Comme le rapporte Euronews FR, des inondations historiques provoquées par les pluies de mousson ont ravagé plusieurs districts de l’État d’Assam, dans le nord-est de l’Inde. Depuis la mi-juillet, les fortes précipitations ont submergé habitations, routes et infrastructures, paralysant une région déjà vulnérable aux aléas climatiques. Les opérations de secours, toujours en cours, visent à porter assistance aux populations prises au piège des eaux.

Ce qu'il faut retenir

  • 41 morts confirmés dans l’ensemble de l’État d’Assam, selon les autorités locales.
  • Des images tournées à Sivasagar montrent des habitants évoluant dans une eau montant jusqu’à la poitrine.
  • Le ministre en chef de l’Assam, Himanta Biswa Sarma, qualifie la situation de « très grave », évoquant des crues d’une ampleur inédite.
  • Les secours poursuivent les opérations de sauvetage et d’évacuation dans les zones les plus touchées.

Des régions submergées par des eaux boueuses

Les pluies diluviennes de la mousson, phénomène climatique annuel en Inde, ont cette année dépassé les seuils habituels. À Sivasagar, district particulièrement affecté, les vidéos diffusées par les médias locaux et internationaux montrent des rues transformées en rivières. Les habitants, chargés de leurs biens les plus précieux, tentent de se déplacer en marchant dans une eau boueuse, parfois à hauteur de poitrine. D’autres utilisent des barques de fortune ou des canots pour atteindre des zones moins inondées.

Les autorités locales ont signalé que de nombreux villages restent isolés, privés d’accès routier et téléphonique. Les réseaux électriques sont également touchés, aggravant les difficultés pour les populations et les équipes de secours. Les autorités appellent à la prudence, les courants étant particulièrement violents dans certaines zones.

Un bilan humain lourd et des répercussions immédiates

Le bilan provisoire de 41 morts s’alourdit depuis le début des intempéries, alors que les opérations de recherche se poursuivent dans les districts de Dhemaji, Lakhimpur et Majuli, parmi les plus sinistrés. Les services de secours, mobilisés en urgence, évacuent les personnes les plus vulnérables vers des centres de regroupement provisoires. Les hôpitaux locaux, débordés, soignent les blessés et les personnes souffrant d’hypothermie ou de maladies liées à l’eau contaminée.

Les autorités de l’Assam ont déjà demandé une aide d’urgence au gouvernement central indien, tandis que des appels à la solidarité internationale se multiplient. Le ministre en chef Himanta Biswa Sarma a tenu à souligner l’ampleur exceptionnelle des inondations, qualifiant la situation de « jamais vue » dans l’histoire récente de la région.

« La situation est très grave. Les crues se sont déroulées d’une manière que je n’avais encore jamais vue. »
Himanta Biswa Sarma, ministre en chef de l’Assam, le 25 juillet 2026

L’Assam, une région en première ligne face au changement climatique

L’État d’Assam, situé à l’extrémité orientale de l’Inde, est régulièrement frappé par les inondations de mousson, qui rythment la vie des habitants depuis des décennies. Cependant, les scientifiques et les ONG locales observent une intensification des phénomènes ces dernières années. Le changement climatique est pointé du doigt : les températures plus élevées de l’atmosphère et des océans augmentent l’évaporation et la quantité de vapeur d’eau disponible pour les pluies.

Les experts rappellent que l’Assam fait partie des régions les plus exposées aux aléas climatiques en Inde. Entre 2010 et 2025, les inondations y ont causé plus de 2 000 morts et déplacé des millions de personnes. Les infrastructures locales, souvent vétustes, peinent à résister à l’intensité croissante des intempéries. Les autorités locales et les associations appellent à une adaptation urgente des politiques publiques pour limiter les risques futurs.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront décisifs pour les opérations de secours, alors que les pluies devraient persister jusqu’à la fin du mois de juillet. Le gouvernement de l’Assam a annoncé le déploiement de renforts supplémentaires, notamment des hélicoptères pour les évacuations les plus urgentes. Une évaluation des dégâts et des besoins humanitaires est attendue pour les prochaines 48 heures, afin de coordonner l’aide internationale et nationale. Par ailleurs, des discussions sont en cours pour accélérer les travaux de protection des berges et de drainage, dans l’espoir de limiter l’impact des prochaines moussons.

Alors que la crise humanitaire s’étend, la question se pose : comment renforcer la résilience des populations face à un phénomène dont l’intensité ne cesse de croître ?