Alors que la tension entre les États-Unis et l’Iran reste à un niveau élevé, le président américain Donald Trump a laissé entendre, ce mercredi 20 mai 2026, que Washington pourrait renoncer à une frappe militaire prévue initialement la veille. D’après RFI, le locataire de la Maison-Blanche a évoqué la possibilité d’un accord avec Téhéran, à condition que ce dernier exclue définitivement la perspective d’une arme nucléaire. Une déclaration qui intervient dans un contexte où l’Iran, malgré deux attaques américaines en moins d’un an, continue de développer son programme nucléaire, alimentant les spéculations sur ses ambitions réelles.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump a évoqué la possibilité d’un accord avec l’Iran excluant toute acquisition de l’arme nucléaire, ce mercredi 20 mai 2026.
- Les États-Unis avaient planifié une frappe militaire contre l’Iran pour le mardi 19 mai 2026, avant d’y renoncer selon le président américain.
- Téhéran poursuit son programme nucléaire malgré deux frappes américaines récentes, relançant les interrogations sur ses capacités réelles.
- L’Iran dispose encore de réserves d’uranium enrichi, un élément clé pour la fabrication d’une bombe atomique.
Un programme nucléaire sous surveillance internationale
Le programme nucléaire iranien, lancé dans les années 1950 avec l’aide des États-Unis, a connu plusieurs rebondissements. D’abord freiné après la révolution islamique de 1979, il a repris de l’ampleur dans les années 2000, malgré les sanctions imposées par l’ONU. Selon l’AIEA, l’agence onusienne chargée de vérifier le respect du traité de non-prolifération nucléaire, l’Iran a accumulé ces dernières années des stocks d’uranium enrichi à différents niveaux, certains proches de ceux nécessaires à la fabrication d’une arme. « Nous n’avons jamais eu autant de matière fissile sous contrôle en Iran », a déclaré un haut responsable de l’AIEA sous couvert d’anonymat.
Les frappes américaines de 2025 et 2026 : un tournant dans l’escalade ?
En moins d’un an, les États-Unis ont mené deux opérations militaires ciblées contre des sites liés au programme nucléaire iranien. La première, en août 2025, visait un complexe d’enrichissement à Natanz, tandis que la seconde, en mars 2026, frappait une usine de production de centrifugeuses à Ispahan. Ces attaques, justifiées par Washington comme une réponse à l’escalade des provocations iraniennes, ont temporairement ralenti les activités nucléaires de Téhéran. Pourtant, selon des rapports d’experts indépendants, l’Iran aurait réussi à relancer partiellement ses activités, notamment en dispersant ses installations.
Un accord est-il possible ? Les conditions posées par Trump
Dans une allocution retransmise à la télévision nationale, Donald Trump a déclaré : « Un accord avec l’Iran est envisageable, mais il doit garantir une inspection totale et permanente de ses sites nucléaires ». Le président américain a ajouté que toute négociation exclurait explicitement la possibilité pour Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Une position qui s’inscrit dans la continuité de la politique de « pression maximale » menée depuis 2018, date à laquelle les États-Unis ont quitté l’accord de Vienne de 2015, jugé trop laxiste par l’administration Trump. Pourtant, plusieurs analystes soulignent que les exigences américaines pourraient s’avérer difficiles à satisfaire pour un régime iranien affaibli mais toujours déterminé à préserver son autonomie stratégique.
L’uranium enrichi : l’enjeu central des négociations
L’un des points de friction majeurs reste le stock d’uranium enrichi détenu par l’Iran. D’après les dernières estimations de l’AIEA, Téhéran possède aujourd’hui environ 5 000 kg d’uranium enrichi à 20 %, un seuil proche des 90 % nécessaires à la fabrication d’une bombe. Si l’Iran affirme que cet enrichissement sert exclusivement à des fins civiles, comme la production d’électricité ou de médicaments, les inspecteurs internationaux restent sceptiques. « Sans transparence totale, il est impossible d’écarter le risque d’une diversion vers un usage militaire », a rappelé un diplomate européen sous anonymat.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : le programme nucléaire iranien, vieux de plusieurs décennies, ne sera pas résolu en quelques jours. Entre ambitions régionales, enjeux géopolitiques et méfiance historique, le dossier reste l’un des plus explosifs de la scène internationale.
Le « yellow cake » (littéralement « gâteau jaune ») désigne un concentré d’uranium, obtenu après extraction et broyage du minerai. Ce produit, qui contient environ 70 à 80 % d’uranium, est une étape intermédiaire avant l’enrichissement nécessaire à la fabrication de combustible nucléaire ou, dans le cas d’un enrichissement poussé, à celle d’une arme atomique.