Les médicaments destinés à réduire la tension artérielle figurent parmi les plus prescrits chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Pourtant, comme le rapporte Top Santé, ces traitements présentent un effet secondaire méconnu : ils augmentent significativement le risque de déshydratation. Une mise en garde formulée par le Dr. Jimmy Mohamed, médecin et chroniqueur santé, qui alerte sur les dangers de cette association souvent sous-estimée.

Ce qu'il faut retenir

  • Les antihypertenseurs, très répandus chez les plus de 65 ans, favorisent la déshydratation selon le Dr. Jimmy Mohamed.
  • Ce risque est particulièrement marqué chez les patients sous diurétiques ou inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC).
  • La déshydratation peut entraîner des complications graves, notamment chez les personnes âgées.
  • Une surveillance accrue de la consommation hydrique est recommandée pour ces patients.
  • Le Dr. Jimmy Mohamed insiste sur l’importance d’un suivi médical régulier.

Des traitements courants, mais pas anodins

Parmi les médicaments les plus prescrits aux seniors, les antihypertenseurs occupent une place centrale. Selon les données de l’Assurance maladie, près de 40 % des plus de 65 ans prennent au moins un traitement pour contrôler leur tension artérielle. Or, comme le souligne le Dr. Jimmy Mohamed, « ces médicaments, bien que vitaux pour éviter les complications cardiovasculaires, exposent à un risque accru de déshydratation ». Un effet secondaire qui s’explique par leur mode d’action : certains, comme les diurétiques, augmentent l’élimination d’eau et de sels minéraux, tandis que d’autres, comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), peuvent perturber l’équilibre hydrique de l’organisme.

Un danger sous-estimé chez les seniors

Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à la déshydratation en raison de plusieurs facteurs. Avec l’âge, la sensation de soif s’atténue, et la capacité des reins à concentrer l’urine diminue. « Quand on ajoute à cela l’effet des antihypertenseurs, le risque devient significatif », explique le médecin. Les symptômes, souvent banalisés – fatigue, étourdissements, baisse de tension –, peuvent rapidement s’aggraver et conduire à des hospitalisations. Selon une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), les seniors déshydratés représentent près de 10 % des admissions aux urgences en période estivale, un chiffre qui pourrait être lié en partie à la prise de ces médicaments.

Des gestes simples pour limiter les risques

Face à ce constat, le Dr. Jimmy Mohamed recommande une approche préventive. « Il ne s’agit pas d’arrêter son traitement, mais de l’adapter et de surveiller son hydratation », précise-t-il. Quelques règles de base peuvent faire la différence : boire régulièrement, même sans soif, éviter les périodes de forte chaleur, et consulter son médecin en cas de symptômes persistants. « Un patient sous antihypertenseurs devrait idéalement boire entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour, en répartissant sa consommation sur la journée », ajoute-t-il. Côté alimentation, les aliments riches en eau (fruits, légumes) et en électrolytes (bananes, noix) sont à privilégier. Pour les patients sous diurétiques, un suivi biologique régulier – incluant le dosage du sodium et du potassium – est souvent prescrit par les médecins.

« Il ne faut pas diaboliser ces médicaments, qui sauvent des vies, mais en connaître les effets secondaires pour mieux les gérer. » — Dr. Jimmy Mohamed

Et maintenant ?

Alors que la population française vieillit – les projections de l’INSEE estiment que près d’un tiers des habitants auront plus de 60 ans d’ici 2030 –, la question de la gestion des traitements antihypertenseurs chez les seniors devrait gagner en visibilité. Les autorités sanitaires pourraient renforcer les campagnes de sensibilisation, notamment en période de canicule. Par ailleurs, les médecins généralistes pourraient être incités à systématiser les bilans hydriques lors des consultations de suivi. Une chose est sûre : l’enjeu n’est pas seulement médical, mais aussi organisationnel, dans un système de santé déjà sous tension.

Une question reste en suspens : les patients et les professionnels de santé sont-ils suffisamment informés de ce risque ? Dans l’attente de mesures concrètes, le Dr. Jimmy Mohamed rappelle que « la prévention passe avant tout par l’information ».

Les premiers signes incluent une sécheresse buccale persistante, une urine foncée ou en faible quantité, une fatigue inhabituelle, des étourdissements au lever, ou une confusion mentale. En cas de doute, il est conseillé de consulter rapidement un médecin.