David Schwartz, directeur technique de Ripple, a tiré la sonnette d’alarme hier sur une augmentation des fraudes exploitant l’image de l’entreprise. Selon Cryptoast, les arnaques aux faux cadeaux en XRP – ou « giveaways » – se multiplient sur les réseaux sociaux, profitant de la hausse récente du cours du jeton. Ces escroqueries, qui promettent des distributions gratuites de cryptomonnaies, ciblent principalement les détenteurs de XRP, mais pourraient s’étendre à d’autres actifs numériques.

Ce qu'il faut retenir

  • David Schwartz, CTO de Ripple, a alerté hier sur l’essor des arnaques aux faux giveaways en XRP.
  • Les escroqueries utilisent l’identité de figures de Ripple, comme Schwartz ou Brad Garlinghouse, pour gagner en crédibilité.
  • Les victimes sont invitées à connecter leur portefeuille ou à envoyer des fonds vers des adresses inconnues.
  • Ripple n’a jamais organisé de distribution gratuite massive de XRP.
  • Plusieurs témoignages font état de pertes dépassant 400 000 euros ou 6 000 dollars.

Des faux comptes usurpant l’identité des dirigeants de Ripple

Les fraudeurs créent des profils frauduleux sur les réseaux sociaux, imitant David Schwartz ou Brad Garlinghouse, le PDG de Ripple. Ces comptes promettent des dons en XRP, souvent présentés comme des opérations de bienfaisance ou des distributions exceptionnelles. « ALERTE ARNAQUE : On observe ces derniers temps une forte recrudescence des escroqueries de type airdrop et faux cadeaux ciblant les utilisateurs de XRPL », a déclaré David Schwartz sur X (ex-Twitter). « Toute publication de ce type que vous pourriez voir est probablement une arnaque. »

Les victimes, souvent novices dans l’écosystème des cryptomonnaies, sont manipulées par des messages personnalisés, comme en témoigne l’un d’eux : « Quelqu’un qui se faisait passer pour vous m’a soutiré plus de 400 000 € sur 6 mois. Ils ont construit ce qui ressemblait à un vrai mentorat. » Les dégâts, souligne-t-il, vont bien au-delà de la perte financière.

Des vidéos deepfake et des plateformes complices

Une autre technique consiste à utiliser l’intelligence artificielle pour créer des vidéos deepfake mettant en scène les dirigeants de Ripple. Ces vidéos, diffusées sur YouTube, incitent les utilisateurs à envoyer des XRP en échange de « récompenses ». Une victime raconte : « Nous étions nouveaux dans la crypto et nous sommes tombés dans le panneau. J’aimerais récupérer mes 6 000 dollars. J’espère que Ripple s’en prendra à YouTube pour toutes les arnaques qu’ils ont laissées proliférer. »

Ces pratiques ne se limitent pas à Ripple. Le secteur des cryptomonnaies, en pleine expansion, attire régulièrement des escrocs exploitant la méconnaissance des nouveaux investisseurs. Les « giveaways » authentiques restent exceptionnels, et les opportunités trop alléchantes sont souvent des pièges. Ripple rappelle par ailleurs qu’aucune distribution massive de XRP n’a jamais été organisée par l’entreprise.

Comment éviter de tomber dans le piège ?

Pour se prémunir contre ces arnaques, les experts recommandent la plus grande prudence. Il est conseillé de ne jamais envoyer de cryptomonnaies vers des adresses inconnues, même si le message semble provenir d’une personnalité connue. « Dans le doute, il faut bien sûr ne jamais envoyer de cryptomonnaies à des adresses inconnues – d’autant plus quand c’est une figure apparemment liée au protocole qui vous le demande », insiste David Schwartz.

Les utilisateurs sont également invités à vérifier systématiquement l’authenticité des comptes sur les réseaux sociaux. Ripple met en garde : « Les giveaways ‘réels’ sont très rares dans le secteur des cryptomonnaies, et si l’occasion paraît trop belle pour être vraie, c’est que c’est probablement le cas. » Des outils comme les vérifications d’identité (badges bleus) ou les listes officielles des canaux de communication de l’entreprise peuvent aider à distinguer le vrai du faux.

Des pertes financières et humaines

Les conséquences de ces arnaques dépassent largement le cadre financier. Les victimes rapportent des pertes émotionnelles, comme la rupture de confiance ou un sentiment de vulnérabilité. Une autre personne, victime d’un faux compte Twitter de Brad Garlinghouse, explique avoir été victime d’un « mentorat » frauduleux pendant plusieurs mois. « Les dégâts vont bien au-delà de l’argent. J’aurais aimé voir vos avertissements il y a un an », confie-t-il.

Ces témoignages soulignent l’urgence pour les plateformes et les régulateurs d’agir. Certains utilisateurs appellent à des sanctions contre les plateformes comme YouTube, accusées de ne pas suffisamment modérer ces contenus frauduleux. Ripple, de son côté, continue de publier des mises en garde régulières, mais la lutte contre ces pratiques reste complexe dans un environnement aussi décentralisé.

Et maintenant ?

La hausse récente du XRP pourrait entraîner une nouvelle vague d’arnaques similaires, d’autant que les escrocs adaptent leurs techniques aux tendances du marché. Ripple a indiqué qu’elle travaillait avec les autorités et les plateformes pour identifier et supprimer les comptes frauduleux. Pour les utilisateurs, la vigilance reste de mise, d’autant que les méthodes des fraudeurs évoluent avec l’IA et les outils de deepfake. Une éducation accrue des investisseurs pourrait, à terme, réduire l’impact de ces escroqueries.

Reste à voir si les régulateurs, comme l’AMF en France ou la SEC aux États-Unis, prendront des mesures spécifiques pour encadrer ce type de pratiques. En attendant, les experts recommandent de privilégier les canaux de communication officiels de Ripple pour toute annonce légitime, et d’utiliser des portefeuilles matériels pour sécuriser ses actifs.

Ripple dispose d’une liste officielle de ses comptes vérifiés sur son site web. Il est recommandé de consulter cette liste avant de répondre à une sollicitation, même si le profil semble légitime. Les comptes vérifiés affichent généralement un badge bleu, mais celui-ci peut être imité par les fraudeurs.

En cas de fraude avérée, il est conseillé de déposer plainte auprès des autorités locales et de signaler le compte frauduleux à la plateforme concernée (Twitter, YouTube, etc.). Pour les pertes financières, contacter son établissement bancaire ou le service client de la plateforme d’échange utilisée peut permettre d’obtenir un remboursement partiel, selon les cas.