Un suspect de 23 ans a reconnu, lors de son audition en garde à vue, avoir tué Chloé, une collégienne de 14 ans dans l'Aisne, mais il affirme ne pas avoir eu « l'intention homicide », a indiqué jeudi 7 mai le parquet de Soissons. Selon Franceinfo – Faits divers, l'homme a également déclaré avoir entretenu une « relation amoureuse » avec la jeune fille, récemment terminée. Plusieurs jeunes filles vivant dans la même zone rapportent aujourd'hui avoir reçu des menaces en ligne de la part du même individu, dont certaines remontent à l'année dernière. Ces messages, d'une violence extrême, ont poussé l'une d'entre elles à déposer plainte jeudi.
Ce qu'il faut retenir
- Un suspect de 23 ans a reconnu avoir tué Chloé, 14 ans, dans l'Aisne, tout en niant l'intention de la tuer, selon le parquet de Soissons.
- Il affirme avoir eu une relation amoureuse avec la victime, récemment terminée.
- Plusieurs jeunes filles déclarent avoir reçu des menaces en ligne de sa part, certaines datant de l'année dernière.
- Une adolescente a porté plainte jeudi après avoir reçu des messages d'une violence inouïe.
- Les messages vocaux, enregistrés et conservés, contiennent des propos particulièrement menaçants et humiliants.
Des menaces enregistrées et d'une violence inouïe
Parmi les destinataires de ces messages se trouve Emma, une amie proche de la victime. Elle a conservé les enregistrements vocaux envoyés via Snapchat par le suspect, des propos d'une rare brutalité. « Frère, t'as 16 ans, et après tu vas faire la pute à Paris quand je vais t'y emmener », peut-on entendre dans l'un des messages. D'autres formulations, tout aussi glaçantes, ont été relevées : « On va aller dans les caves de Paris, Malakoff, 14e arrondissement, tu vas faire la pute là-bas, mes potes vont te casser le cul, salope. » Enfin, le jeune homme menace directement Emma : « Si t'as envie de mourir plus vite que prévu, mercredi, tu viens à Soissons, et je m'occupe de ton cas. »
Une relation sous emprise et des tentatives de quitter le suspect
Emma décrit une relation toxique entre Chloé et le suspect. « On était en appel à ce moment-là, et il a commencé à me dire qu'il m'appréciait plus qu'en amitié, qu'il voulait remplacer Chloé avec moi », explique-t-elle. Elle précise qu'elle a refusé ces avances, ce qui a déclenché une vague de menaces. « Il n'a pas accepté, donc il a commencé à faire toutes ces menaces. » Chloé, elle, venait de mettre fin à cette relation après des mois de pression. « Ça faisait je ne sais pas combien de temps qu'elle essayait de le quitter, elle avait enfin réussi. Elle était heureuse sans lui, et puis il l'a pourrie », témoigne Emma auprès de Franceinfo – Faits divers.
La différence d'âge entre les deux jeunes — 23 ans pour lui et 14 ans pour elle — et le contexte de leur relation ont également pesé dans la décision de Chloé de se séparer. Malgré cela, elle n'osait pas en parler ouvertement par crainte des représailles, un silence partagé par Emma avant qu'elle ne se confie à sa famille.
Un profil de prédateur et plusieurs victimes potentielles
Selon Emma, le suspect ne se contentait pas de Chloé. « Je sais qu'il cherchait juste à avoir des rapports avec plusieurs personnes, juste pour trouver quelqu'un d'autre », confie-t-elle. Après le refus d'Emma, il aurait multiplié les approches auprès d'autres jeunes filles, certaines de son âge, d'autres plus jeunes encore. « Il ciblait toujours des jeunes filles. Il avait 22 ans, elle était mineure, mais elle l'aimait donc elle voulait rester avec. Je pense qu'elle n'aurait jamais dû se mettre avec lui. »
Emma n'est pas la seule à avoir subi ces intimidations. D'autres adolescentes du secteur confirment avoir reçu des messages similaires. L'une d'elles, accompagnée de sa mère, s'est rendue en gendarmerie jeudi pour porter plainte. Ces témoignages dessinent le portrait d'un individu qui, après une séparation, n'aurait pas supporté le rejet et aurait basculé dans la violence.
Les aveux du suspect et les suites judiciaires
Lors de son audition, le suspect a reconnu avoir tué Chloé à l'arme blanche. Il maintient cependant n'avoir jamais eu l'intention de la tuer, une affirmation qui interroge les enquêteurs. Le parquet de Soissons n'a pas précisé si d'autres chefs d'accusation pourraient être retenus contre lui, notamment en raison des menaces proférées à l'encontre d'autres jeunes filles. L'enquête se poursuit pour établir l'intégralité des circonstances du drame.
En attendant, l'affaire a jeté un trouble profond dans le quotidien des collégiens et de leurs familles dans l'Aisne. La peur de croiser le suspect ou de subir des représailles a poussé plusieurs adolescents à limiter leurs déplacements, certains refusant même de sortir seuls. Les parents, de leur côté, multiplient les discussions avec leurs enfants pour les sensibiliser aux risques des relations en ligne et aux comportements à adopter en cas de menace.
Le contexte et les réactions locales
Le meurtre de Chloé a suscité une vive émotion dans l'Aisne, où les collégiens et leurs parents expriment désormais une angoisse palpable. « J'ai peur d'être toute seule dehors », confie une élève de 13 ans au micro de Franceinfo – Faits divers. Les établissements scolaires ont renforcé leur vigilance, avec la présence accrue d'agents de sécurité et des cellules psychologiques mobilisées pour accompagner les adolescents. Les autorités locales appellent au calme tout en rappelant l'importance de signaler toute information pouvant aider à éclaircir l'affaire.
Côté judiciaire, le procureur de la République de Soissons a rappelé que l'instruction suivrait son cours avec rigueur, sans précipitation. « Chaque élément sera examiné avec la plus grande attention », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la vérité devait émerger, quels qu'en soient les enseignements. Une conférence de presse pourrait être organisée en début de semaine prochaine pour faire un point d'étape sur l'avancée des investigations.
Selon les éléments recueillis par Franceinfo – Faits divers, le suspect a déclaré lors de son audition avoir eu une relation avec la victime et avoir commis l'acte sous le coup d'une émotion intense, sans préméditation. Les enquêteurs tentent désormais de déterminer si cette version correspond à la réalité ou si elle relève d'une stratégie de défense. L'expertise psychologique du mis en cause devrait apporter des éléments complémentaires dans les prochains jours.