À 24 heures d’un quart de finale décisif contre le Brésil, les Bleus ont peaufiné leur préparation physique dans les couloirs de l’OVO Arena de Wembley, à Londres. Selon RMC Sport, qui a assisté à la séance de mobilité et d’activation des joueurs, l’enjeu était de maintenir leur vigilance et leur vivacité avant le choc programmé vendredi à 20h30.

Ce qu'il faut retenir

  • La séance d’échauffement a eu lieu dans un espace réduit, faute de salle adaptée, jeudi 6 mai 2026 en matinée.
  • Jérémy Surault, préparateur physique, a conçu des exercices combinant coordination, vitesse et traitement de l’information.
  • Les joueurs ont travaillé en binômes, avec des enchaînements de fentes et de mouvements de boxe, tout en intégrant des consignes en français, anglais et allemand.
  • L’objectif affiché : stimuler l’état d’alerte des joueurs, habitués à enchaîner les entraînements intensifs (30 heures par semaine).
  • Le quart de finale contre le Brésil pourrait offrir une médaille mondiale aux Tricolores.

Les six joueurs de l’équipe de France – Félix Lebrun, Alexis Lebrun, Simon Gauzy, Flavien Coton, Thibault Poret et leur sparring partner Esteban Dorr – ont débarqué dans ce petit coin de couloir, coincé entre les stands de nourriture fermés et les portes condamnées donnant sur l’aire de jeu. « La salle d’entraînement est vraiment petite et on ne pouvait pas aller dehors avec le temps », a expliqué Jérémy Surault, avant d’ajouter : « Les joueurs finissent leur échauffement et ils arrivent ».

L’exercice inaugural consistait en un travail de coordination du haut du corps, sous les rires de Simon Gauzy, qui a avoué avoir des difficultés. « On est à 24 heures d’un match important. Donc l’idée, c’est de faire un peu de vitesse, un peu de vivacité pour que dans 24 heures, les mecs se sentent bien », a résumé Surault. Le staff technique, composé notamment de Jean-René Mounié (directeur de la haute performance) et Nathanael Molin (entraîneur), a assisté aux derniers instants de cette séance, avant que les joueurs ne enchaînent avec un entraînement spécifique et des soins.

Les athlètes se sont ensuite répartis par binômes pour une série d’exercices ciblant à la fois la mobilité et la réactivité. « D’abord des fentes avec un élastique entre les bras, en l’air. Puis ils se mettent dans l’élastique, face à face, l’un fait un squat, l’autre recule puis avance et ils imitent un enchaînement de coups de boxe », a détaillé Surault. « Il va me mettre une droite », a plaisanté Thibault Poret, en s’adressant à Félix Lebrun. « L’idée, c’est d’augmenter leur état de vigilance et de les maintenir alertes. Parce que cette compétition n’est pas un long fleuve tranquille, donc de temps en temps il faut aussi apporter un peu de remous ».

Après cette première partie, place à un circuit plus élaboré. Six exercices étaient au programme, avec une consigne changeante selon la langue utilisée : « Ici, quand la couleur est donnée en français, vous récupérez l’objet main droite ; si c’est en anglais, main gauche ». « Et c’est en allemand, le prochain ? », a lancé l’un des joueurs, déclenchant l’hilarité générale. Cette approche ludique n’est pas anodine. « J’essaie tout le temps de coupler les exercices où il y a beaucoup de traitement de l’information et de la coordination, parce que c’est l’essence même du tennis de table, avec un aspect un peu plus musculaire : des déplacements spécifiques ou des multisauts », a expliqué le préparateur physique.

« Ce qui me plaît, c’est quand les mecs ont un peu de mal. Quand t’en vois un qui a une difficulté sur un exercice, c’est ni plus ni moins une opportunité pour lui. Ça lui donne encore un axe de progression. Des fois, c’est super dur de se voir progresser à la table, surtout pour les mecs qui s’entraînent 30 heures par semaine. Donc si tu peux progresser dans des petits exercices quand le coach ou le préparateur physique te met un peu en difficulté, c’est bénéfique mentalement, c’est génial pour eux. »
— Jérémy Surault, préparateur physique de l’équipe de France

Chacun a enchaîné deux passages sur chaque exercice. Si certains mouvements étaient accessibles, d’autres exigeaient une coordination poussée, au point que Esteban Dorr a reconnu, amusé : « C’est plus dur que du ping ». Alexis Lebrun, lui, s’est retrouvé devant quatre modules au sol s’allumant aléatoirement. Le but ? Toucher le plus vite possible avec son pied droit. « Le but est quand même de se tenir et pas finir dans le kiosque à burgers », a lancé Surault, qui a rejoint l’aîné des Lebrun pour effectuer l’exercice à ses côtés. Après une quarantaine de minutes, les joueurs se sont congratulés avant de passer à la suite de leur programme.

Cette session illustre la philosophie de Surault, qui mise sur la variété et la difficulté contrôlée pour stimuler ses athlètes. « On est avec les meilleurs joueurs du monde. Quand t’en vois un qui a une difficulté sur un exercice, c’est une opportunité pour lui », a-t-il souligné. Une méthode qui s’inscrit dans la quête d’excellence de l’équipe de France, en lice pour une médaille mondiale.

Et maintenant ?

Après cette préparation physique, les Bleus doivent désormais se concentrer sur leur quart de finale face au Brésil, prévu ce vendredi 7 mai à 20h30 (heure française) à l’OVO Arena. Une victoire ouvrirait les portes des demi-finales, où l’équipe pourrait affronter des nations comme la Chine ou le Japon. Pour Surault et son staff, l’enjeu reste de maintenir un équilibre entre intensité et récupération jusqu’au coup d’envoi.

Ce match s’inscrit dans la continuité d’un championnat du monde où la France, finaliste en 2024, mise sur sa jeune génération – Félix et Alexis Lebrun en tête – pour décrocher un nouveau titre. La compétition, qui se déroule à Londres jusqu’au 11 mai, voit s’affronter 32 nations dans un format par équipes. Une performance des Tricolores pourrait renforcer leur statut de favori, tandis qu’un revers compliquerait leur parcours vers les médailles.

Les Bleus ont remporté leurs trois matchs de poule face à l’Allemagne, la Suède et la Corée du Sud, selon un parcours sans défaite. Leur dernier adversaire, le Brésil, s’est qualifié en battant la Belgique en huitièmes de finale.