Un tribunal de Nouakchott a condamné, le 4 mai 2026, deux députées mauritaniennes à quatre ans de prison ferme, selon RFI. Ghamou Achour et Mariem Cheikh Dieng ont été reconnues coupables d’avoir diffusé des contenus jugés portant « atteinte aux symboles nationaux » et à la « cohésion sociale », ainsi que de « diffamation », de « menaces » et d’« incitation à la violence ». Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues au sein de l’Assemblée nationale mauritanienne.
Ce qu'il faut retenir
- Le 4 mai 2026, un tribunal de Nouakchott a condamné deux députées à 4 ans de prison.
- Les accusées, Ghamou Achour et Mariem Cheikh Dieng, ont été reconnues coupables de cinq chefs d’accusation distincts.
- La décision s’inscrit dans un climat de tensions politiques à l’Assemblée nationale mauritanienne.
Une condamnation aux motifs multiples
Le tribunal de Nouakchott a retenu cinq chefs d’accusation contre les deux élues. Outre la diffusion de contenus jugés subversifs, elles ont été accusées de « diffamation » et de « menaces », tandis que les procureurs ont également évoqué leur rôle dans la « cohésion sociale » du pays. Selon les éléments du dossier, les contenus incriminés auraient été diffusés sur des plateformes en ligne, bien que les détails précis des publications n’aient pas été rendus publics par les autorités judiciaires.
Les deux députées, connues pour leurs positions abolitionnistes, étaient déjà sous le feu des projecteurs pour leurs prises de position sur des sujets sociétaux sensibles. Leur condamnation survient après des mois de débats houleux à l’Assemblée, où leurs interventions avaient régulièrement suscité des tensions avec leurs collègues.
Un climat politique sous haute tension
Cette condamnation intervient dans un contexte où les relations entre les différents groupes politiques à l’Assemblée nationale sont particulièrement tendues. Les débats sur les réformes sociétales, notamment celles liées aux droits des femmes et à la liberté d’expression, divisent profondément les députés. Plusieurs observateurs politiques locaux ont souligné que cette décision judiciaire pourrait encore alimenter les divisions au sein de l’institution.
Selon des sources internes à l’Assemblée, les tensions avaient atteint un pic lors des dernières sessions, avec des échanges verbaux parfois vifs entre les partisans des deux camps. Certains députés ont dénoncé une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, tandis que d’autres ont salué une décision nécessaire pour préserver la stabilité du pays.
Les réactions des défenseurs des droits humains
Des organisations de défense des droits humains ont réagi avec fermeté à cette condamnation. Amnesty International a exprimé sa « profonde préoccupation » face à cette décision, estimant qu’elle pourrait servir de prétexte pour museler l’opposition politique. « Cette condamnation est un nouveau recul pour les droits humains en Mauritanie », a déclaré un porte-parole de l’ONG dans un communiqué diffusé le 5 mai 2026.
De son côté, le Collectif des femmes mauritaniennes pour les droits a appelé à la libération immédiate des deux députées, dénonçant une décision « disproportionnée et politique ». Ces associations craignent que cette affaire ne marque le début d’une nouvelle vague de répression contre les voix dissidentes dans le pays.
« Cette condamnation est un signal inquiétant pour tous ceux qui défendent la liberté d’expression en Mauritanie. »
— Porte-parole du Collectif des femmes mauritaniennes pour les droits
Cette décision judiciaire laisse plusieurs questions en suspens : dans quelle mesure cette condamnation influencera-t-elle le paysage politique mauritanien ? Les appels des associations de défense des droits humains seront-ils entendus, ou cette affaire marquera-t-elle un tournant vers une restriction accrue des libertés ? Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour l’avenir de la liberté d’expression dans le pays.