Dans la nuit de lundi à mardi, un nouvel incendie criminel a visé un immeuble du quartier de la Part-Dieu, en plein centre de Lyon. Selon Le Figaro, le feu a pris dans un logement du premier étage d’un immeuble situé au 10 rue Riboud, avant de se propager rapidement aux étages supérieurs. Cet événement survient une semaine après le drame de Décines, où trois innocents avaient péri dans un incendie criminel lié à des règlements de compte entre narcotrafiquants.
Dès les premières fumées, les habitants du petit immeuble HLM ont été alertés par leurs voisins. « Ce sont les voisins qui ont toqué à ma porte pour me prévenir, mais il y avait tellement de fumée que je n’ai pas pu sortir », témoigne une résidente, mère de famille, qui vit dans l’immeuble depuis plus de vingt ans. Au premier étage, la porte de l’appartement visé était déjà attaquée par les flammes, empêchant la famille qui l’occupait de fuir par l’escalier. « Ils ne pouvaient pas descendre, ils ont dû sortir par le balcon de l’autre côté », précise-t-elle. Des voisins se sont alors placés en contrebas pour réceptionner les enfants.
Ce qu'il faut retenir
- Un incendie criminel a visé un appartement du 10 rue Riboud, dans le quartier de la Part-Dieu à Lyon, dans la nuit de lundi à mardi.
- La famille occupant le logement a dû s’échapper par le balcon, la sortie par l’escalier étant bloquée par les flammes.
- Deux individus encapuchonnés ont été observés en train d’allumer le feu avant de prendre la fuite en voiture grise.
- Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour éclaircir les circonstances de cet acte.
- Selon un responsable politique métropolitain, une trentaine de « paillassonnages » ont été recensés dans l’agglomération lyonnaise depuis le début de l’année.
- Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, évoquait 71 actes d’intimidation en 2026, un chiffre déjà supérieur à celui de l’année 2025.
Une méthode d’intimidation en hausse dans la métropole lyonnaise
Cette technique, appelée « paillassonnage », consiste à mettre le feu au domicile d’un trafiquant ou d’un de ses proches. Elle a été utilisée à plusieurs reprises contre la famille d’un parrain lyonnais incarcéré en Colombie, ainsi qu’à Décines la semaine dernière, où trois personnes innocentes avaient trouvé la mort. Selon Le Figaro, une personne défavorablement connue de la police occupait le logement ciblé dans la nuit de lundi à mardi. La famille visée a cependant assuré au Progrès ne pas être liée au narcotrafic.
Les investigations menées par le parquet de Lyon devraient permettre de déterminer si cet acte s’inscrit dans une logique de règlements de compte ou s’il relève d’une autre motivation. « On ne dort que d’un œil », confie la résidente, évoquant l’angoisse persistante qui règne désormais dans ce quartier pourtant animé. Deux jours après l’incendie, les klaxons des voitures ont repris le dessus sur le chant des oiseaux, mais l’inquiétude reste palpable.
Lyon face à l’escalade des violences liées au narcotrafic
Face à la recrudescence des actes violents liés au trafic de stupéfiants, une vaste opération de police et de gendarmerie est en cours dans la métropole lyonnaise et le département du Rhône. Le nouveau préfet du Rhône, Étienne Guyot, a lancé dès sa prise de fonction une série de contrôles renforcés, dans un contexte où les intimidations et les violences se multiplient. Selon un responsable politique métropolitain interrogé par Le Figaro, une trentaine de « paillassonnages » ont été recensés depuis le début de l’année 2026, un chiffre qui illustre l’ampleur du phénomène.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a quant à lui évoqué 71 actes d’intimidation recensés en 2026, un total déjà supérieur à celui enregistré sur l’ensemble de l’année 2025. Cette méthode, encore récente à Lyon, vise principalement à faire pression sur des trafiquants ou leurs proches en s’attaquant à leur domicile. Les autorités s’inquiètent de cette escalade, qui s’ajoute à une série de règlements de compte meurtriers, comme celui de Décines ou ceux observés dans d’autres grandes villes françaises.
Un quartier sous haute tension
Le quartier de la Part-Dieu, situé en plein cœur de Lyon, est un secteur stratégique, à la fois pour son rôle de pôle économique et ses nombreuses infrastructures de transport. La proximité de la gare Part-Dieu en fait un lieu de passage quotidien pour des milliers de personnes, mais aussi un territoire où les tensions liées au narcotrafic peuvent s’exprimer avec une violence accrue. Selon les premiers éléments de l’enquête, deux individus encapuchonnés ont été repérés par des témoins avant de mettre le feu à la porte de l’appartement. L’un d’eux surveillait le hall pendant que l’autre allumait l’incendie avant de prendre la fuite dans une voiture grise.
Les pompiers sont intervenus rapidement pour maîtriser les flammes et évacuer les résidents. Aucune victime directe n’est à déplorer dans cet incident, mais l’impact psychologique reste lourd pour les habitants. « J’ai vu le feu qui s’est propagé rapidement », raconte la résidente, encore sous le choc. La famille évacuée par les balcons a été prise en charge par les services sociaux, tandis que les enquêteurs tentent de reconstituer la chronologie des événements.
Alors que la violence liée au narcotrafic continue de s’étendre à plusieurs grandes villes françaises, comme Nantes ou Nice, les autorités lyonnaises appellent à une mobilisation collective contre ce phénomène. Le nouveau préfet a évoqué l’idée d’une « union sacrée contre le narcobanditisme », mais la route sera longue pour endiguer une criminalité qui semble gagner du terrain.
Le « paillassonnage » est une méthode d’intimidation consistant à mettre le feu au domicile d’un trafiquant de stupéfiants ou d’un de ses proches. Cette pratique vise à exercer une pression psychologique ou à régler des comptes entre bandes rivales.
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’incendie. Les enquêteurs analysent les témoignages, les images de vidéosurveillance et les traces laissées sur place. Une attention particulière est portée aux individus encapuchonnés repérés par les voisins.