Les investisseurs respirent enfin. Selon BFM Business, l’indice phare américain S&P 500 a mis 11 jours seulement à retrouver son niveau d’avant l’escalade militaire entre l’Iran et Israël en avril 2025. Un rebond aussi rapide surprend les analystes, habitués à des cycles de reprise bien plus longs après des chocs géopolitiques majeurs.
Ce retour à la normale intervient alors que les marchés mondiaux restent sous tension depuis près de deux ans, entre tensions commerciales et incertitudes sur la politique monétaire américaine. Pour les fonds d’investissement et les épargnants exposés aux actions américaines, cette résilience du S&P 500 pourrait bien marquer un tournant. Autant dire que, côté portefeuilles, on respire.
Ce qu'il faut retenir
- 11 jours : le temps record nécessaire au S&P 500 pour retrouver son niveau d’avant la guerre en Iran, selon BFM Business.
- Un rebond plus rapide que lors des précédents chocs géopolitiques, où les marchés mettaient généralement plusieurs semaines à se rétablir.
- Ce retournement intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés, entre politiques monétaires restrictives et instabilité géopolitique.
- Les investisseurs surveillent désormais de près l’évolution des obligations d’entreprises émergentes, dont les rendements restent sous haute surveillance.
- Sur le marché français, Euronext a vu ses actions progresser, portées par des résultats trimestriels supérieurs aux attentes.
Un rebond historique pour le S&P 500
Le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises cotées aux États-Unis, a connu un rebond spectaculaire après le déclenchement des hostilités en Iran. Les marchés, initialement secoués par les craintes d’un conflit prolongé, ont rapidement retrouvé leur confiance. « Les investisseurs ont semble-t-il considéré que l’impact économique de cette crise serait limité et temporaire », a expliqué un analyste de BFM Business.
Ce retour à la normale est d’autant plus remarquable qu’il contraste avec les réactions observées lors des précédentes crises géopolitiques. En 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le S&P 500 avait mis près de 30 jours à se rétablir. La différence s’explique en partie par la rapidité avec laquelle les tensions se sont apaisées en Iran, ainsi que par la résilience des grandes entreprises américaines.
Les marchés européens suivent, mais avec prudence
Côté européen, la reprise reste plus mesurée. Si Euronext, la plateforme boursière paneuropéenne, a vu ses actions progresser de 2,39 % mardi, cette hausse s’inscrit dans un mouvement plus large de rattrapage des valeurs technologiques. Gwendal Daubresse-Chasle, analyste chez Culture Bourse, a souligné : « Les investisseurs restent prudents, mais certains secteurs, comme la tech, bénéficient d’un regain d’intérêt ».
Les marchés actions français, comme le CAC 40, suivent cette dynamique, mais avec une volatilité persistante. Les analystes de Kepler Cheuvreux ont identifié plusieurs « pépites » à surveiller pour la suite de l’année, notamment dans les secteurs de l’énergie et des nouvelles technologies. Cependant, comme le rappelle John Plassard dans son enquête pour USA Today, « l’intelligence artificielle ne crée pas automatiquement des emplois », un rappel utile dans un contexte où les craintes de délocalisations technologiques persistent.
Obligations émergentes : un pari toujours risqué
Si les actions redonnent des signes de vitalité, les obligations d’entreprises émergentes restent un sujet de préoccupation. Selon BFM Business, les rendements de ces obligations restent élevés, reflétant les risques accrus liés à la dette des pays en développement. « Investir dans ces actifs reste un pari risqué, surtout dans un contexte de hausse des taux d’intérêt », a précisé Julien Flot dans son analyse pour BFM Business.
Les seuils techniques, comme les moyennes mobiles à 200 jours, continuent de jouer un rôle clé pour les traders. BFM Business a identifié plusieurs niveaux à surveiller sur les principales valeurs européennes et américaines, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la finance. Ces indicateurs techniques aident les investisseurs à anticiper les mouvements de marché, mais leur fiabilité reste sujette à caution en période de forte volatilité.
En attendant, les marchés semblent avoir tourné la page de la guerre en Iran. Reste à savoir si cette résilience sera durable, ou si elle n’est qu’un simple feu de paille.
Plusieurs facteurs expliquent ce rebond. D’abord, la rapidité avec laquelle les tensions se sont apaisées en Iran a rassuré les marchés. Ensuite, les grandes entreprises américaines, qui composent le S&P 500, bénéficient d’une résilience structurelle. Enfin, les investisseurs ont probablement anticipé que l’impact économique de ce conflit serait limité, contrairement à d’autres crises géopolitiques passées.
Les obligations d’entreprises émergentes restent un investissement à haut risque. Leurs rendements élevés reflètent les incertitudes liées à la dette des pays en développement, ainsi que la hausse des taux d’intérêt. Selon Julien Flot, « investir dans ces actifs n’est pas forcément positif », et les investisseurs doivent être prêts à assumer une forte volatilité.