Les astronautes Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et Jeremy Hansen, membres de la mission Artemis II, ont marqué l’histoire spatiale en réalisant un survol de la Lune avant de s’engager sur la voie du retour vers la Terre, mardi 7 avril 2026, comme le rapporte Franceinfo - Sciences. Leur retour est prévu pour le samedi 10 avril 2026, après plus d’une semaine de voyage autour de l’astre lunaire.
Ce qu'il faut retenir
- Les astronautes ont baptisé deux cratères lunaires : l’un en hommage à Carroll Taylor Wiseman, épouse décédée du commandant Reid Wiseman, et l’autre du nom de leur vaisseau, Integrity.
- Une coupure de communication de quarante minutes a eu lieu lorsque la capsule Orion est passée derrière la Lune, masquant les signaux radio.
- L’équipage a capturé des images inédites de la face cachée de la Lune, jusqu’ici jamais illuminée lors des missions Apollo.
- Victor Glover, premier astronaute noir à participer à une mission lunaire, a observé un « double cratère en forme de bonhomme de neige » à travers un hublot.
- Un pot de Nutella a flotté en apesanteur pendant près de quatre minutes avant d’être rattrapé par l’astronaute Glover.
Un hommage personnel à bord de la capsule Orion
Parmi les moments les plus marquants de cette mission, l’équipage a demandé à l’Union astronomique internationale de valider le renommage de deux cratères lunaires. Le premier, « Carroll », rend hommage à Carroll Taylor Wiseman, décédée d’un cancer en 2020, épouse du commandant Reid Wiseman. Ce geste a profondément ému l’astronaute, père de deux filles, selon les images diffusées par la NASA. « On ne quitte pas la Terre, nous explorerons et construirons, mais nous choisirons toujours notre planète », a-t-il déclaré après cette annonce, soulignant l’importance de ce symbole.
Le second cratère, « Integrity », porte le nom du vaisseau Orion, choisi par l’équipage pour incarner les valeurs de cette mission. Ces dénominations, une fois officialisées, s’ajouteront aux quelque 9 000 noms de formations lunaires déjà répertoriés, a précisé un porte-parole de la NASA à Houston (Texas).
Une coupure radio de quarante minutes attendue mais spectaculaire
Alors que la capsule se trouvait à 6 545 kilomètres de la surface lunaire, les communications avec la Terre ont été interrompues pendant quarante minutes, un phénomène prévu lors du passage derrière la Lune. « On vous retrouve de l’autre côté », avait lancé Jenni Gibbons, responsable des communications à Houston, avant la rupture de contact. Le silence radio s’est achevé sans encombre, et c’est Christina Koch qui a pris la parole depuis Orion pour résumer l’expérience : « En allumant les moteurs vers la Lune, j’ai dit que nous ne quittions pas la Terre, et c’est vrai. Nous explorerons, nous construirons des vaisseaux. Nous reviendrons. Nous construirons des bases scientifiques. Nous serons sources d’inspiration, mais nous choisirons toujours la Terre. »
Cette séquence, diffusée en direct, a illustré les défis techniques des missions lunaires, où la mécanique céleste impose ses contraintes. Les astronautes ont ainsi profité de cette parenthèse pour analyser l’environnement spatial sans interférence terrestre.
Des paysages lunaires inédits et une éclipse solaire capturée
Collés aux hublots pendant près de sept heures, les astronautes ont pu observer la Lune depuis une altitude de 6 500 kilomètres, une perspective bien plus élevée que celle des missions Apollo, qui évoluaient à environ 100 kilomètres d’altitude. Cette distance leur a permis de découvrir des régions de la face cachée de la Lune, jamais éclairées lors des missions précédentes. « On voit un très beau double cratère. On dirait un bonhomme de neige », a décrit Victor Glover, premier astronaute noir à survoler la Lune. Jenni Gibbons a confirmé que certaines zones « n’étaient jamais apparues illuminées lors des missions Apollo », offrant ainsi une vue inédite sur des reliefs méconnus.
L’équipage a également assisté à un lever et coucher de Terre, ainsi qu’à une éclipse solaire, moment où la capsule s’est retrouvée alignée entre la Terre et le Soleil. « Le vaisseau Orion se trouvait dans l’ombre de la Lune, ce qui a permis aux astronautes d’analyser la couronne solaire », a expliqué la NASA dans un communiqué. Ces observations s’inscrivent dans les objectifs scientifiques de la mission, visant à préparer les futurs alunissages habités prévus dès 2027 avec Artemis III.
Un pot de Nutella flottant en apesanteur, symbole d’un quotidien spatial
Parmi les images les plus surprenantes de la mission, un pot de Nutella a flotté en apesanteur pendant près de quatre minutes dans la cabine Orion, avant d’être rattrapé par Victor Glover. La marque Ferrero a réagi sur le réseau social X (ex-Twitter) : « Honoré d’avoir voyagé plus loin que n’importe quelle marque dans l’histoire ». Cet épisode illustre la vie quotidienne des astronautes en mission, où les petits plaisirs terrestres, même lyophilisés, prennent une dimension symbolique.
L’équipage a également consommé des repas typiques, comme une soupe au poulet et aux nouilles, de la purée de pommes de terre ou des macaronis au fromage, tous réhydratés à bord. Ces détails rappellent que, malgré l’aspect high-tech de la mission, l’humain reste au centre de l’aventure spatiale. La NASA a précisé que ces aliments, bien que lyophilisés, sont essentiels pour maintenir le moral et la cohésion de l’équipage sur la durée.
Cette première étape vers un retour durable sur la Lune ouvre la voie à des projets plus ambitieux, comme la construction d’une base lunaire internationale. Les images et données transmises par Artemis II serviront de référence pour les prochaines expéditions, tout en inspirant une nouvelle génération d’explorateurs spatiaux.
La coupure était inévitable car la capsule Orion est passée derrière la Lune, où les ondes radio émises depuis la Terre ne peuvent pas traverser l’astre. Ce phénomène, appelé « blackout » ou « occultation radio », est un paramètre classique des missions lunaires, déjà anticipé lors des missions Apollo.
La NASA vise Artemis III pour un alunissage habité près du pôle Sud lunaire, prévu pour 2027. Cette mission devrait inclure la première femme à marcher sur la Lune. Parallèlement, l’agence prépare le Lunar Gateway, une station spatiale en orbite lunaire, et collabore avec des partenaires internationaux pour établir une présence humaine durable sur notre satellite.