Une question récurrente agite les débats sur les soins ophtalmiques : les ophtalmologues, confrontés à des troubles visuels comme la myopie ou l’astigmatisme, choisissent-ils de se faire opérer des yeux ? Top Santé a interrogé un spécialiste pour faire la lumière sur cette pratique, entre statistiques surprenantes et critères médicaux stricts.
Ce qu'il faut retenir
- Près de 60 % des ophtalmologues myopes ont recours à une chirurgie réfractive, selon les données disponibles.
- Les critères d’éligibilité sont identiques à ceux du grand public : stabilité de la vue, épaisseur cornéenne suffisante et absence de contre-indications.
- Les techniques les plus utilisées restent le Lasik et la PRK, avec des taux de satisfaction dépassant 95 % chez les praticiens.
- L’ophtalmologue doit respecter un délai de douze à vingt-quatre mois après la procédure avant de reprendre son activité.
Une pratique courante parmi les professionnels
Contrairement aux idées reçues, la chirurgie réfractive n’est pas un tabou dans le milieu ophtalmologique. « On estime que plus de la moitié des ophtalmologues myopes ou astigmates ont eu recours à une intervention, confirme le Dr. Laurent Dupont, chirurgien ophtalmologue à Paris. Cela s’explique par la précision des techniques actuelles et la volonté de corriger un défaut visuel qui peut altérer la qualité de vie ». Selon ses observations, relayées par Top Santé, cette tendance reflète une confiance accrue dans les méthodes modernes, comme le Lasik ou la PRK.
Des critères médicaux stricts et identiques
Les ophtalmologues ne bénéficient d’aucun traitement de faveur lorsqu’ils évaluent leur propre éligibilité à une chirurgie. « Les critères restent strictement les mêmes que pour le reste de la population », précise le spécialiste. Ainsi, une myopie stabilisée depuis au moins deux ans, une cornée d’épaisseur suffisante et l’absence de pathologies oculaires ou systémiques sont des conditions sine qua non. « Un examen préopératoire rigoureux est réalisé, incluant topographie cornéenne, mesure de l’acuité visuelle et évaluation de la pression intraoculaire », ajoute-t-il. Les résultats de ces bilans déterminent si l’intervention est envisageable.
Des taux de satisfaction élevés et des délais à respecter
Une fois l’opération réalisée, les ophtalmologues concernés doivent patienter avant de reprendre leur activité. « Le délai moyen est de douze à vingt-quatre mois », indique le Dr. Dupont. Ce laps de temps permet d’évaluer la stabilité des résultats et de s’assurer de l’absence de complications tardives. Côté satisfaction, les chiffres sont sans appel : « Plus de 95 % des ophtalmologues opérés déclarent ne plus avoir besoin de lunettes ou de lentilles après l’intervention », selon une enquête interne citée par Top Santé. Les techniques comme le Lasik (Laser-Assisted In Situ Keratomileusis) et la PRK (Photorefractive Keratectomy) dominent largement, offrant des résultats durables pour la plupart des patients.
Des avantages professionnels, mais aussi des risques
Pour les ophtalmologues, se faire opérer des yeux présente un double avantage : corriger un défaut visuel gênant au quotidien et éviter les contraintes liées au port de lunettes ou de lentilles pendant les consultations. « Cela améliore notre confort et renforce la crédibilité auprès des patients », souligne le Dr. Dupont. Cependant, la prudence reste de mise. « Comme pour tout acte médical, il existe des risques : infection, sécheresse oculaire persistante ou sous-correction », rappelle-t-il. Ces complications, bien que rares, justifient une réflexion approfondie avant de prendre une décision.
Reste à savoir si les facultés de médecine intégreront davantage de modules sur la gestion des troubles visuels chez les futurs praticiens. Une piste qui, si elle se concrétise, pourrait redéfinir les pratiques dans le milieu.