Le ministère russe de la Défense a rendu publics, ce jeudi 16 avril 2026, les adresses d’entreprises européennes suspectées de produire des drones ou des composants utilisés par l’Ukraine, qualifiant ces sites de « cibles potentielles » pour les forces armées russes. Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de Russie et ancien président, a directement réagi en insistant sur le caractère « littéral » de cette publication.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministère russe de la Défense a publié une liste de 21 entreprises (11 filiales et 10 sociétés étrangères) suspectées de contribuer à la production de drones pour l’Ukraine.
- Ces adresses, réparties dans 9 pays européens ainsi qu’en Israël et en Turquie, sont présentées comme des « cibles potentielles légitimes » par Moscou.
- Selon Moscou, plusieurs dirigeants européens auraient décidé fin mars d’intensifier la production de drones en vue de frappes sur le territoire russe.
- Dmitri Medvedev a conclu ses propos par un message ironique : « Faites de beaux rêves, partenaires européens ! »
- Cette annonce survient alors que l’Ukraine renforce ses partenariats avec l’Europe pour la production de drones, notamment avec l’Allemagne et l’Italie.
Dans un communiqué publié ce matin, le ministère russe de la Défense a justifié cette initiative par la nécessité, selon Moscou, d’informer « le public européen » des risques encourus. « Le public européen devrait non seulement comprendre clairement les véritables causes des menaces qui pèsent sur sa sécurité, mais aussi connaître les adresses et les emplacements des entreprises ukrainiennes et conjointes de production de drones et de composants pour l’Ukraine sur le territoire de leurs pays », peut-on lire dans le texte.
Les autorités russes accusent plusieurs pays de l’Union européenne d’avoir, fin mars, « délibérément » accru leur soutien à Kiev en matière de drones, avec pour objectif affiché d’élargir les frappes ukrainiennes sur le sol russe. « Nous considérons cette décision comme une mesure délibérée conduisant à une forte escalade de la situation militaire et politique sur l’ensemble du continent européen, et à la transformation progressive de ces pays en arrière-plan stratégique de l’Ukraine », a déclaré le ministère.
Le document publié par Moscou recense 11 succursales de sociétés ukrainiennes, réparties dans sept pays européens. Parmi elles figurent des entreprises situées à Mildenhall, Leicester et Londres (Royaume-Uni), Stevring (Danemark), Munich (Allemagne), Riga (Lettonie), Vilnius (Lituanie), Hengelo (Pays-Bas), Melec et Tarnów (Pologne), ainsi qu’à Prague (République tchèque).
Le ministère ajoute à cette liste 10 entreprises étrangères, principalement basées en Allemagne, Espagne, Italie, mais aussi en République tchèque, Israël et Turquie, suspectées de participer à la chaîne de production des drones utilisés contre la Russie. Aucune précision n’a été apportée sur la nature exacte des activités de ces sociétés ni sur les preuves avancées par Moscou.
Une menace explicitement formulée par Dmitri Medvedev
Sur son compte X, Dmitri Medvedev, figure controversée du pouvoir russe et ancien président (2008-2012), a réagi avec une fermeté inhabituelle. « La déclaration du ministère russe de la Défense doit être comprise de manière extrêmement littérale : la publication des sites de production de drones et d’autres équipements militaires en Europe est un registre de cibles potentielles légitimes pour les forces armées russes », a-t-il affirmé.
« Le moment où la possibilité d’une frappe se concrétisera dépendra de l’évolution de la situation. Faites de beaux rêves, partenaires européens ! »
— Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe
Medvedev, autrefois perçu comme un modéré pro-occidental durant ses mandats de Premier ministre et de président, s’est progressivement transformé en un partisan radical de la guerre, multipliant les déclarations belliqueuses sur les réseaux sociaux — désormais largement inaccessibles aux internautes russes. Son message final, teinté de sarcasme, s’inscrit dans une stratégie de pression accrue sur les capitales européennes, alors que le conflit en Ukraine s’intensifie.
L’Europe accentue son soutien militaire à l’Ukraine malgré les menaces russes
Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en février 2022, les pays européens ont apporté un soutien massif à Kyiv, à la fois financier, logistique et militaire. Dernièrement, cet appui s’est concentré sur le développement de capacités de drones, perçus comme un moyen de renforcer la dissuasion ukrainienne face aux offensives russes.
Cette semaine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a signé des accords de coopération avec l’Allemagne et la Norvège pour la production conjointe de drones. Giorgia Meloni, Première ministre italienne, a elle aussi réaffirmé son engagement, qualifiant le soutien à l’Ukraine de « devoir moral » mais aussi de « nécessité stratégique » pour l’Europe. « La sécurité de l’Europe est en jeu », a-t-elle souligné lors d’une rencontre avec Zelensky à Rome.
Ces initiatives s’ajoutent à d’autres projets européens, comme celui annoncé par des entreprises françaises — dont Renault — qui prévoient de fabriquer des drones en Ukraine. Une dynamique qui contraste avec les menaces proférées par Moscou, dont l’objectif semble être de dissuader les industriels européens de poursuivre leur collaboration avec Kiev.
Quoi qu’il en soit, cette escalade verbale intervient alors que le conflit entre dans une phase plus meurtrière, avec des frappes ukrainiennes de plus en plus audacieuses sur le territoire russe. Autant dire que la publication de ces adresses pourrait bien n’être qu’un prélude à de nouvelles tensions, alors que la guerre en Ukraine approche de sa troisième année.
Selon le ministère russe de la Défense, la liste comprend 11 filiales de sociétés ukrainiennes et 10 entreprises étrangères, principalement en Allemagne, Espagne, Italie, République tchèque, Israël et Turquie. Les sites sont répartis dans neuf pays européens, dont le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas et la Pologne.
La Russie accuse ces sociétés de participer à la production de drones utilisés par l’Ukraine pour frapper le territoire russe. Moscou estime que cette collaboration européenne « entraîne de plus en plus les pays dans la guerre » et justifie des représailles militaires.
