Depuis plus de trente ans, le programme Media de l’Union européenne joue un rôle central dans le soutien à la création cinématographique européenne. Pourtant, la Commission européenne envisage un nouveau modèle, baptisé AgoraEU, qui pourrait fragiliser cette dynamique. Plus de 3 500 professionnels du cinéma – réalisateurs, producteurs, distributeurs – ont tiré la sonnette d’alarme, comme le rapporte Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Le programme Media, créé il y a plus de trois décennies, est un pilier du financement du cinéma européen.
- La Commission européenne propose un nouveau modèle, AgoraEU, jugé dangereux pour la création indépendante.
- Plus de 3 500 professionnels du secteur s’opposent à ce changement, selon Libération.
- Les signataires craignent une centralisation excessive des financements au détriment des projets innovants.
- Les discussions sur AgoraEU pourraient aboutir d’ici la fin de l’année 2026.
Un programme historique au cœur des enjeux actuels
Lancé en 1991, le programme Media a permis à des milliers de films européens de voir le jour. Il finance non seulement des longs-métrages, mais aussi des courts-métrages, des documentaires et des œuvres expérimentales. Sans ce soutien, de nombreuses productions n’auraient jamais vu le jour, faute de financements suffisants. Pourtant, comme le souligne Libération, la Commission européenne envisage de remplacer ce dispositif par un nouveau modèle, AgoraEU, qui modifierait profondément les règles du jeu.
AgoraEU : un risque de centralisation des financements
Le projet AgoraEU, actuellement en discussion au sein des institutions européennes, repose sur une logique de centralisation accrue. Les professionnels du secteur redoutent que cette réforme ne favorise les grands groupes au détriment des petites structures indépendantes. « AgoraEU menace la diversité culturelle européenne », a déclaré un collectif de réalisateurs, cité par Libération. Selon eux, le nouveau système pourrait exclure les projets les plus audacieux, ceux qui bousculent les codes traditionnels.
Une mobilisation sans précédent du secteur
Plus de 3 500 signatures ont été recueillies en quelques semaines, reflétant l’inquiétude générale. Parmi les signataires figurent des noms reconnus du cinéma européen, comme Isabelle Huppert, Pedro Almodóvar ou encore Susanne Bier. Leur pétition, relayée par Libération, met en garde contre une « bureaucratisation excessive » des financements, qui étoufferait la créativité. « Nous ne voulons pas d’un cinéma à deux vitesses, où seuls les films les plus commerciaux survivraient », a expliqué un producteur sous couvert d’anonymat.
Reste à voir si leurs arguments seront entendus. Une chose est sûre : le cinéma européen ne peut se permettre de sacrifier son indépendance sur l’autel de la réforme administrative.
AgoraEU prévoit une centralisation accrue des financements, avec une gestion plus directe par les institutions européennes, contrairement à Media qui délègue une partie des décisions aux États membres et aux professionnels du secteur.
Les projets innovants ou expérimentaux, souvent portés par de petites structures, pourraient être marginalisés au profit de productions plus commerciales et grand public.