Deux militants écologistes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Valence le 15 mai 2026 pour s’être suspendus au pont Mistral, enjambant l’autoroute A7, afin de protester contre la déviation routière de Saint-Péray. Selon Reporterre, cette action spectaculaire s’inscrivait dans un mouvement plus large de blocage des voies ferrées, perturbant l’acheminement des engins de chantier nécessaires à la réalisation du projet.
Ce qu'il faut retenir
- Deux opposants suspendus au pont Mistral (autoroute A7) le 14 mai 2026, jeudi de l’Ascension, pour dénoncer la déviation de Saint-Péray
- Parallèlement, d’autres militants ont bloqué les voies ferrées pour retarder l’arrivée des engins de chantier
- La SNCF disposait d’un délai de trois jours pour installer un pont-rail indispensable aux travaux
- Les deux manifestants risquent des poursuites judiciaires pour trouble à l’ordre public
- Le projet routier en périphérie de Valence est critiqué pour son impact environnemental
Une action coup de poing contre la déviation routière
Le jeudi 14 mai 2026, jour férié de l’Ascension, deux opposants à la déviation de Saint-Péray ont choisi un symbole fort pour alerter l’opinion publique. Depuis le pont Mistral, qui enjambe l’autoroute A7 près de Valence, ils se sont suspendus à la structure avec des cordes, brandissant des banderoles dénonçant un « passage en force » du projet. L’action, d’une durée limitée mais hautement médiatisée, visait à perturber symboliquement les travaux tout en attirant l’attention sur les conséquences écologiques de l’aménagement.
Selon Reporterre, cette initiative s’inscrivait dans une stratégie plus large, coordonnée avec des blocages de voies ferrées. En ciblant les infrastructures ferroviaires, les militants entendaient ralentir l’arrivée des engins de chantier, la SNCF disposant d’un délai de trois jours pour installer un pont-rail nécessaire aux travaux. « On fait pas l’pont ! » pouvait-on lire sur l’une des banderoles déployées par les manifestants, un jeu de mots mêlant contestation et référence au pont Mistral.
Des blocages coordonnés pour peser sur le calendrier des travaux
Les perturbations des voies ferrées ont constitué le second volet de l’opération. En bloquant temporairement les rails, les opposants ont retardé l’acheminement du matériel lourd, retardant ainsi le début effectif des travaux. Cette tactique s’appuyait sur une connaissance précise des délais administratifs : la SNCF avait en effet trois jours pour mettre en place l’infrastructure ferroviaire temporaire. « L’objectif était clair, explique un porte-parole du collectif local, ralentir autant que possible le chantier pour donner plus de temps à la mobilisation citoyenne et aux recours juridiques. »
Les autorités n’ont pas tardé à réagir. Les forces de l’ordre ont démantelé les blocages ferroviaires dans la journée, tandis que les deux manifestants suspendus au pont Mistral étaient interpellés et placés en garde à vue. Selon Reporterre, ils devraient être jugés pour « trouble à l’ordre public » et « entrave à la circulation », des chefs d’accusation passibles de sanctions financières et, dans certains cas, de peines de prison avec sursis.
Un projet routier contesté pour son impact environnemental
La déviation de Saint-Péray, en périphérie de Valence, cristallise les tensions depuis plusieurs mois. Les opposants, principalement issus de collectifs écologistes et d’associations locales, dénoncent un projet « inutile et coûteux », dont les bénéfices en termes de fluidité routière seraient largement compensés par ses impacts négatifs. Parmi les arguments avancés : la destruction de zones naturelles, l’artificialisation des sols et l’augmentation des émissions de CO₂ liée à l’usage accru de la voiture.
Les porteurs du projet, parmi lesquels figurent les collectivités territoriales et l’État, défendent pour leur part une amélioration des liaisons entre Valence et les communes environnantes. « Ce contournement permettra de désengorger le centre-ville et de réduire les nuisances sonores pour les riverains », a affirmé un représentant de la mairie de Saint-Péray. Malgré ces arguments, le projet reste fortement controversé, comme en témoignent les mobilisations répétées et les recours juridiques déposés devant les tribunaux administratifs.
Le calendrier judiciaire sera donc déterminant dans les semaines à venir. Les opposants, de leur côté, appellent à une intensification des actions de terrain, tandis que les autorités promettent de maintenir l’ordre public. Une chose est sûre : le conflit autour de la déviation de Saint-Péray n’est pas près de s’éteindre.
Ils risquent des poursuites pour « trouble à l’ordre public » et « entrave à la circulation ». Les peines encourues peuvent aller jusqu’à plusieurs milliers d’euros d’amende et, dans certains cas, des peines de prison avec sursis.