Les autorités militaires nigériennes viennent de suspendre neuf médias français, une décision immédiatement dénoncée par Reporters sans frontières (RSF). Selon RFI, l’Observatoire national de la communication (ONC), organe de régulation des médias au Niger, a ordonné vendredi 8 mai 2026 en soirée la cessation immédiate de leurs activités. Parmi les titres concernés figurent France 24, Radio France Internationale, l’Agence France-Presse, TV5 Monde et Jeune Afrique.
Ce qu'il faut retenir
- Neuf médias français suspendus par l’ONC nigérien, selon RFI.
- Parmi eux : France 24, RFI, l’AFP, TV5 Monde et Jeune Afrique.
- La décision a été prise vendredi 8 mai 2026 dans la soirée.
- Reporters sans frontières exige la levée immédiate de cette suspension.
- L’ONC est l’organe de régulation des médias au Niger.
Une suspension immédiate ordonnée par les autorités nigériennes
Vendredi 8 mai 2026, en soirée, l’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger a pris une décision radicale en ordonnant la suspension de neuf médias français. Selon RFI, cette mesure concerne des titres déjà sous surveillance, comme France 24 et Radio France Internationale, mais aussi des agences de presse et des magazines d’actualité reconnus internationalement. L’AFP, TV5 Monde et Jeune Afrique font notamment partie de la liste des médias interdits d’antenne.
Cette suspension s’applique avec effet immédiat, sans délai de grâce ni appel possible. L’ONC, en tant qu’autorité de régulation des médias au Niger, justifie cette décision par des motifs qui n’ont pas encore été précisés publiquement. Les médias concernés n’ont pas reçu de communication écrite détaillée expliquant les raisons de cette mesure.
Reporters sans frontières monte au créneau
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a réagi avec fermeté à cette décision. Dans un communiqué publié dans la foulée, l’organisation a exigé la levée immédiate de la suspension de ces neuf médias. RSF rappelle que la liberté de la presse est un droit fondamental et que toute restriction doit être justifiée par des motifs légitimes et transparents.
« Cette décision est disproportionnée et menace gravement le pluralisme de l’information au Niger », a déclaré le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. L’ONG insiste sur le fait que les médias suspendus sont des acteurs majeurs de l’information en Afrique et en francophonie, et que leur exclusion risque d’appauvrir le débat public.
Contexte et tensions autour des médias au Niger
Cette suspension s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les autorités nigériennes et les médias internationaux. Depuis plusieurs mois, les relations entre Niamey et Paris se sont dégradées, notamment sur le plan politique et sécuritaire. Certains observateurs y voient une volonté des autorités militaires nigériennes de contrôler plus strictement l’information, surtout depuis le coup d’État de 2023.
Les médias français, en particulier, sont régulièrement critiqués par les nouvelles autorités pour leur couverture jugée « biaisée » des événements au Niger. Cette suspension pourrait donc s’inscrire dans une stratégie plus large de restriction de la liberté de la presse, déjà pointée du doigt par plusieurs ONG.
De son côté, Reporters sans frontières a annoncé qu’elle multiplierait les démarches diplomatiques pour faire entendre sa voix. L’organisation pourrait également saisir les instances internationales, comme l’UNESCO ou la Cour africaine des droits de l’homme, si la suspension venait à être maintenue. Reste à voir si les autorités nigériennes répondront à ces appels ou si la crise va s’aggraver dans les semaines à venir.
Les neuf médias suspendus par l’ONC nigérien sont France 24, Radio France Internationale, l’Agence France-Presse, TV5 Monde, Jeune Afrique, ainsi que d’autres titres non précisés par RFI.
À ce stade, les autorités nigériennes n’ont pas communiqué publiquement les motifs exacts de cette suspension. L’ONC, organe de régulation, n’a pas détaillé les raisons de cette décision dans son communiqué officiel.