Depuis un peu plus d'un an, la ruée vers l'or des temps modernes que constitue la course à l'intelligence artificielle (IA) suscite d'importantes questions sur son financement, comme le rapporte BFM Bourse. Les « hyperscalers » (Alphabet, Oracle, Microsoft, Amazon) dépensent des centaines de milliards de dollars d'investissements dans ces technologies, les fameux « capex ». Selon Goldman Sachs, les investissements mondiaux dans l'IA dépasseront 1.000 milliards de dollars en 2026.

Pour trouver les fonds nécessaires à ces dépenses, les grands groupes de tech ont eu recours à divers moyens, notamment la dette par dizaine de milliards de dollars. Mi-septembre 2025, Oracle avait notamment émis 18 milliards de dollars dans le cadre d'une émission obligataire. À compter de ce moment précis, « le thème de l'IA est devenu un thème systémique », a souligné en décembre Elyas Galou, stratégiste chez Bank of America.

Ce qu'il faut retenir

  • Les investissements mondiaux dans l'IA dépasseront 1.000 milliards de dollars en 2026, selon Goldman Sachs.
  • Nvidia a noué un protocole d'accord avec six mastodontes de la gestion d'actifs pour créer des plateformes de financements.
  • Ces partenariats visent à mobiliser plus de 500 milliards de dollars collectés auprès de tiers pour financer les investissements des clients de Nvidia.

Le contexte de l'IA

L'IA, auparavant centrée sur les marchés actions, s'est alors propagée à celui dit « du crédit » c'est-à-dire les obligations d'entreprises, expliquait Elyas Galou. Meta a ensuite levé 30 milliards de dollars en octobre sur le marché obligataire et Amazon 15 milliards de dollars en novembre. Plus récemment, Alphabet a annoncé vouloir émettre entre 20 et 25 milliards de dollars d'obligations.

Selon les données de Reuters, Amazon, Meta, Oracle et Alphabet ont émis pour 194 milliards d'obligations entre le 1er janvier et le 7 juillet dernier, une hausse de 79% sur un an. Et au-delà de la dette, les mêmes groupes de tech sont aussi passés par les marchés actions.

Les partenariats de Nvidia

La grande tête d'affiche de la révolution liée à l'IA a annoncé mardi soir avoir noué un protocole d'accord, une étape contraignante avant la finalisation d'un accord, avec six mastodontes de la gestion d'actifs à savoir Blackstone, Apollo, Blackrock, KKR, Brookfield et Goldman Sachs. Ces partenariats visent à créer des plateformes de financements permettant de mobiliser plus de 500 milliards de dollars collectés auprès de tiers.

Ces montants serviront ensuite à financer les investissements des clients de Nvidia. Le groupe promet ainsi qu'il travaillera avec les six gérants d'actifs « afin de constituer des réserves de capitaux dédiées, d'une ampleur considérable et à des taux attractifs, pour [ses] clients ».

Les reactions des investisseurs

Ces annonces n'ont par ailleurs pas eu d'impact réel sur le cours de Bourse de Nvidia. L'action prend 1% en préouverture à Wall Street ce mardi. Le groupe publiera ses prochains résultats trimestriels le 26 août après la clôture des marchés.

Stephen Innes de Spi AM note que cette opération et ces montants restent « très importants même en considérant les standards de l'IA ». « Nvidia joue elle-même un rôle plus important en aidant ses clients à obtenir les capitaux nécessaires à la mise en place d’infrastructures autour de ses puces. Cela permet de maintenir la dynamique de l’écosystème, mais soulève également une nouvelle question concernant le marché », écrit l'expert.

Et maintenant ?

La question qui se pose maintenant est de savoir quel sera le coût du déploiement de l’IA à mesure que l’endettement et les financements structurés s’intensifient au sein du système. Les investisseurs affichent désormais des attentes élevées en matière de retour sur investissement, et le marché ne tolère plus les hausses de capex sans visibilité claire sur leur monétisation.

En conclusion, l'alliance de Nvidia avec les six grands noms de la finance pour mobiliser plus de 500 milliards de dollars et soutenir ses clients marque un tournant important dans le financement de l'IA. Les enjeux sont considérables, et il sera intéressant de voir comment cette initiative se déroulera dans les prochains mois.