Un don de 5 millions de livres sterling (environ 6 millions d’euros) en cryptomonnaies, réalisé par le milliardaire britanno-thaïlandais Christopher Harborne, fait l’objet d’une enquête parlementaire au Royaume-Uni. Selon Cryptoast, ce don aurait été utilisé par Nigel Farage, leader du parti d’extrême droite Reform UK et député de la circonscription de Clacton, pour financer l’achat d’une propriété estimée à 1,4 million de livres sterling.

Ce qu'il faut retenir

  • Un don de 5 millions de livres sterling en cryptomonnaies, effectué par Christopher Harborne, est au cœur d’une enquête parlementaire.
  • Ce don, non déclaré comme l’exige la loi britannique, aurait servi à financer l’achat d’une propriété d’une valeur de 1,4 million de livres sterling.
  • Nigel Farage conteste ces accusations en affirmant que l’achat de la propriété a été initié avant le don.
  • Le code de conduite de la Chambre des communes impose aux députés d’enregistrer tout avantage financier reçu dans les 12 mois précédant leur élection.
  • Une enquête parlementaire pourrait mener à une suspension de Nigel Farage si les faits sont avérés.

Un don controversé aux origines troubles

Le montant du don, 5 millions de livres sterling, a été transféré en cryptomonnaies par Christopher Harborne, un investisseur technologique et milliardaire britanno-thaïlandais, quelques mois avant que Nigel Farage ne décide de se présenter aux élections générales britanniques. Selon Cryptoast, cette donation a été effectuée dans un contexte où les dons en cryptomonnaies aux partis politiques et personnalités suscitent des inquiétudes croissantes au Royaume-Uni.

Ces préoccupations ont été relayées publiquement par Matt Western, président du Comité mixte sur la stratégie de sécurité nationale, qui a appelé en février 2025 à une interdiction temporaire des dons en cryptomonnaies, jugés trop opaques et risqués. « Les cryptomonnaies créent des zones grises réglementaires que certaines personnes pourraient exploiter à des fins douteuses », soulignait-il alors.

Une propriété achetée en espèces et des déclarations tardives

Selon les informations rapportées par Cryptoast et reprises par Sky News, Nigel Farage aurait utilisé une partie de ce don pour acheter une propriété estimée à 1,4 million de livres sterling. Le règlement de cette transaction aurait été effectué en espèces, un mode de paiement qui soulève également des questions sur la traçabilité des fonds.

Le député de Clacton affirme, par l’intermédiaire d’un porte-parole de Reform UK, que « le processus d’offre et d’achat de la propriété a commencé avant ce don », le qualifiant de « purement privé ». Il soutient que cette opération n’avait donc aucune obligation de déclaration au moment de son entrée en fonction, car elle aurait eu lieu avant son élection en tant que député.

Les obligations légales ignorées ?

Le code de conduite de la Chambre des communes est pourtant clair : « Les nouveaux députés doivent enregistrer tous leurs intérêts financiers actuels et tout avantage enregistrable (autre que les revenus) reçu dans les 12 mois précédant leur élection, dans un délai d’un mois à compter de leur élection », précise Sky News. Or, le don de Christopher Harborne, intervenu dans ce laps de temps, n’aurait pas été déclaré comme l’exige la loi.

Cette omission pourrait avoir des conséquences sérieuses pour Nigel Farage. En cas de culpabilité avérée par l’enquête parlementaire, il s’expose à une suspension de son mandat de député, entraînant potentiellement l’organisation de nouvelles élections dans sa circonscription du sud-est de l’Angleterre.

Nigel Farage dans la tourmente politique

Figure emblématique de l’extrême droite britannique, Nigel Farage a longtemps été un adversaire farouche de l’Union européenne et un défenseur du Brexit. Son retour sur la scène politique, marqué par sa candidature aux élections générales, a été accompagné de plusieurs controverses, dont celle-ci. La question des financements politiques, notamment ceux en cryptomonnaies, est devenue un sujet sensible au Royaume-Uni, où les autorités cherchent à encadrer davantage ces pratiques.

Les révélations de Cryptoast s’inscrivent dans un contexte plus large de méfiance envers les actifs numériques, perçus comme difficiles à tracer et propices aux abus. Alors que les régulateurs britanniques multiplient les appels à une supervision accrue, cette affaire pourrait servir d’exemple pour tester la fermeté des nouvelles règles en matière de transparence financière.

Et maintenant ?

Une enquête parlementaire devrait être ouverte prochainement pour établir les faits et déterminer si Nigel Farage a enfreint les règles de déclaration des dons. Si les conclusions lui sont défavorables, il pourrait faire face à une procédure disciplinaire, dont l’issue pourrait être connue d’ici la fin de l’année 2026. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur l’encadrement des dons en cryptomonnaies aux personnalités politiques, un sujet déjà évoqué par plusieurs parlementaires britanniques en 2025.

En attendant, Nigel Farage maintient sa ligne de défense, affirmant que cette donation n’a aucun lien avec son élection et qu’elle relève d’une transaction privée. Pour l’instant, les autorités n’ont pas pris de décision, mais l’affaire risque de peser sur sa crédibilité politique dans les mois à venir.

Si l’enquête parlementaire établit que Nigel Farage a omis de déclarer un don de 5 millions de livres sterling, il pourrait être suspendu de ses fonctions de député. Cette suspension entraînerait l’organisation de nouvelles élections dans sa circonscription de Clacton, selon le code de conduite de la Chambre des communes.

Les dons en cryptomonnaies sont perçus comme opaques et difficiles à tracer, ce qui soulève des risques de financement illicite ou de blanchiment d’argent. Plusieurs parlementaires, dont Matt Western, ont demandé leur interdiction temporaire pour éviter ces dérives.