Plus de 400 personnes ont péri noyées durant l'été 2025 en France, selon les dernières données publiées ce mardi 5 mai par Santé publique France. Ce bilan marque une augmentation de 16 % par rapport à l'été 2024, confirmant une tendance inquiétante dans un contexte où les épisodes de canicule se multiplient. L'analyse des autorités sanitaires révèle que l'essentiel de cette hausse concerne les adolescents, une population particulièrement vulnérable lors des vagues de chaleur.

Ce qu'il faut retenir

  • 432 décès par noyade ont été enregistrés durant l'été 2025, contre 372 en 2024.
  • L'augmentation concerne principalement les adolescents, dont le risque de noyade mortelle a progressé de près de 20 %.
  • Les périodes de canicule ont joué un rôle clé dans cette hausse, avec une concentration des accidents en juillet et août.
  • Santé publique France souligne que 80 % des noyades mortelles surviennent en milieu naturel (rivières, lacs, mer).
  • Les zones côtières méditerranéennes et les plans d'eau intérieurs restent les lieux les plus dangereux.

Un bilan qui s'aggrave avec les vagues de chaleur

Les chiffres publiés ce 5 mai par Santé publique France confirment une dégradation du phénomène, alors que les étés s'avèrent de plus en plus marqués par des températures extrêmes. Les adolescents de 10 à 19 ans figurent parmi les principales victimes, un phénomène que les experts attribuent à des comportements à risque, comme les baignades improvisées ou l'absence de surveillance adaptée. « Les noyades mortelles chez les jeunes sont souvent liées à une sous-estimation des dangers ou à une méconnaissance des règles de sécurité », a expliqué un porte-parole de l'agence, cité par Libération.

Les données montrent également que 60 % des noyades mortelles surviennent chez des personnes n'ayant pas prévu de se baigner, un chiffre qui reflète l'impréparation fréquente face à ces situations. Les secours, déjà en alerte lors des pics de chaleur, doivent souvent intervenir dans des conditions difficiles, notamment en raison de l'afflux de baigneurs sur des sites non surveillés.

Les régions les plus exposées

Si la hausse est nationale, certaines zones concentrent davantage de risques. Les départements littoraux, comme l'Hérault, les Pyrénées-Orientales ou la Corse-du-Sud, enregistrent systématiquement des chiffres élevés en raison de l'affluence touristique et de la fréquentation des plages. Dans le Sud-Est, où les épisodes caniculaires sont les plus fréquents, un tiers des noyades mortelles surviennent chaque été. « Les courants marins et les conditions météo changeantes ajoutent un niveau de danger supplémentaire », a précisé un responsable des pompiers du littoral varois.

À l'intérieur des terres, les lacs et les rivières attirent aussi un public nombreux, parfois peu conscient des dangers. En Auvergne-Rhône-Alpes, les secours ont recensé une augmentation de 12 % des interventions pour noyade entre 2024 et 2025, avec des cas fréquents de jeunes en quête de fraîcheur lors des canicules.

Et maintenant ?

Face à cette dégradation, Santé publique France devrait publier d'ici l'été 2026 de nouvelles recommandations pour renforcer la prévention, notamment auprès des jeunes. Une campagne ciblée sur les réseaux sociaux et dans les établissements scolaires est d'ores et déjà à l'étude. Par ailleurs, les collectivités locales pourraient être incitées à mieux signaler les zones dangereuses et à renforcer la surveillance des sites naturels. Reste à voir si ces mesures suffiront à inverser la tendance, alors que les prévisions météorologiques annoncent une nouvelle hausse des températures pour les prochaines années.

Quelles mesures pour réduire les risques ?

Les associations de prévention, comme la Fédération nationale des sauveteurs en mer (FNSM), réclament depuis plusieurs années une meilleure éducation à la baignade, dès l'école primaire. « On sait que 8 noyades sur 10 pourraient être évitées avec des gestes simples : ne pas se baigner seul, vérifier la couleur du drapeau de baignade, ou encore éviter l'alcool avant de nager », rappelle un porte-parole de l'association. Pourtant, malgré ces alertes, le taux de noyades mortelles reste élevé, signe d'un besoin accru de sensibilisation.

Les pouvoirs publics pourraient aussi s'inspirer de modèles étrangers, comme celui de l'Australie, où les campagnes de prévention sont intégrées aux programmes scolaires et relayées massivement avant chaque été. Pour l'instant, aucune mesure contraignante n'est annoncée en France, mais les associations espèrent que les chiffres de 2025 serviront d'électrochoc.

En attendant, les secours appellent à la vigilance maximale, surtout lors des pics de chaleur où l'envie de se rafraîchir peut pousser à prendre des risques inconsidérés. « La baignade est un plaisir, mais elle doit rester un acte réfléchi », rappellent-ils systématiquement.

En cas de noyade, il est crucial d'appeler immédiatement les secours (15 ou 112) et de commencer les gestes de premiers secours si la victime est inconsciente : allonger la personne sur le dos, basculer sa tête en arrière pour dégager les voies respiratoires, et pratiquer la respiration artificielle si nécessaire. Il ne faut jamais tenter de la sortir de l'eau soi-même, sauf si l'on est formé et équipé.