Lancé en 2026 par le studio australien Beethoven & Dinosaur et édité par Annapurna Interactive, le jeu vidéo Mixtape se présente comme un jeu d’aventure narratif centré sur sa bande originale. Pourtant, malgré une direction artistique soignée et une intention affichée de recréer une ambiance rétro des années 1990, l’expérience peine à convaincre sur le plan du gameplay, selon Numerama.
Ce qu'il faut retenir
- Un jeu centré sur une bande originale ambitieuse, mais dont la cohérence musicale et temporelle est remise en question par les joueurs et la critique.
- Une narration linéaire et une durée limitée à trois heures qui ne suffisent pas à compenser l’absence de choix narratifs et de gameplay engageant.
- Une esthétique en stop-motion saluée, mais une immersion limitée par des séquences répétitives et peu interactives.
- Un univers inspiré du nord-ouest américain des années 1990, mais dont la cohérence temporelle est discutable, notamment en raison d’une playlist jugée trop éclectique.
Une ambiance musicale comme pilier, mais une cohérence mise à mal
Mixtape mise tout sur sa bande originale, présentée comme le cœur de son expérience. Le studio australien a conçu le jeu autour d’une playlist variée, censée accompagner chaque scène avec justesse. Pourtant, cette ambition se heurte à une réalité décevante pour certains joueurs : la cohérence temporelle et musicale du titre est régulièrement remise en cause, comme le rapporte Numerama. Si l’intrigue se déroule dans un cadre rétro, les morceaux choisis — allant de Nirvana à Joy Division — couvrent plusieurs décennies, créant un décalage avec l’ambiance supposée des années 1990.
Ce manque de rigueur s’explique en partie par le flou entourant le cadre temporel du jeu. Bien que l’année ne soit jamais explicitement mentionnée, une scène iconique reproduisant un headbang en voiture sur un tube de Silverchair (1997) laisse supposer que l’histoire se situe au moins à cette période. Pourtant, les tenues des personnages et leurs préoccupations semblent parfois déconnectées de cette époque, soulignant une incohérence difficile à ignorer.
Une narration linéaire et un gameplay minimaliste
Mixtape suit l’histoire de Stacey Rockford, une adolescente rêvant de devenir curatrice musicale à New York. Avant de partir, elle organise une dernière soirée avec ses amis, sur fond de skateboard, d’alcool et de musique rock. Un scénario classique, mais qui manque cruellement de profondeur en l’absence de choix narratifs. Le jeu se distingue par son absence totale d’interactivité, si ce n’est quelques séquences anecdotiques — comme la simulation d’un baiser où le joueur doit déplacer les langues des personnages avec les sticks de la manette. Une idée originale, mais qui ne suffit pas à sauver l’expérience.
Le gameplay se résume à des mini-jeux sans enjeu, souvent répétitifs. Les séquences de glissade, qu’il s’agisse de skateboard ou de caddie, s’éternisent sans apporter de réelle valeur ajoutée. Résultat : le joueur se retrouve rapidement en train de subir un scénario linéaire, où la manette n’est sollicitée que ponctuellement. Un paradoxe pour un titre présenté comme un jeu vidéo, alors qu’il ressemble davantage à un film d’animation en stop-motion où l’interactivité se limite à quelques clics.
Une esthétique en stop-motion saluée, mais une immersion limitée
Malgré ces écueils, Mixtape n’est pas dénué d’atouts. Son design en stop-motion, hérité des créateurs du jeu The Artful Escape (2021), est souvent cité comme l’un de ses points forts. Les détails des chambres des personnages, notamment, offrent une plongée dans leur univers et compensent partiellement l’absence d’exploration. Cette direction artistique soignée rappelle l’influence des films d’animation des années 1990, comme ceux de Tim Burton ou Henry Selick.
Cependant, cette esthétique ne suffit pas à créer une véritable immersion. Les personnages, bien interprétés, peinent à susciter l’empathie du joueur en raison d’un scénario trop linéaire. Stacey, en particulier, est perçue comme une « tête à claques » prétentieuse, tandis que les adultes sont réduits à des archétypes de « vieux grincheux ». Un cliché qui affaiblit l’impact émotionnel du récit. De plus, l’absence de version française est à noter, bien que cela soit plus facilement excusable pour un jeu indépendant que pour une production majeure.
Un héritier spirituel raté de Life Is Strange ?
Mixtape arrive dans un contexte où la demande pour des jeux narratifs ambitieux, à l’image de Life Is Strange, reste forte. Pourtant, malgré une ambition affichée de recréer une ambiance rétro et musicale, le titre de Beethoven & Dinosaur échoue à s’imposer comme un successeur crédible. Son format court — trois heures seulement — et son manque d’interactivité le rapprochent davantage d’un court-métrage interactif que d’un jeu vidéo à part entière. Un choix risqué, qui soulève une question centrale : quelle est la légitimité d’un jeu qui ne propose presque jamais au joueur de jouer ?
Selon Numerama, Mixtape rate ainsi l’opportunité de se distinguer comme une œuvre marquante. Comparé à des titres comme Journey, qui parviennent à créer une immersion profonde malgré une durée similaire, le jeu australien peine à laisser une trace durable. Son scénario, bien que sympa, manque de dramaturgie et de variété, laissant le joueur sur sa faim malgré une réalisation technique louable.
Dans l’attente de prochaines annonces, Mixtape reste un titre à découvrir pour son esthétique, mais dont les lacunes en matière de gameplay et de cohérence narrative en font un projet inabouti. Un pari audacieux, mais dont le résultat peine à convaincre sur le long terme.
La playlist de Mixtape est jugée trop éclectique et peu cohérente avec l’ambiance rétro des années 1990 qu’il prétend recréer. Certains morceaux, comme ceux de Joy Division ou The Cure, semblent décalés par rapport à l’époque évoquée, où des groupes comme Mudhoney ou Pearl Jam auraient été plus appropriés. Ce manque de rigueur musicale affaiblit l’immersion et la crédibilité du jeu, comme le souligne Numerama.
Non. Mixtape est un jeu entièrement linéaire, sans aucun choix pouvant influencer l’histoire. Le joueur est simple spectateur d’un scénario prédéfini, ce qui limite considérablement la rejouabilité et l’immersion, selon la critique de Numerama.