Onze présidents de conseils départementaux, issus de divers bords politiques, ont lancé un appel commun pour faire du « grand âge » une priorité de la prochaine présidentielle. Réunis ce mercredi 20 mai 2026 dans les Côtes-d’Armor, ces élus ont souligné, selon Ouest France, l’urgence d’une mobilisation nationale face à l’ampleur des défis liés au vieillissement de la population.

Ce qu'il faut retenir

  • Onze présidents de départements, de sensibilités politiques variées, ont unis leurs voix pour alerter sur le « grand âge » avant la présidentielle de 2027.
  • Cette initiative s’inscrit en écho aux attentes des professionnels du secteur, qui dénoncent un manque de moyens structurels.
  • La réunion s’est tenue dans les Côtes-d’Armor ce mercredi 20 mai 2026, marquant le lancement d’une campagne de sensibilisation.
  • Les élus réclament des mesures concrètes, notamment en matière de financement et d’accompagnement des personnes âgées dépendantes.
  • Le vieillissement démographique en France rend cette question « non négociable », selon les signataires de l’appel.

Parmi les signataires figurent des figures politiques de gauche, mais aussi des élus modérés, reflétant une volonté de dépasser les clivages partisans. « Il y a urgence à agir », a affirmé l’un d’eux, cité par Ouest France. Les professionnels du secteur, infirmiers, aides-soignants et gestionnaires d’EHPAD, attendent des réponses rapides, alors que les moyens alloués restent insuffisants face à la demande croissante.

Cette mobilisation intervient dans un contexte où le nombre de personnes âgées dépendantes devrait augmenter de 30 % d’ici 2030, selon les projections de la DREES. Les départements, principaux financeurs de l’aide à l’autonomie, sont en première ligne. « Les budgets des conseils départementaux sont sous tension », a rappelé un élu présent à la réunion. Pourtant, les solutions existent : revalorisation des métiers du grand âge, création de places en EHPAD, ou encore soutien aux aidants familiaux.

Un appel transpartisan pour une cause nationale

L’originalité de cette initiative réside dans son caractère transpartisan. Parmi les signataires, on compte des présidents de conseils départementaux affiliés au Parti socialiste, mais aussi à Europe Écologie-Les Verts ou au Parti communiste. « Le grand âge ne doit pas être une variable d’ajustement des politiques publiques », a déclaré une élue, ajoutant que « la présidentielle de 2027 sera un moment clé pour en faire un sujet central ».

Les départements, qui assument déjà 60 % du financement de l’autonomie, pointent du doigt le désengagement de l’État. « On ne peut plus se contenter de rapports et de déclarations d’intention », a insisté un président de département, soulignant que « les familles et les professionnels sont au bord de la rupture ». Les associations, comme l’AD-PA (Association des paralysés de France) ou les Petits Frères des Pauvres, ont salué cette initiative, tout en appelant à des mesures immédiates.

Les professionnels du secteur en première ligne

Les acteurs de terrain, souvent en première ligne face à la crise du grand âge, ont été associés à cette démarche. Infirmiers libéraux, coordinateurs d’EHPAD et responsables associatifs ont partagé leurs constats lors de la réunion des Côtes-d’Armor. « Les conditions de travail se dégradent, et les personnes âgées en paient le prix », a témoigné un professionnel du secteur, cité par Ouest France.

Les signataires de l’appel ont annoncé leur intention de porter cette cause auprès des candidats à la présidentielle. « Nous voulons que chaque candidat s’engage sur des mesures chiffrées », a précisé l’un d’eux. Parmi les pistes évoquées : la création d’un « fonds national pour l’autonomie », inspiré du modèle allemand, ou encore la revalorisation de 30 % des salaires dans le secteur du grand âge.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir la création d’un collectif élargi, associant élus locaux, professionnels et familles. Une pétition nationale est déjà en préparation, tandis que des rencontres avec les partis politiques sont prévues avant la fin de l’année. Reste à savoir si les candidats à la présidentielle de 2027 feront de ce sujet une priorité de leur programme. La pression monte, mais les décisions tardent.

Les associations, elles, appellent à une mobilisation citoyenne. « Ce n’est pas qu’une question de moyens, mais de volonté politique », a rappelé une militante. Pour l’heure, les élus locaux comptent sur la force de leur mobilisation pour faire bouger les lignes. Le grand âge, longtemps relégué au second plan, pourrait bien s’imposer comme un enjeu majeur de la prochaine campagne.

Les principaux défis incluent l’augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes (+30 % d’ici 2030), le manque de places en EHPAD, la revalorisation des métiers du secteur, et la baisse des budgets des départements, principaux financeurs de l’autonomie.