Une vidéo montrant un coach de MMA de Villeurbanne donner des coups de pied à de jeunes élèves a suscité une vague d’indignation depuis sa diffusion fin avril sur les réseaux sociaux. Selon RMC Sport, l’association Mouv’Enfants a lancé une pétition en ligne pour dénoncer les méthodes de Yom Yidikes, entraîneur non affilié à la Fédération française de MMA et suivi par plus de 300 000 abonnés sur Instagram.

Ce qu'il faut retenir

  • Une vidéo virale montre Yom Yidikes, coach de MMA à Villeurbanne, frappant des jeunes élèves avec des coups de pied dans le torse
  • L’association Mouv’Enfants dénonce des méthodes « brutales » et lance une pétition réclamant une enquête et la suspension de l’entraîneur
  • Plus de 8 200 signatures ont été recueillies depuis le lancement de la pétition, adressée aux ministres de l’Enfance et des Sports
  • Yom Yidikes nie toute violence et menace de poursuites pour diffamation
  • Le coach, déjà connu pour des polémiques similaires, avait notamment projeté un streamer lors d’un événement caritatif en 2025

Une vidéo choquante et des méthodes dénoncées

Les images, filmées dans la salle de Villeurbanne de Yom Yidikes, montrent l’entraîneur infliger des coups de pied violents dans le torse de jeunes élèves. « On voit qu'il y avait quand même des enfants qui souffrent, qui ont peur », a déclaré Arnaud Gallais, président de l’association Mouv’Enfants, à Franceinfo. Les parents présents lors de la séance semblent approuver ces méthodes, ce qui a renforcé l’indignation de l’association.

Selon RMC Sport, Yom Yidikes prône un apprentissage « à la dure » et cumule une audience importante sur les réseaux sociaux. La pétition, intitulée « Une apologie à la violence sur mineurs », a été lancée pour alerter les autorités et obtenir la suspension immédiate de cet entraîneur, non encadré par une fédération reconnue.

Les arguments des défenseurs de l’enfant

Dans le texte de la pétition, les auteurs rappellent que « ce que l’on observe dans ces vidéos dépasse le cadre d’une pratique sportive exigeante ». Ils soulignent que « un enfant n’est pas un adulte en formation accélérée » et qu’il « n’a pas à être exposé à des chocs physiques pour apprendre ». Les signataires s’interrogent : « Jusqu’où sommes-nous prêts à tolérer la violence lorsqu’elle est présentée comme un outil d’apprentissage ? »

Le document insiste sur l’ascendant total de l’adulte sur l’enfant dans ce contexte, rappelant que « la capacité de consentement de l’enfant à cette pratique sportive est inexistante ou totalement biaisée par l’aval des parents ». La pétition a été envoyée aux ministres Sarah El Haïry (Enfance et Familles) et Marina Ferrari (Sports et Jeunesse), afin d’obtenir une réaction officielle.

« Un enfant doit être protégé, y compris et surtout dans les espaces qui prétendent le faire grandir. » — Extrait de la pétition lancée par Mouv’Enfants

La réponse du coach et ses antécédents

Yom Yidikes a réagi à la polémique dans une vidéo diffusée sur Instagram. « À bon entendeur, il n'y a aucune violence dans ma salle. On va jouer aussi, je vais vous attaquer pour diffamation », a-t-il déclaré. Ce coach, habitué aux polémiques, s’était déjà fait remarquer en 2025 pour avoir infligé des coups de pneus dans les abdominaux d’adolescents lors d’un entraînement.

Un an plus tôt, lors de l’événement caritatif « Stream for Humanity », il avait également envoyé au sol le streamer Inoxtag avec un coup de pied brutal. Ces précédents alimentent les critiques sur ses méthodes, jugées incompatibles avec une approche éducative et respectueuse des jeunes sportifs.

Le point de vue des professionnels du sport

Baba Diagne, coach de pieds-poings et de boxe anglaise, a critiqué ses méthodes lors d’une intervention sur RMC. « Libre à chacun d’éduquer ses enfants et de les mettre dans les clubs qu’ils veulent, mais ce n’est pas la pédagogie qu’on souhaite au niveau du coaching national », a-t-il expliqué. Il a rappelé que les sports de combat visent avant tout des valeurs mentales et morales, et non la reproduction de violences physiques.

Cette affaire relance le débat sur les méthodes d’entraînement autorisées auprès des mineurs, ainsi que sur le rôle des parents dans le choix des encadrants sportifs. Certains professionnels du secteur appellent à un encadrement plus strict des entraîneurs indépendants, non affiliés à des fédérations.

Et maintenant ?

La pétition, toujours en ligne, pourrait atteindre un seuil symbolique dans les prochains jours, ce qui pourrait accélérer une réponse des autorités. Les ministres destinataires du document pourraient demander un rapport à l’inspection générale de la Jeunesse et des Sports, tandis que la Fédération française de MMA, bien que non impliquée directement, pourrait être invitée à se prononcer sur l’éthique de ses membres. Une enquête administrative pourrait également être ouverte pour vérifier les conditions d’encadrement des mineurs dans cette salle. Reste à voir si ces démarches aboutiront à des sanctions concrètes contre Yom Yidikes.

Le cadre légal et les recours possibles

En France, l’article 222-13 du Code pénal punit les violences volontaires sur mineur de moins de 15 ans. Si les images confirment des actes de violence avérés, l’entraîneur pourrait faire l’objet de poursuites pénales. Par ailleurs, la loi du 10 juillet 2020 visant à protéger les mineurs des violences éducatives ordinaires renforce les obligations de signalement pour les encadrants sportifs.

L’association Mouv’Enfants a annoncé qu’elle transmettrait les preuves à la cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, chargée d’évaluer les risques pour les enfants. Une action en justice pour mise en danger de mineur pourrait également être envisagée si les faits sont avérés.

Non, selon RMC Sport, Yom Yidikes n’est pas affilié à la Fédération française de MMA. Il exerce en tant qu’indépendant, ce qui limite les contrôles sur ses méthodes d’entraînement.

La pétition, adressée aux ministres de l’Enfance et des Sports, devrait être étudiée dans les prochaines semaines. Si le nombre de signatures atteint un seuil significatif, une réponse officielle pourrait être donnée. Par ailleurs, l’association Mouv’Enfants a annoncé qu’elle transmettrait les preuves aux autorités compétentes.