Une enquête menée par l'institut Gallup en 2025 révèle que les adolescents français se sentent désorientés face à leur avenir professionnel après le lycée, alors qu'ils accordent une confiance prioritaire à leurs parents pour les guider. D'après Top Santé, cette étude met en lumière les lacunes des discussions familiales autour de l'orientation, soulignant des sujets rarement abordés avec les jeunes.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 72 % des adolescents déclarent manquer de repères pour choisir leur voie post-bac, selon Gallup.
  • Les parents sont leur principale source de confiance, mais certains sujets restent tabous ou ignorés.
  • 45 % des jeunes estiment que leurs parents minimisent l'importance des échecs dans un parcours professionnel.
  • Seulement 30 % des familles abordent régulièrement les métiers en tension ou les secteurs porteurs.
  • Les discussions sur les réorientations ou les passerelles entre filières sont rares dans 60 % des cas.

Une confiance parentale mal exploitée

L'étude Gallup, menée auprès de 1 500 lycéens en France, montre que les adolescents placent leurs parents en tête de leurs confidents pour tout ce qui touche à leur avenir. Pourtant, les échanges restent souvent superficiels ou centrés sur des critères immédiats comme les notes ou les filières prestigieuses. « Les parents parlent plus des contraintes que des opportunités », a souligné Sophie Martin, sociologue spécialiste de l'orientation, dans les colonnes de Top Santé. Elle ajoute que « les jeunes ont besoin d'entendre parler de parcours atypiques ou de reconversions, des réalités qui les aideraient à se projeter ».

Autre point saillant : 65 % des lycéens estiment que leurs parents ne leur parlent pas assez des métiers en tension, comme ceux du numérique ou de la santé, pourtant en forte demande. « On entend souvent parler des métiers traditionnels, mais rarement de ceux qui recrutent vraiment », a témoigné Léa, 17 ans, interrogée par Gallup. Un constat qui explique en partie pourquoi certains jeunes se retrouvent désemparés au moment de faire des choix concrets.

Les sujets sensibles rarement évoqués

Parmi les thèmes les moins abordés, Gallup cite les réorientations possibles, les passerelles entre filières ou encore les métiers en déclin. Seulement 20 % des parents discutent ouvertement avec leurs enfants des risques de précarité dans certains secteurs ou des reconversions professionnelles. « Les familles évitent souvent d'évoquer les échecs ou les difficultés économiques, par peur de décourager leurs enfants », explique Top Santé, en s'appuyant sur les résultats de l'enquête.

Autre angle mort : l'absence de dialogue sur les compétences transversales, comme la gestion du stress ou la résilience, pourtant essentielles dans un monde professionnel en mutation. « Les jeunes manquent de repères sur la manière de rebondir après un échec », précise l'article. Un manque qui peut peser lourdement sur leur confiance en eux au moment de postuler ou de se former.

Des attentes différentes selon les profils

L'étude révèle aussi que les attentes des adolescents varient selon leur milieu social ou leur niveau scolaire. Les jeunes issus de milieux modestes, par exemple, sont 2 fois plus nombreux à déclarer ne pas savoir vers quel métier se tourner, faute de modèles inspirants autour d'eux. À l'inverse, les lycéens en filières générales ou technologiques reçoivent plus souvent des conseils, mais ceux-ci restent souvent centrés sur les filières classiques (médecine, droit, ingénierie).

« Les parents ont tendance à reproduire ce qu'ils connaissent, sans toujours se rendre compte que le marché du travail a changé », note Top Santé. Un biais qui peut limiter les choix des adolescents et les enfermer dans des parcours peu adaptés à leurs aspirations réelles. « Bref, l'orientation devrait être un dialogue, pas une transmission de certitudes », conclut le magazine.

Et maintenant ?

Face à ces constats, l'institut Gallup recommande aux parents de diversifier les discussions sur l'orientation, en intégrant des retours d'expérience concrets et des exemples de parcours variés. Une piste serait de s'appuyer sur des témoignages de professionnels ou des plateformes comme l'ONISEP, qui propose des ressources actualisées sur les métiers. Pour les familles, l'enjeu est de sortir des sentiers battus et d'accepter que l'échec fasse partie du processus. Reste à voir si ces conseils seront suivis d'effets, alors que les prochaines rentrées scolaires approchent.

Cette étude rappelle, une fois de plus, que l'orientation est un sujet complexe qui dépasse largement le cadre scolaire. Elle interroge aussi sur le rôle des établissements, qui pourraient mieux accompagner les parents dans cette mission délicate. Pour les adolescents, l'objectif reste simple : trouver leur place dans un monde professionnel en constante évolution, sans se sentir abandonnés face aux choix qui s'offrent à eux.

Selon l'étude Gallup 2025, les secteurs du numérique (développement, cybersécurité), de la santé (soins, logistique médicale) et de la transition écologique sont rarement évoqués avec les adolescents, alors qu'ils recrutent massivement. Seuls 30 % des parents abordent ces domaines avec leurs enfants.