À quelques semaines de la première soirée de MMA diffusée sur Netflix, prévue le 15 mai 2026, l’ancienne star de l’UFC Ronda Rousey a levé le voile sur les rémunérations promises par la plateforme, bien supérieures à celles pratiquées par l’organisation historique. Lors d’une conférence de presse organisée pour promouvoir l’événement, la combattante américaine de 39 ans a confirmé que chaque participant, quel que soit son palmarès ou l’issue du combat, percevrait un minimum de 40 000 dollars (environ 34 000 euros). Une somme qui, selon elle, dépasse largement les standards de l’UFC. « Le minimum absolu avec lequel chacun repartira, même sans un long et important palmarès, et même en cas de défaite, c’est de 40 000 dollars », a-t-elle déclaré. « Si vous combattez trois fois par an, ça représente bien plus qu’un salaire décent et c’est quelque chose que l’UFC ne peut pas admettre. »
Comme le rapporte RMC Sport, cet événement marquant pour le MMA, intitulé MVP sur Netflix, mettra aux prises Ronda Rousey et Gina Carano, un affrontement présenté comme le plus grand combat de l’histoire des arts martiaux mixtes. La plateforme de streaming, qui s’est déjà illustrée dans l’organisation de combats de boxe à fort enjeu – dont la rencontre entre Jake Paul et Mike Tyson en 2023 –, mise sur des primes record pour attirer les meilleurs talents. Lors de ce dernier affrontement, les deux protagonistes avaient empoché près de 38 millions d’euros chacun, un montant exceptionnel qui illustre l’ambition financière de Netflix dans ce secteur. Avec plus de 325 millions d’abonnés dans le monde, la plateforme revendique une audience inégalée et entend offrir des revenus bien plus attractifs que ceux proposés par l’UFC.
Ce qu'il faut retenir
- Chaque combattant de la soirée MVP sur Netflix touchera un minimum de 40 000 dollars, même en cas de défaite, contre des primes bien inférieures chez l’UFC.
- Ronda Rousey affrontera Gina Carano le 15 mai 2026, un combat présenté comme le plus grand de l’histoire du MMA.
- Netflix mise sur des cachets records, comme lors du combat Jake Paul vs Mike Tyson, où chaque boxeur avait gagné près de 38 millions d’euros.
- Avec 325 millions d’abonnés, la plateforme entend profiter de son audience massive pour s’imposer dans l’univers du combat.
- Rousey a critiqué les disparités salariales au sein de l’UFC, rappelant que certains combattants sont moins bien payés aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a dix ans.
Un combat historique et une rivalité médiatique
Le combat entre Ronda Rousey et Gina Carano n’est pas seulement un affrontement sportif, mais aussi un symbole pour les athlètes féminines en quête de reconnaissance. Comme le précise RMC Sport, Rousey a vivement réagi aux propos de Kayla Harrison, championne des poids coq de l’UFC, qui avait qualifié ce combat de « plus grand combat féminin de tous les temps » dans le podcast Death Row Podcast. « Si elle pense que son combat est le plus grand combat féminin de tous les temps, pourquoi est-elle moins bien payée aujourd’hui que je ne l’étais il y a dix ans ? », a-t-elle lancé. Pour la vétéran américaine, ce duel dépasse les clivages de genre : « Ce n’est pas seulement le plus grand combat féminin de tous les temps, c’est le plus grand combat de MMA de tous les temps. Il bénéficiera d’une audience record sur la plus grande plateforme, avec les plus grandes stars, et il a été organisé par deux femmes qui ont osé rêver grand, qui en seront également les têtes d’affiche. »
Cet événement s’inscrit dans la stratégie de Netflix de s’imposer comme un acteur majeur du sport-spectacle, après avoir diffusé des affrontements majeurs en boxe, comme ceux opposant Terence Crawford à Canelo Alvarez ou Jake Paul à Anthony Joshua. La plateforme mise sur des productions à gros budget et des cachets mirobolants pour attirer les foules, une approche qui contraste avec les grilles tarifaires plus modestes de l’UFC, souvent critiquées par les athlètes.
Des revenus exceptionnels, un levier pour attirer les talents
L’annonce de Ronda Rousey s’inscrit dans un contexte où les primes des combattants de MMA varient considérablement selon les organisations. Dans l’UFC, les cachets de base pour les combats principaux oscillent généralement entre 50 000 et 500 000 dollars, mais ces montants peuvent atteindre plusieurs millions pour les têtes d’affiche ou les champions. Cependant, les primes supplémentaires liées aux victoires ou aux performances exceptionnelles restent rares et inégalement réparties. Netflix, en revanche, semble vouloir révolutionner ce modèle en garantissant un revenu minimal élevé, indépendamment du résultat.
Pour les combattants comme Salahdine Parnasse, qui figurera parmi les participants à la soirée MVP, cette opportunité représente une aubaine financière majeure. « On parle d’un minimum de 40 000 dollars par combat, ce qui, sur trois rencontres par an, dépasse largement un salaire décent », a souligné Rousey. « C’est une alternative crédible à l’UFC, et cela pourrait inciter de nombreux athlètes à se tourner vers des plateformes comme Netflix, où la rémunération est plus attractive. » Pour l’instant, l’UFC n’a pas réagi officiellement à ces annonces, mais cette offensive tarifaire pourrait bien forcer l’organisation historique à revoir ses pratiques.
Un pari risqué pour Netflix, mais aux perspectives prometteuses
Si les primes promises par Netflix constituent une manne financière pour les combattants, la plateforme devra justifier ces investissements par des audiences à la hauteur de ses ambitions. Les précédents combats organisés par la plateforme, comme celui entre Jake Paul et Mike Tyson, ont attiré des millions de téléspectateurs en direct, mais certains spécialistes ont pointé du doigt des spectacles parfois laborieux. Pour le MMA, dont les règles et l’intensité diffèrent de la boxe, le défi sera de conserver l’engagement du public sur la durée.
D’autant que l’UFC, bien que critiquée pour ses pratiques salariales, bénéficie d’une audience fidèle et d’un écosystème bien rôdé, incluant des partenariats médiatiques et des sponsors historiques. Netflix devra donc prouver qu’elle peut offrir une expérience compétitive et spectaculaire pour séduire les fans de MMA. « J’espère qu’après cet événement, nous pourrons continuer à repousser les limites, toujours plus haut, jusqu’à atteindre le niveau des meilleurs boxeurs », a déclaré Rousey. « Car c’est là, je crois, que réside notre objectif ultime. Ce n’est que le début… »
Enfin, la réaction de l’UFC et des autres fédérations de combat sera scrutée de près. Une éventuelle hausse des primes dans le secteur pourrait également influencer les négociations collectives en cours, notamment pour les athlètes féminines qui revendiquent depuis des années une meilleure rémunération. Pour l’heure, une chose est sûre : le combat Rousey vs Carano, par son ampleur médiatique et ses enjeux financiers, s’annonce comme un événement à suivre de très près.
