Selon Franceinfo - Culture, la chanteuse Marie Sarah, considérée comme l’une des révélations soul de la scène française, présente son premier album intitulé « On My Way », disponible depuis le 13 mars 2026. À 34 ans, cette artiste au timbre profond et singulier s’impose comme une figure montante d’un genre musical où l’âme prime sur la technique.
Marie Sarah, dont la voix a été saluée par des artistes comme Seal qui la qualifie d’« incroyable chanteuse de soul » et de « performeuse adorée du public », puise son inspiration dans un héritage musical afro-américain – des Supremes à Aretha Franklin, en passant par Ray Charles. Son parcours, marqué par un déclic tardif, raconte l’histoire d’une passion refoulée avant de s’épanouir pleinement. Invité de Franceinfo ce 14 avril 2026, elle revient sur les étapes clés de cette métamorphose et sur le sens de cet album, qu’elle décrit comme un « écrin » taillé sur mesure pour ses mélodies.
Ce qu'il faut retenir
- Un premier album, « On My Way », sorti le 13 mars 2026.
- Marie Sarah est perçue comme l’une des révélations soul de la scène française.
- Son parcours a été marqué par un déclic professionnel à 34 ans, après des années passées comme cuisinière.
- L’artiste cite des influences majeures : Diana Ross, Aretha Franklin, Ray Charles, et le film Dreamgirls.
- Son père, chanteur lui aussi, a initialement découragé sa carrière musicale, par crainte de l’instabilité du métier.
- L’album mêle des chansons narratives, comme « Sweety Margot », et des titres plus personnels.
Une enfance bercée par la musique, mais un parcours loin des projecteurs
Marie Sarah grandit dans un foyer où la musique occupe une place centrale. Son père, chanteur, et sa mère, danseuse, lui transmettent très tôt une passion pour les mélodies et les chorégraphies. « Dès qu’il y avait un clip à la télévision, on se levait pour reproduire la chorégraphie », raconte-t-elle. C’est cependant le film Dreamgirls, avec Diana Ross, qui marque un tournant. « Toute l’histoire afro-américaine, que ce soit la musique ou l’histoire, m’a passionnée. Les années 60, la Motown, Aretha Franklin… Tout cela m’a tout de suite parlé », explique-t-elle à Franceinfo.
Pourtant, son destin professionnel prend une autre voie. Pendant des années, elle exerce le métier de cuisinière, chantonnant en cuisine sans envisager une carrière artistique. « Je ne me disais pas du tout que chanter était un métier envisageable », confie-t-elle. Son père, qui vit les aléas d’une carrière musicale, tente de l’en dissuader, craignant pour elle les contraintes du métier : « Il disait que c’était un univers où l’on est souvent seul, entre deux avions. » C’est seulement après la sortie de son premier EP que Marie Sarah ose en parler à sa famille, déclenchant un « déblocage » chez son père, qui découvre alors sa passion.
Le déclic : du piano de la cuisine au piano de la scène
Le tournant survient lorsqu’un chef lui reproche de « casser les oreilles à tout le monde » en chantant en cuisine. « Ça m’a brisé le cœur », avoue-t-elle. Elle quitte alors son emploi et part voyager en Amérique latine et en Asie pendant plusieurs mois. De retour en France à la veille du premier confinement, elle se questionne : « Il faut que tu changes ta vie, c’est maintenant. » Elle se plonge alors dans des projets créatifs – dessin, écriture – avant de découvrir la formation en comédie musicale aux Cours Florent. « J’étais à ma place. La musique, c’était ce qui me parlait le plus. »
Ce parcours atypique, marqué par des hésitations et des remises en question, illustre une quête de liberté artistique. Marie Sarah résume cette évolution avec une formule simple : « Ça me libère de chanter. » Une phrase qui résume à elle seule l’essence de son engagement musical. Seal, qui a collaboré avec elle, va plus loin en qualifiant sa voix de « performeuse » dont le public raffole, soulignant ainsi son charisme scénique.
« On My Way » : un album entre rêve et réalité
Avec « On My Way », Marie Sarah signe un disque où chaque chanson semble « taillée sur mesure ». Certaines pistes, comme « Sweety Margot », s’inscrivent dans un univers narratif onirique. Elle y raconte l’histoire d’une mystérieuse jeune femme, « belle, dotée d’une voix incroyable et d’une danse envoûtante », dont personne ne sait si elle existe vraiment. « Tout le monde en parle, mais personne ne l’a jamais vue », précise-t-elle. Un clin d’œil aux légendes urbaines et aux mythes musicaux, où la rumeur prend le pas sur la réalité.
L’album explore ainsi des thèmes universels : la quête d’identité, la liberté, et cette libération que la musique lui apporte. « Quand je chante, je me sens libre », confie-t-elle. Cette dimension intime et authentique traverse l’ensemble des titres, où l’artiste puise dans ses expériences personnelles pour façonner un univers à la fois introspectif et évocateur. Les arrangements, mêlant soul, jazz et touches contemporaines, reflètent cette diversité stylistique qui caractérise son écriture.
Dans un paysage musical français où les nouveaux talents soul se font rares, Marie Sarah incarne une relève prometteuse. Son parcours, à la fois chaotique et inspirant, rappelle que les vocations tardives peuvent donner naissance à des destins artistiques remarquables. Son premier album, « On My Way », pose les bases d’une carrière que beaucoup suivront avec attention.
Parmi les titres marquants de l’album, « Sweety Margot » se distingue par son univers narratif et son atmosphère envoûtante, inspiré des légendes urbaines et de l’âge d’or de la soul.
