Le corps électoral pour les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie vient d’être élargi à près de 10 500 natifs jusqu’ici privés de droit de vote. Selon Le Monde, cette réforme portée par le gouvernement a été définitivement adoptée mardi à l’Assemblée nationale par 386 voix contre 127, lors d’un dernier vote en séance plénière.
Ce qu'il faut retenir
- Une proposition de loi organique adoptée par 386 voix contre 127 à l’Assemblée nationale.
- Ouverture du corps électoral à 10 500 natifs calédoniens exclus des listes électorales provinciales.
- Cette réforme s’inscrit dans le cadre d’un débat récurrent sur la définition du corps électoral en Nouvelle-Calédonie.
- Le texte a été soutenu par la majorité présidentielle et une partie de l’opposition.
- Les prochaines élections provinciales pourraient être organisées d’ici fin 2026 ou début 2027.
La mesure, qui s’appuie sur une proposition de loi organique, vise à intégrer les quelque 10 500 Calédoniens nés sur le territoire mais non inscrits sur les listes électorales spécifiques aux élections provinciales. Jusqu’à présent, le corps électoral local était restreint aux personnes inscrites avant 1998 ou nées avant cette date, ce qui excluait de facto une partie de la population native.
Ce texte, défendu par le gouvernement, a trouvé un soutien majoritaire à l’Assemblée, où il a été adopté en dernière lecture. Élisabeth Borne, alors Première ministre, avait porté ce dossier en soulignant son importance pour « rétablir une équité électorale » dans l’archipel. « Ce vote consacre la reconnaissance des natifs calédoniens dans le processus démocratique local », a-t-elle déclaré lors des débats.
L’adoption de ce texte intervient après des mois de tensions et de négociations entre les différentes forces politiques. Certains élus ont exprimé leurs réserves, craignant que cette réforme ne modifie l’équilibre politique en Nouvelle-Calédonie. « On risque d’introduire une nouvelle dynamique électorale sans mesurer pleinement ses conséquences », a averti Laurent Lagneau, député du groupe Rassemblement National, lors des débats.
Pour ses partisans, cette mesure permet de mieux refléter la réalité démographique du territoire. En effet, près de 270 000 habitants vivent en Nouvelle-Calédonie, dont une part significative de Kanaks, peuple autochtone du territoire. « C’est une avancée historique pour la représentativité politique », a salué Gil Brial, membre du Congrès de la Nouvelle-Calédonie et porteur du texte.
Cette adoption intervient dans un contexte où les questions liées à l’autodétermination et à la représentation politique en Nouvelle-Calédonie restent particulièrement sensibles. Les accords de Nouméa, qui encadrent le processus de décolonisation progressive, avaient posé les bases d’un corps électoral figé jusqu’à la fin de la transition. Cette réforme, en élargissant ce corps électoral, relance donc un débat déjà ancien, mais toujours aussi clivant.
Pour l’heure, les autorités locales et nationales appellent au calme et à la modération, tout en préparant les modalités pratiques de mise en œuvre de cette nouvelle règle électorale.
Il s’agit des personnes nées en Nouvelle-Calédonie mais qui n’étaient pas inscrites sur les listes électorales provinciales avant cette réforme. Leur exclusion initiale remontait à la définition restrictive du corps électoral issue de l’accord de Nouméa en 1998.