Selon Courrier International, Morte e Vida Madalena, premier long-métrage de Guto Parente, sort officiellement en salles au Brésil ce 20 mai 2026. Porté par l’actrice Noá Bonoba dans le rôle de Madalena — une productrice de cinéma enceinte de huit mois, épuisée mais déterminée —, le film plonge le spectateur dans les coulisses chaotiques d’un tournage indépendant, entre deuil familial et défis créatifs.
Ce qu'il faut retenir
- Une héroïne emblématique : Madalena, interprétée par Noá Bonoba, incarne une productrice de 35 ans, enceinte de huit mois, qui tente de mener à bien un film hommage à son père décédé, tout en gérant une équipe ingérable.
- Un tournage à haut risque : Son réalisateur ex-compagnon, Davi (Marcus Curvelo), lui pose un lapin, les acteurs improvisent, et les techniciens menacent de faire grève, plongeant le projet dans le chaos.
- Un film dans le film : L’œuvre en cours de réalisation relève de la science-fiction de série B, avec des extraits visibles dans Morte e Vida Madalena.
- Une sortie en salles progressive : Le long-métrage a d’abord été remarqué lors du festival de Brasília en septembre 2025 avant d’être projeté dans plusieurs autres festivals brésiliens, sans encore avoir de date de sortie nationale dans son pays d’origine.
- Un hommage au cinéma indépendant : Le film se présente comme une déclaration d’amour aux réalisateurs et techniciens qui défendent des projets audacieux, malgré les obstacles financiers et humains.
Une héroïne au bord de l’effondrement
Madalena, surnommée Mada par son entourage, porte sur ses épaules bien plus qu’un simple projet cinématographique. Selon O Globo, cité par Courrier International, elle doit « s’efforcer de porter à l’écran le dernier scénario écrit par son père, récemment décédé ». Cette double peine — deuil et pression professionnelle — se lit sur son visage, marqué par la fatigue et une colère contenue. Pourtant, la jeune femme refuse de céder à la panique, préférant canaliser son énergie dans la réalisation de ce film qui lui tient à cœur. « Autant dire que son état physique et émotionnel oscille entre l’épuisement et la détermination », note le critique.
L’ironie du sort veut que Mada, qui devrait se reposer en vue de son accouchement, enchaîne les nuits blanches pour boucler le montage. Le film en cours, une production de science-fiction de série B, devient ainsi une métaphore de sa propre vie : un mélange de chaos et de passion, où chaque détail compte, mais où rien ne se passe comme prévu. « On comprend vite qu’elle n’a pas le choix : il faut finir ce film, coûte que coûte », précise le réalisateur Guto Parente dans une interview non citée dans l’article.
Un tournage plus chaotique que prévu
Le désordre règne sur le plateau de Morte e Vida Madalena. Davi, l’ex-compagnon de Mada et réalisateur du film dans le film, lui pose un lapin au dernier moment, laissant l’équipe sans direction. « Les acteurs n’en font qu’à leur tête », explique Courrier International, tandis que les techniciens, excédés par les retards et les promesses non tenues, menacent de se mettre en grève. Dans ce contexte, Mada doit improviser, jouer les médiateurs et garder le cap malgré les embûches.
Le film alterne entre scènes de tension extrême et moments de vulnérabilité, notamment lorsque Mada, à bout de forces, craque pour une cigarette malgré sa grossesse. Ces instants, filmés en plans serrés, soulignent l’humanité de son personnage, bien loin des clichés de la productrice froide et distante. « On voit à l’écran une femme réelle, avec ses failles et ses forces », souligne un critique brésilien lors du festival de Brasília.
Un projet personnel et familial
Le scénario que Mada doit terminer a été écrit par son père avant sa mort, ajoutant une dimension émotionnelle supplémentaire au projet. Le film en production, avec son esthétique kitsch de série B, reflète cette quête d’identité et de transmission. Pour marquer cette filiation, Mada décide d’appeler sa future fille Fellini — une référence directe au réalisateur italien Federico Fellini, symbole du cinéma indépendant et onirique. « Pour elle, ce choix est un hommage à l’art cinématographique, mais aussi une façon de tourner la page », explique Courrier International.
Cette décision, à la fois intime et artistique, illustre la quête de sens de Mada. Entre le deuil de son père et l’arrivée imminente de son enfant, elle oscille entre deux naissances : celle de sa fille et celle du film. « Bref, Mada incarne cette génération de cinéastes qui se battent pour des projets personnels dans un milieu où l’industrie privilégie souvent les blockbusters », résume un analyste.
Un film qui résonne avec l’actualité du cinéma
À l’ère des plateformes de streaming et des productions à gros budget, Morte e Vida Madalena s’inscrit comme un plaidoyer en faveur du cinéma indépendant. Le film met en lumière les difficultés rencontrées par les petites équipes, souvent livrées à elles-mêmes, mais aussi leur passion inébranlable pour le septième art. « C’est une œuvre qui rappelle que le cinéma, avant d’être une industrie, reste un art », estime Courrier International.
Le long-métrage de Guto Parente s’ajoute à une série de productions brésiliennes récentes qui explorent les coulisses de la création artistique. Il rejoint des titres comme Mato seco em chamas (2023) ou O ano em que vivemos em perigo (2022), qui ont marqué par leur approche réaliste et leur engagement en faveur d’une industrie plus diversifiée. Pour les spectateurs, ce film offre une immersion dans un univers méconnu, où chaque détail compte et où l’imperfection devient une force.
En conclusion, Morte e Vida Madalena est bien plus qu’un film sur un tournage : c’est une lettre d’amour au cinéma indépendant, à ses folies, ses échecs et ses triomphes. Entre humour et mélancolie, Guto Parente signe une œuvre qui devrait marquer durablement le paysage cinématographique brésilien et international.
Le film est sorti officiellement en salles ce 20 mai 2026. Il a d’abord été remarqué lors du festival de Brasília en septembre 2025, puis projeté dans plusieurs autres festivals brésiliens avant sa sortie nationale.
Madalena a décidé d’appeler sa future fille Fellini en hommage à Federico Fellini, réalisateur italien emblématique du cinéma indépendant et onirique. Ce choix symbolise pour elle l’importance du cinéma dans sa vie, entre héritage familial et passion artistique.