Chaque année, des millions de personnes à travers le monde souffrent de migraines chroniques, un trouble invalidant qui perturbe leur quotidien. Selon RFI, une diététicienne nutritionniste basée à Dakar, au Sénégal, vient de rappeler le lien étroit entre l’alimentation et l’apparition de ces crises douloureuses. Binetou Cheikh Seck, du Cabinet diététique Nutridéal, souligne que certains aliments peuvent aggraver les symptômes, tandis que d’autres pourraient, à l’inverse, aider à les prévenir.

Ce qu'il faut retenir

  • Les migraines chroniques touchent une part significative de la population mondiale, avec des répercussions majeures sur la qualité de vie.
  • Certains aliments, comme les produits laitiers ou les charcuteries, sont souvent pointés du doigt pour leur rôle dans le déclenchement des crises.
  • D’autres, tels que les légumes verts ou les noix, pourraient contribuer à réduire la fréquence des migraines.
  • Les migraines chroniques nécessitent une prise en charge globale, où l’alimentation occupe une place centrale selon les experts.

Comme le rapporte RFI, Binetou Cheikh Seck, experte en nutrition au Sénégal, insiste sur l’importance d’adapter son régime alimentaire pour mieux gérer les crises de migraines. « L’alimentation n’est pas la cause unique des migraines, mais elle peut en être un facteur aggravant ou, au contraire, un levier de prévention », a-t-elle expliqué. Selon elle, les migraines chroniques, qui touchent environ **1 personne sur 7** dans le monde, peuvent être influencées par des choix alimentaires quotidiens. Une approche personnalisée, basée sur des études scientifiques, permettrait d’identifier les aliments à éviter ou à privilégier.

Les aliments à limiter pour réduire les risques de migraines

Parmi les produits souvent associés à un risque accru de migraines, certains se distinguent par leur teneur en substances comme la tyramine, l’histamine ou les nitrates. C’est le cas, par exemple, des fromages affinés, des charcuteries ou encore des aliments fermentés. « Ces produits peuvent provoquer une vasodilatation, un mécanisme connu pour déclencher des crises chez les personnes prédisposées », a précisé la nutritionniste. D’autres aliments, comme le chocolat ou les agrumes, sont également fréquemment cités comme des déclencheurs potentiels, bien que leur impact varie selon les individus. Les boissons contenant de la caféine ou de l’alcool, notamment le vin rouge, font aussi partie des substances souvent pointées du doigt.

Binetou Cheikh Seck recommande une approche progressive : « Il ne s’agit pas d’éliminer systématiquement tous ces aliments, mais de les consommer avec modération et d’observer leur impact sur ses propres symptômes ». Pour les personnes souffrant de migraines chroniques, tenir un journal alimentaire peut s’avérer utile pour identifier les aliments problématiques. Une étude publiée dans le Journal of Headache and Pain en 2024 avait déjà mis en évidence un lien entre la consommation excessive de nitrates et une augmentation des crises chez certains patients.

Les aliments qui pourraient soulager les migraines

À l’inverse, certains nutriments pourraient jouer un rôle protecteur contre les migraines. Les légumes verts, riches en magnésium, sont souvent recommandés pour leur effet relaxant sur les vaisseaux sanguins. « Le magnésium participe à la régulation des neurotransmetteurs, dont le rôle est crucial dans la survenue des migraines », a indiqué Binetou Cheikh Seck. Les noix et les graines, sources d’oméga-3, sont également citées pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Côté boissons, l’eau reste la meilleure alliée : une déshydratation même légère peut aggraver les symptômes chez certaines personnes.

Les poissons gras, comme le saumon ou les sardines, sont souvent mis en avant pour leur teneur en oméga-3, des acides gras essentiels qui pourraient réduire l’inflammation et, par ricochet, la fréquence des crises. Les céréales complètes, riches en fibres, contribuent quant à elles à stabiliser la glycémie, un facteur parfois impliqué dans le déclenchement des migraines. Enfin, les aliments riches en vitamine B2, comme les œufs ou les épinards, sont également recommandés pour leur rôle dans le métabolisme énergétique.

Et maintenant ?

Alors que les recherches sur le lien entre alimentation et migraines se poursuivent, les experts appellent à une prise en charge individualisée. Pour les patients, cela signifie consulter un professionnel de santé pour adapter leur régime alimentaire en fonction de leurs besoins spécifiques. À l’horizon 2027, plusieurs études cliniques devraient apporter de nouvelles données sur l’efficacité des régimes anti-migraineux. En attendant, les nutritionnistes comme Binetou Cheikh Seck continuent d’accompagner leurs patients dans cette démarche, en combinant conseils alimentaires et suivi médical.

Reste à voir si les recommandations actuelles, basées sur des observations empiriques et des études limitées, seront confirmées par des travaux plus vastes. Une chose est sûre : l’alimentation ne guérit pas les migraines, mais elle peut, dans certains cas, en atténuer l’intensité ou la fréquence.

Non, selon Binetou Cheikh Seck. Il s’agit plutôt d’identifier les aliments problématiques pour son propre cas et d’adapter son alimentation en conséquence, sans nécessairement éliminer des catégories entières d’aliments.