Face à une fièvre persistante ou une migraine tenace, certains n’hésitent pas à utiliser un médicament périmé, faute d’alternative dans l’armoire à pharmacie. Mais que dit l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et les autorités sanitaires sur la prise de paracétamol ou d’ibuprofène dont la date de péremption est dépassée ? Top Santé rappelle les risques encourus et les recommandations à suivre dans ce type de situation.

Ce qu'il faut retenir

  • Les médicaments périmés peuvent perdre en efficacité, notamment pour le paracétamol et l’ibuprofène.
  • Leur utilisation expose à des risques d’effets indésirables, bien que rares, liés à une dégradation possible de leurs principes actifs.
  • L’ANSM déconseille formellement leur consommation au-delà de la date indiquée sur l’emballage.
  • En cas de doute, il est préférable de se tourner vers une pharmacie de garde ou un professionnel de santé.

Une perte d’efficacité avérée, mais des risques limités

Selon Top Santé, les médicaments périmés, et en particulier les antidouleurs comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène, voient leur efficacité diminuer avec le temps. « Leur principe actif peut se dégrader, ce qui réduit leur capacité à agir sur les symptômes », explique un pharmacien cité par le média. Cependant, les risques pour la santé restent généralement limités, sauf en cas de dégradation avancée du produit.

L’ANSM souligne que ces médicaments ne deviennent pas toxiques du jour au lendemain une fois la date de péremption dépassée. « Le danger principal reste une perte d’efficacité, ce qui peut conduire à une automédication prolongée et à un retard de prise en charge d’une pathologie sous-jacente », précise l’agence dans ses recommandations.

Des effets indésirables possibles, mais rares

Dans de très rares cas, la dégradation des principes actifs peut générer des composés nocifs, notamment pour l’ibuprofène. « Certains médicaments, en vieillissant, peuvent libérer des substances irritantes pour l’estomac ou les voies respiratoires », indique un expert en pharmacologie interrogé par Top Santé. Ces effets restent cependant exceptionnels et concernent surtout des produits stockés dans de mauvaises conditions (chaleur, humidité).

Pour le paracétamol, le risque est davantage lié à une inefficacité prolongée. « Prendre un paracétamol périmé peut donner l’illusion d’un soulagement, alors que le produit ne joue plus son rôle. Cela peut retarder une consultation médicale nécessaire », rappelle un médecin généraliste.

Que faire en cas de médicaments périmés ?

L’ANSM insiste sur l’importance de respecter la date de péremption indiquée sur la boîte. « Même si le médicament semble intact, sa composition peut avoir évolué », insiste l’agence. Pour les médicaments non utilisés, il est recommandé de les rapporter en pharmacie pour une destruction appropriée. Top Santé rappelle que les pharmacies sont tenues de récupérer les médicaments non utilisés ou périmés, conformément à la réglementation en vigueur.

En cas de symptômes persistants, la meilleure solution reste de consulter un professionnel de santé. « Plutôt que de prendre un risque avec un médicament dont l’efficacité n’est pas garantie, il est préférable de se rendre chez un médecin ou de contacter un service comme le 15 ou le 112 pour un conseil médical », conseille un urgentiste.

Et maintenant ?

L’ANSM continue de surveiller les signalements liés à l’automédication et à l’utilisation de médicaments périmés. Une campagne d’information sur les bonnes pratiques de conservation des médicaments pourrait être lancée d’ici la fin de l’année 2026, afin de sensibiliser le grand public. En attendant, les autorités sanitaires recommandent de toujours vérifier la date de péremption avant toute prise et de privilégier l’achat de petites quantités pour limiter les gaspillages.

Reste à voir si ces recommandations seront suivies d’effets, alors que les Français sont de plus en plus nombreux à recourir à l’automédication pour des maux bénins.

Non. Même si le médicament semble intact, sa composition chimique peut s’être dégradée avec le temps, réduisant son efficacité ou, dans de rares cas, générant des substances nocives. L’ANSM déconseille formellement cette pratique et recommande de toujours respecter la date de péremption indiquée sur l’emballage.