Sensation d’oreille étouffée en avion, après une douche ou lors d’un rhume : le problème des oreilles bouchées touche de nombreuses personnes, mais les méthodes pour s’en débarrasser varient selon les situations. Selon Top Santé, certaines pratiques courantes pourraient en réalité aggraver l’inconfort, voire favoriser des infections. Les oto-rhino-laryngologistes (ORL) appellent à une grande prudence dans les gestes d’hygiène comme dans les remèdes d’urgence.

Ce qu'il faut retenir

  • Les oreilles bouchées peuvent survenir lors de changements de pression, après une infection ORL ou après une exposition à l’eau.
  • Le recours aux cotons-tiges ou à des objets pointus pour se déboucher les oreilles est fortement déconseillé par les spécialistes.
  • Plusieurs méthodes douces et efficaces existent pour soulager l’inconfort sans risque d’infection.
  • Un rhume ou une otite peuvent entraîner une obstruction du conduit auditif, nécessitant une prise en charge adaptée.

Les causes fréquentes d’une oreille bouchée

Selon les experts interrogés par Top Santé, l’oreille bouchée résulte souvent d’un déséquilibre de pression entre l’oreille externe et l’oreille moyenne. Ce phénomène se produit fréquemment en avion, lors d’un trajet en montagne ou même en prenant l’ascenseur dans un immeuble. Autre cause courante : l’accumulation de cérumen, notamment après une douche ou un bain. Dans ces cas, l’eau ramollit le cérumen, qui peut obstruer le conduit auditif.

Enfin, les infections ORL – comme un rhume ou une sinusite – provoquent souvent un gonflement des muqueuses nasales et une obstruction des trompes d’Eustache, ces petits canaux reliant l’oreille moyenne à l’arrière du nez. Cette obstruction perturbe l’aération de l’oreille moyenne, ce qui donne une sensation de pression ou de surdité partielle.

Les erreurs à éviter absolument

Les oto-rhino-laryngologistes alertent sur les méthodes les plus répandues mais dangereuses pour se déboucher les oreilles. Le premier réflexe à bannir : l’utilisation des cotons-tiges. Ces accessoires poussent souvent le cérumen plus profondément dans le conduit auditif, risquant de créer un bouchon compact et difficile à extraire. Pire encore, ils peuvent perforer le tympan en cas de geste maladroit.

Autre pratique à proscrire : l’insertion d’objets pointus (clés, trombones, cure-dents) pour gratter ou extraire le cérumen. Ces gestes brutaux irritent les parois du conduit auditif et favorisent les infections bactériennes ou fongiques. Selon les spécialistes, ces erreurs comptent parmi les premières causes de consultations en urgence pour otites externes.

Des solutions douces et efficaces existent

Face à une oreille bouchée, plusieurs méthodes sont recommandées par les ORL pour rétablir un équilibre sans risque. La technique la plus simple : la manœuvre de Valsalva, qui consiste à se boucher le nez et à souffler doucement par le nez pour égaliser la pression. Cette méthode fonctionne particulièrement bien en avion ou en cas de variation brutale d’altitude.

Pour éliminer un bouchon de cérumen, les experts conseillent d’utiliser des solutions spécifiques disponibles en pharmacie (sprays ou gouttes auriculaires à base d’eau de mer ou d’huile minérale). Ces produits ramollissent le cérumen, permettant un écoulement naturel. En cas de rhume ou d’otite, des lavages de nez avec du sérum physiologique aident à décongestionner les trompes d’Eustache. Ces approches évitent les manipulations agressives tout en soulageant rapidement l’inconfort.

« Le cérumen n’est pas un déchet, mais une protection naturelle du conduit auditif. Le décoller ou l’extraire brutalement revient à retirer une barrière contre les bactéries et les poussières. »
– Dr. Martin Lefèvre, oto-rhino-laryngologiste

Et maintenant ?

Les spécialistes appellent à une meilleure éducation du public sur les bonnes pratiques d’hygiène auriculaire. Des campagnes de sensibilisation pourraient être lancées d’ici la fin de l’année 2026, notamment dans les cabinets médicaux et les pharmacies. En attendant, les autorités sanitaires recommandent de consulter un ORL en cas de symptômes persistants – douleur, écoulement ou baisse brutale de l’audition – pour écarter tout risque d’infection ou de lésion.

La prochaine étape ? Une étude nationale sur l’impact des méthodes alternatives (comme les sprays auriculaires) dans la prévention des bouchons de cérumen pourrait être publiée d’ici mi-2027. En attendant, les médecins insistent : mieux vaut prévenir que guérir, et surtout, éviter les gestes hasardeux.

Un bouchon de cérumen se manifeste généralement par une sensation d’oreille pleine ou une baisse légère de l’audition, sans douleur. En revanche, une otite s’accompagne souvent de douleurs, parfois de fièvre ou d’un écoulement purulent. Si les symptômes persistent au-delà de 48 heures, il est conseillé de consulter un médecin.