’autre, des critiques récurrentes sur leur impartialité. Il a cité en exemple les débats récents autour des peines planchers ou de la remise en cause des réductions de peine, des sujets qui, selon lui, illustrent une société en quête de fermeté sans toujours en mesurer les conséquences juridiques.

Le magistrat a également rappelé que la lutte contre le terrorisme, un domaine où il a exercé pendant des années, reste un défi permanent pour la justice. « Les procédures antiterroristes demandent des compétences spécifiques et une réactivité que tous les tribunaux ne peuvent pas garantir », a-t-il indiqué, soulignant que la spécialisation des juges et des parquets spécialisés est indispensable, mais insuffisante sans un renforcement global du système.

Et maintenant ?

Marc Trévidic a appelé à une réforme ambitieuse de la justice, avec des moyens humains et matériels à la hauteur des enjeux. « Il ne s’agit pas seulement de recruter plus de magistrats, mais aussi de repenser l’organisation des tribunaux et la chaîne pénale dans son ensemble », a-t-il déclaré. Côté pouvoir politique, aucune annonce concrète n’a encore été faite, mais la publication de ce diagnostic pourrait relancer le débat sur le projet de loi de programmation pour la justice 2027-2032, dont l’examen est attendu à l’automne. Reste à voir si les promesses de moyens supplémentaires se concrétiseront.

Pour Marc Trévidic, le temps des constats est désormais révolu. « On sait ce qui ne va pas, maintenant, il faut agir », a-t-il conclu, invitant les pouvoirs publics à assumer des choix politiques clairs plutôt que de se contenter de mesures ponctuelles. Son intervention, diffusée ce 20 juin 2026, intervient alors que le gouvernement prépare son projet de loi de finances pour 2027, un texte où le budget de la justice pourrait devenir un sujet de tension.

Marc Trévidic a évoqué trois axes principaux : le manque chronique de moyens (effectifs insuffisants dans les tribunaux et les services sociaux), l’absence de choix de société assumés (notamment sur la protection de l’enfance et la lutte contre la délinquance juvénile), et la pression sur l’indépendance des magistrats, tiraillés entre attentes sociales et critiques politiques.